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Le blog de Pierre Montmory

Le blog de Pierre Montmory

"La joie de vivre a des amants, Gare à l'eau vive, Gare aux serments".

AU PONT DES ARTS

Le pont des Arts - Paris

Le pont des Arts - Paris

AU PONT DES ARTS
Ne m'attends pas.
Mon cœur ne peut s'arrêter.
Je dois continuer.
Je t'atteindrai seulement là-bas derrière les lignes de l'horizon moqueur car le rossignol n’a pas fini de chanter l’aube.
Les corbeaux se couchent toujours au crépuscule pendant que je prépare le feu pour veiller la nuit. La nuit qui accouche d’étoiles de chair dans le flux et le reflux du firmament qui charrie le sang des brumes à venir d’où sortent nos enfants sans avoir le temps de sauter sur nos genoux, nos enfants prennent là leur élan pour l’inique saut dans le néant.
Ne m’attends pas.
Je ne peux m’arrêter même le souffle coupé je repars avec ma seule volonté même si je n’ai pas dormi je sais la douceur de ton lit et le vent caressant de tes mots dans ma nuque.
Je dois continuer le rêve jusqu’à l’heure du feu pour un repas de pierres sur l’épaule des déserts. Je ne rêve que si j’ai les yeux ouverts et ma nuit n’est pas arrivée pour que je me confie au grand sommeil d’une douce mort plus tendre que ma mère parmi les cendres de la route accomplie.
Ne m’attends pas.
Les rivières vont vers le fleuve qui se jette dans les bras de mer.
Ma parole ne peut se taire tant j’ai à dire que dire est tout mon temps. Mon temps qu’il me reste à vivre et que tu comptes parce que tu m’attends.
Tu m’attends autrement qu’ici où j’use ma voix contre le mur blanc de la destinée cette amante qui me hante loin de ton corps.
Ne m’attends pas.
Je ne peux revenir là où je t’ai quittée alors je viendrai quand tu viendras.
Nos rendez-vous sont pointés sur la carte des amants désolés. Et nos peurs seront des rires et des larmes croisés. Et seulement nos âmes seront liées.
Ne m’attends pas.
Tu sais maintenant que je ne suis jamais parti.
Tu sais que l’absence n’a pas de cœur à l’ouvrage et que seule notre présence est notre sœur qui compose des bouquets de bonheur dans l’air sec et craquant des jours indigents.
Ne m’attends pas.
Je ne t’attends pas.
Mais, s’il a plu depuis hier, je me suis relevé de cette boue de mauvais rêves et j’ai repris ma place dans ta trace.
Je marche pour t’atteindre plus loin.
Le chemin n’aura pas de fin car éternelle est notre patience. Et c’est en chemin que nous nous prendrons la main.
Alors, ne m’attends pas.
Je te rejoins.
Pierre Montmory - trouveur

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