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Le blog de Pierre Montmory

Le blog de Pierre Montmory

"La joie de vivre a des amants, Gare à l'eau vive, Gare aux serments".

DIALOGUE ENTRE UNE MUSE ET UN TROUVEUR

DIALOGUE ENTRE UNE MUSE ET UN TROUVEUR

DIALOGUE ENTRE UNE MUSE ET UN TROUVEUR
- Ô, arbre, protégez-moi, mon âme est si frileuse que je vous veux, mon abri et mon refuge.
- Ô, rose épineuse, ta vanité t'aura fanée.
Je quémande tes pensées pour savoir et, comment tu parleras, tu seras.
Je t'écoute, si tu es bien présente.
- Fermez vos bras sur moi, mon parfum exhale une senteur de musc, jamais je n’aurai trouvé seule le chemin qui conduit vers ton écorce.
- Certes ma beauté se fane sous de violents accents.
Arbre cachez moi donc car toutes mes étoiles s’embarquent au pays des songes. Nourrissez moi de vos rimes, écoutez bien le silence. Celui de mon coeur.
- Je te parlerai doucement tout le long j'ai assez de branches contre les intrigants et mes feuilles absorbent les bruits agaçants, ainsi j'entends ton coeur au rythme éloquent.
- Je vois que les oiseaux de la nuit renoncent à leur promesses - entre leurs yeux un royaume de neige - silencieux, eux aussi, tout comme moi, ils s’abandonnent aux pleurs, et aux gémissements de l’arbre qui meurt...
- Mais le jour se prépare à l'autre horizon où les vieilles souches nourrissent d'autres pâmoisons et l'augure des mauvais oiseaux s'effacera avec les nuages neufs rieurs chassant le gris des cris et la fumée des tours.
- La terre des déshérités, aux entrailles enflammées, éclate en grognements, le souffle de révolte et du désespoir !
- Ô arbre, arraché par les vents, courbé, tordu, suant toutes les déchéances, prend mon âme, en guise de survie.
Les artistes trichent, en faisant vibrer et palpiter les coeur nostalgiques, puis repartent et s’enfuient dans leurs solitudes.
- Je te reçois cinq sur cinq, mais pour te comprendre tu dois te relever toute seule, ô, âme en lambeaux, reprise les trous du tissu de tes songes et tu capteras la lumière dans ce jour nouveau où je jouis déjà des bienfaits de la vie ! Vois, tu me touches, je suis vrai, je ne peux tricher avec toi car tu es comme moi, une vivante.
- Ô zéphyr des mille et une nuits, tu sembles apporter la respiration tendre des êtres aimés!
- Oh, oui ! Shéhérazade des vieilles rades, j'inspire même les gueuses qui rasent l'ombre pour échapper aux prédateurs.
- La terre sèche, je l’entends qui bruit et qui craque tout doucement dans ma poitrine.
- C'est ton coeur qui est pris d'une grande soif auprès d'une grande source de joie.
- Doucement, doucement, collines qui s’élèvent devant nous, nous apportent la fraîcheur des hommes qui, un jour rayonnent dans vos faces et escaladent vos hauteurs.
- C'est ainsi la joie à chaque printemps.
- Poète du temps et des lauriers roses embaumés, vois-tu ce pélican planer au-dessus des lacs où l’eau se tient immobile, avec des rives plus proches que nos rêves?
Un printemps?
Je lui sens une douceur funèbre
Un mont amer revient à pas sombre.
Nuit des profonds amours.
Troués de noires douleurs.
Arbre, vous tremblez,
Nous attendons l’appel froid
De l’aurore...
- C'est l'espérance habillée en illusion qui nous leurre pour que nous refermions nos paupières et fassions la nuit à l'intérieur. Tout ce que nous ferons c'est espérer à l'air libre avec notre temps et, nul besoin de laurier, ni d'oiseaux, ni du lac, ni de son eau. Seul, notre respire suffit. Ceux qui ont cru l'espoir et les victoires sont morts de n'avoir point vécu sans trembler car nulle peur pour nous empêcher de naître; nulle peur pour renoncer à vivre; et nulle peur pour accepter notre mort; nous laisse en cadeau sacré le présent printemps renouvelé avec sa joie permanente.
- Une rose qu’on froisse s’effeuille
Ô tiède sourire de la bouche
Pâle et sans lèvres,
La lumière pèse
Et le ciel a quitté sa place
Je boirai un verre*vers* vide
Dans le noir je sème mon champ
Et comme par miracle
La mort ressuscite la vie.
- Non, Muse, la vie vit toujours et la mort en fait partie comme une étape où chacun n'en réchappe que par son propre miracle quand ce chacun aime plus fort l'autre, vivant, l'autre, mort, plus grand que lui-même dans son chacun, chez le soi d'un autre planté là pour un temps, avant que le poète n'ai fini de faire des vers avec les vers, on verra s'il vécut une vie ou seulement survécu dans la boue du malheur qui sous l'humus demeure.
- Arbre, nous avons fait nos sièges de tes bûches, et, fabriqué ainsi, nos corbeilles de pensées, pour égayer tout un village alors que le pays sommeille. Nous avons chanté en strophes ta beauté, et nous avons vu des enfants faisant la ronde sous ton ombre, ce soir, tu deviens frisson quand la Lune s’est évanouie.
- Merci de tout mon coeur Nadyajda Benamar, mes enfants me réclament justement !
- Hélas, la marche nocturne continue
Elle poursuivra son chemin
La tourmente des paupières tâtonne
Sur des montures qui n’ont ni pieds, ni tête
Le soleil noircit le jour
Et la blancheur de ton visage
Couronne notre long voyage.
Voguons ainsi à la portée des nuages.
Bonne nuit Trouveur.
- Bonne nuit Muse.

Pierre Marcel Montmory Trouveur
et
Nadyajda Benamar Muse
et avec
Nizar Ali Badr Sculpteur

 

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covix 30/04/2017 23:04

Bonsoir,
Il faut toujours aimer sa muse.
Bonne soirée
@mitié