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Le blog de Pierre Montmory

Synopsis pour la mise-en-scène de la pièce: “MILLE HOURRAS POUR UNE GUEUSE” de Mohammed DIB

Synopsis pour la mise-en-scène de la pièce: “MILLE HOURRAS POUR UNE GUEUSE” de Mohammed DIB

Synopsis pour la mise-en-scène de la pièce:
“MILLE HOURRAS POUR UNE GUEUSE”
de Moha
mmed DIB
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Arfia, la statue de révolution: “Sans qu’il fut seulement possible de l’assortir à un visage” – le col des condamnés, le corset des dévots, la robe des grandes tragédiennes sans manches (“sans bras” telle la statue de la victoire de Samothrace), la traîne de la robe: le corps d’une mante religieuse, une armature de fer recouverte de coton et de jute. Trempe rouge, lavée des drapeaux.

SÉQUENCE I
1) Halqua – un cercle de craie trace sur le sol. La ronde de l’histoire. Arfia marque les étapes. Avec Slim et son cordon ombilical; Bassel et son tord-boyaux; Nemiche et sa négation.
2) Arfia fait avancer ses hommes avec son ventre. Slim tombé à la lumière est retourné à la nuit et les vers le mangent, le questionnent. Bassel vomit la nuit à la face du jour et Nemiche refuse l’issue, la sortie – il est noir.
3) L’incendie. Le temps résistance. Les uns jouent, font les comédiens les autres sont spectateurs. Ils se distraient de leur souffrance. Le maquis est fermé. Ils se regardent. Spectateurs d’une nuit à jamais blanche.
4) Marcher: “n’avoir que ça en tête”. Ils sont démantibulés, démolis et, ici, “il n’y a que de la pierraille” et à chaque pas l’horizon recule d’un pas.

SÉQUENCE II
Arfia, la dompteuse en habit de cuir moulant, talons-aiguilles de la maîtresse, chemisier ample en mousseline bleutée et transparente – la prêtresse ; avec le châle noir crocheté de la conteuse. La cigarette. Le temps suspendu. Le crachat. Les révoltés.
1) Arfia dresse le lupen-tigre Babanag – le bossu a dans sa bosse plus que de la raison : il connaît l’histoire de sa race.
2) Le couple Babanag-Arfia discute de la révolution. Arfia transmet une histoire passée et, Babanag la faim présente.
3) La ronde des gueux, puis celle du désir, puis celle de la faim – que l’on oublie.
4) Entre maître Wassem – c’est le cadavre des révolutions – l’écrivain public – le gueux est en habit de parade.
5) Wassem arrive toujours au bon moment pour dire à Arfia : « J’ai fait la révolution autant que toi ».
6) Arfia est seule est la guerre n’est pas finie.
7) La ronde des chiens affamés autour du plat.
8) Arfia, une ressuscitée, une survivante : elle est de retour et personne ne la reconnaît.
9) La faim tourmente « toujours trop » Babanag et il veut bouffer Arfia.
10) La fessée : châtiment pour ceux qui ont toujours faim.
11) Arfia parle à Babanag l’opprimé : « Tu ne sauras jamais devenir un homme ».

SÉQUENCE III
1) Arfia la veuve n’est plus une femme mais elle a quand même des douleurs. Elle rêve. Elle se repasse le film du génocide. Slim délire. Bassel et Nemiche font la ronde des prisonniers autour d’Arfia. Arfia se donne à Slim l’écorché.
2) Arfia puis Slim sont seuls. Ils se trouvent chacun dans leur chambre au Foyer des Jeunes Travailleurs. Ils se parlent à eux-mêmes à travers la montagne ; cette montagne : le fatalisme. Slim parle à Arfia et Arfia parle à son homme. Slim raconte à sa mère et Arfia imagine un héros qui serait son mari. Chacun est chez soi voilà la différence mais on habite chez un autre qui n’est pas là ; on vit d’absence. Et l’écho de la montagne surgit pendant les trêves.
3) Arfia et Slim sortent la nuit. Ils vont à la recherche des solutions. La montagne est une fable. Le maquis est partout.

SÉQUENCE IV
Histoire de la représentation.
1) La théâtralité : Babanag est sorti de rien. Son père n’est que l’engrosseur de sa mère. « Il n’a jamais vu un père de près ».
2) Le maître a remplacé le père et Babanag dit qu’il est un bâtard.
3) Babanag montre à ses compagnons orphelins la tragique ironie de sa génération. « Ce pays est un pays de bâtards », où, les jeunes gens vont au temple de l’inflation ; à la bourse des désespérés.
4) Arfia est une femme. Elle n’est plus ni mère ni épouse ni maîtresse mais une bête de somme, une bête dans les bas-fonds modernes. Elle se bat avec Babanag.
5) Un autre homme, terrible, rencontre Arfia sur son chemin. C’est Wassem. Qui est Wassem ? C’est un arriviste, lèche-bottes du maître-ministre, il enseigne la bonne parole et les prophéties au peuple. Il détient les mots volés.
6) Arfia, se faisant passer pour une « petite vieille » lui vole le mot « escarpins » qui n’est pas le mot « brodequins » qu’elle annonce en entrant en scène – Wassem est vaincu.
7) Arfia et le théâtre. Tandis que Wassem copie la cour et les cérémonies, la quantité de révolte d’Arfia revient ai peuple par le personnage de « la vieille » dont elle (Arfia) en donne le portrait tel que peut l’imaginer et l’envisager Wassem. Mais le tout est joué bien autrement par Arfia la comédienne.
8) Wassem est un gueux.
9) Scènes métaphoriques ; théâtres dans le théâtre :
D’autres personnages viennent appuyer la théâtralité de la fable : un adolescent et un homme âgé, un fou et un roi, un prophète, des compères, des miliciens.

SÉQUENCE V
Une fin.
1) La mort de Wassem dans le déchet quotidien, la crotte des nations. Le portail de l’illusion et de la profanation a été ouvert. Un cadavre est resté parmi nous. La tristesse baigne dans le clair-obscur.
2) Nous : spectateurs occasionnels de mensonges sans importance, simples citoyens et témoins de la geste d’Arfia : nous l’avons désignée à la justice. Arfia est vivante.
Version de 1980
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Pierre Montmory

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