Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Pierre Montmory

Le blog de Pierre Montmory

"La joie de vivre a des amants, Gare à l'eau vive, Gare aux serments".

LA PENSÉE SAUVAGE ET LA PAROLE SAUVAGE

La parole sauvage est le retour à la forme vraie de toute existence humaine : c'est l'attitude hospitalière, la politesse de l’amour.  Suis ta parole et ne suis pas d’autre parole que la tienne.  Ai l’expérience !

La parole sauvage est le retour à la forme vraie de toute existence humaine : c'est l'attitude hospitalière, la politesse de l’amour. Suis ta parole et ne suis pas d’autre parole que la tienne. Ai l’expérience !

LA PENSÉE SAUVAGE ET LA PAROLE SAUVAGE

 

La pensée sauvage ne profite guère de la fixation de ses créations, de ses données par l'écriture; pour l'étudier, il est donc nécessaire d'emprunter la voie ethnographique qui ne compte pas encore beaucoup de partisans parmi les chercheurs.

On préfère la méthode historiographique adaptée à l'exploration de la culture savante qui a toujours monopolisé l'intérêt des élites cultivées et dirigeantes.

On retrouve toujours le problème de l’interaction entre culture savante et culture populaire.

Les partisans d'un recours libre à toutes les lectures traditionnelles sont condamnés par des jurys de docteurs orthodoxes et des siècles de vigilance officielle.

Les docteurs découpent la parole et la figent avec des règlements pour que la parole ne devienne que la récitation d’une parole inerte.

Les docteurs cousent l’intelligence dans l’obéissance avec un fil de réponses aux questions établies par les patrons.

Les malades tombent dans l’inconscience et délirent en prononçant les paroles injectées. Les docteurs jugent de leur soumission au silence établi en vérifiant les réflexes des malades. Les réflexes des malades ne doivent pas être des pensées mais des paroles établies répétées seulement. Des paroles ânonnées sans jugement possible par l’intelligence ou le sentiment, qui serait provoqué par un cœur battant librement.

Les docteurs imposent la mesure pour chaque mouvement et chaque mouvement ne se réduit qu’à des gestes répétitifs et insignifiants pour le malade. Gestes et paroles sont donc codifiés pour uniformiser les individus.

Si l’être humain et l’intelligence s'unissent pour produire une parole, ils ne produisent rien qui ressemble à la non-vie, à la censure d’une transmission, à l’inertie par le silence de la pensée et la mise en cage du sentiment dans le cœur. Si l’être humain et l’intelligence cohabitent dans l’Univers, le sentiment profond de la Terre se répand dans tout l’Espace à travers le corps de cet humain.

L’intelligence est la muse éternelle.

Mais voici encore le fameux dogme du caractère inimitable, donc miraculeux du savoir. Les patrons définissent la notion de Parole. Les docteurs imposent une attitude constante à la pensée qui se manifeste alors par réflexe suite à un dressage. La méthodologie a une valeur d'ascèse intellectuelle : elle exclut toute intervention de présupposés poétiques.

Les docteurs discourent à un niveau métaphorique ; à un niveau narratif ; et à un niveau stylistique. Ces types de discours sont des formes-sens, moules idéologiques. La structure des relations de personnes (caractère de l’individu) dans la communication de l’apprentissage; le cadre spatio-temporel de la représentation du docteur face à ses malades (mise en scène du théâtre contextuel) déterminent la forme instantanée du dressage des consciences.

Dis : « Je me réfugie auprès du patron.

— Je parle au nom du patron qui m’a embauché.

— Croyez-moi ou ne me croyez pas !

Tu dois ! Tu crois ! Tu es savant ! Gare à toi ! La volonté de ton patron, son savoir infini, sa maîtrise souveraine sur les humains, le monde, le sens de ta vie !

Répète les paroles de ton patron et tu seras un peu lui.

Tu fais ce qu’on te dit car tu penses ce qui est dit quand tu dis ce que tu fais.

Tu es joueur et arbitre. Que ceux qui t’écoutent te suivent et ils seront embauchés !

L’Univers est comme-ci, l’Histoire est comme-ca, ton point de vue s’arrête là.

Attend et voit le signe de ta puissance, tu gonfles ta poitrine, car tu mérites récompense - après si rude décervelage !  Tu jouiras du spectacle de ton patron ! Joyeux domestique ! Tu connais les propriétés de ton patron et son caractère magnanime !

Signe ton contrat. Et tu vivras éternellement pour ton chef, et tu mourras universellement pour lui !

La puissance mobilisatrice du patron, son énergie créatrice, son action concrète sur les hommes et les événements inspireront le domestique poète qui sera l’entrepreneur des fêtes patronales.

Mais, il y a toujours un mais. Un pays différent. Des pays différents. Un temps, des temps différents dans le désordre naturel de la création. Et là, apparaît la culture humaine, souvent très éloignée de la clôture des cultures du propriétaire, l’art de vivre de l’être humain original. Il mange, il boit, il dort, se reproduit et obéit s’il peut.

L’animal humain a cela du scorpion, il peut s’enfoncer le scalpel de sa queue courbe, et, lorsque le venin pénètre dans la plaie : il pense.

La pensée sauvage. Si tu as une parole à dire : parle ! La parfaite homogénéité du dire et du vécu de ta parole, dit, dans le désordre : le présent, le passé, et le futur. Le cœur du parleur inspire l’intelligence qui ouvre l’espace, donne à penser, imaginer, pour repousser le mal, pour guérir, pour charmer, pour distraire, pour provoquer l’amour.

Les humains ont besoin du témoignage spécifique de la parole sauvage.

Nos amis nous avertissent pour nous guider et nous servent d’intercesseurs avec  l’ami élu de notre cœur, près ou loin du patron. Arrive toujours le facteur si quelqu’un écrit une lettre. Arrivent des nouvelles si la pensée sauvage bondit dans le cercle des humains. La lettre, le mot, le génie suspend un moment le sens de la vie pour l’ajuster à l’intelligence créatrice d’une parole. Et quand la parole est retombée, le vent l’a fait s’envoler et il n’en reste que l’écho dans la mémoire de ceux qui l’ont écoutée. Certains répètent la parole entendue en la faisant chanter, d’autres y rajoutent leur propre parole.

 

Les docteurs des institutions, de la culture, des codes éthico-juridiques s’expriment dans ce qu’ils nomment : l’Histoire Officielle des patrons par des docteurs engagés. Tous les humains ne savent pas lire, et des paroles écrites en consignes ils n'en déchiffrent rien. Ils comprennent qu’ils ne pourront jamais posséder un livre et, qu’en attendant,  ils s’habitueront à ce que les docteurs voudront bien leur dire, et ils penseront ce qu’ils sont en droit de penser, sans avoir la faculté des lettres dans le sang.

La parole sauvage s'affirme sous forme de jets puissants, d'intuitions fécondes, de percées inattendues, d'audaces encore inexpliquées. Au début la parole sauvage est indécise, la parole sauvage ne sait  si c’est le commencement ou la fin, elle cherche. Et puis la parole va passer de la phase de réflexion personnelle libre, de quête ouverte du sens, à celle du culte des patrons.

Et les docteurs racontent une histoire positiviste et attentive aux seuls faits attestés par des documents « authentiques » fournis par le patron.

La pensée sauvage ignore les limites.

L’Histoire officielle est un des modes d'expression de vérités vécues par des collectivités ; comme tel, elle doit être intégrée dans une histoire compréhensive, visant la reconstitution, à la fois exhaustive et explicative du passé. Ainsi, dans la vie des humains, la transfiguration par des consciences, des personnages et des événements constituent l’Histoire de la Parole Sauvage.

L'interprétation des signes comme éléments symboliques d'une culture - en exégèse, est l’ensemble des règles permettant de déterminer tout à la fois le sens littéral de la parole et son sens existentiel, c'est-à-dire sa valeur universelle dans l'histoire de l'Humanité.

- Si tu pries Dieu, sois le dieu !

- Si tu veux, tu peux !

- Si tu sais où se trouve ta bouche, travaille !

Les docteurs pratiquent le passé, des notions diverses, des situations historiques changeantes, sur la table des significations idéales dressée dans la parole d’avant.

Les parleurs sauvages actualisent l’Histoire et réalisent le présent en voyants ! De subtiles visions provoquées par la parole. Quand la parole retombe au centre du cercle, où les auditeurs prennent parole, portée par tout le temps d’un souffle.

La parole sauvage est le retour à la forme vraie de toute existence humaine : c'est l'attitude hospitalière, la politesse de l’amour.

Suis ta parole et ne suis pas d’autre parole que la tienne.

Ai l’expérience !

 

 

Pierre Marcel Montmory trouveur

 

www.poesielavie.com

LA PENSÉE SAUVAGE ET LA PAROLE SAUVAGE

CONCLUSION à :

« LA PENSÉE SAUVAGE ET LA PAROLE SAUVAGE »

Par Pierre Marcel Montmory -  philosophe à l’occasion

 

Trop d'œuvres demeurent mal éditées, ou inédites, donc mal ou pas du tout étudiées pour qu'il soit possible de risquer un jugement d'ensemble sur la pensée.

Les faits suivants :

La pensée a un départ fulgurant, ouvre des horizons si vastes, introduit des thèmes si denses, utilise des moyens d'expression si exceptionnels qu'aujourd'hui encore elle offre aux penseurs d'inépuisables sujets à exploiter.

L'expansion des esprits depuis la source de l’intelligence et du sentiment profond donne naissance à l'élaboration, à une pratique cognitive : histoire, grammaire, philologie, critique. Cette pratique d'abord attentive à l'action, au geste, à la parole, au témoignage : privilège de l'écrit, du conceptuel, de la définition, des catégories, du raisonnement déductif... La pensée acquiert les caractères et explore les grands problèmes communs à l'aire culturelle. Cette pensée accumule les progrès de la conscience.

Après une période de vive compétition entre les sciences, la pensée donne naissance au rationnel; et à une tendance plus ouverte aux puissances créatrices de l'imaginaire qui épanouit la personnalité.

La vieille compétition imagination contre raison d'une conscience indivise justifie les efforts en vue d'une actualisation de la conscience.

Une évolution se traduit, d'un côté, par une expansion de la pensée continue sur tous les plans, de l'autre, par une grave dépression et des discontinuités de la pensée d’avant qui n’a pas la même importance dans le présent immédiat. La notion d’utilité doit être révisée dans ce sens.

Le phénomène patronal et colonial renforce les facteurs de discontinuité notamment sur le plan de la pensée, aggrave les déséquilibres psycho-socio-économiques, exacerbe les tensions entre tradition et modernité sans fournir, en compensation, une pensée capable de surmonter ou seulement d'interpréter correctement les crises nées d'affrontements inégaux. La pensée des patrons - sûre d'elle-même, impérieuse, conquérante, ne reconnaîtra ses faiblesses et ne procédera à des rectifications qu'avec le triomphe des libérations individuelles.

Dans la conquête des souverainetés nationales, la pensée patronale se charge de l’aliénation intellectuelle et culturelle, tâche inséparable de la promotion d'une économie libérale qui mobilise beaucoup de ressources matérielles et d'énergies humaines. La pensée critique des individus se heurte, dans chaque pays, à un ordre patronal d'urgence des difficultés à surmonter : consolidation de l'État, sauvegarde de l'unité nationale, imposition d’une langue patronale, gestion de la misère, contrôle des processus d'acculturation pour préserver l’authenticité de la personnalité nationalisée, folklorisée. Et les patrons font face à ces situations nationales en créant des crises conjoncturelles de civilisation : la crédibilité de la science baisse à mesure que se dévoilent les insuffisances des modèles de développement, l'impuissance de la technologie à prévenir des échecs spectaculaires ou la carence politique des régimes qui s'en tiennent à des solutions immédiates. Toutes ces données font que l'avenir de la pensée - et l'avenir de la parole, sont désormais liés au destin du monde actuel.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pierre Marcel Montmory 21/09/2017 23:09

Ici le mot patron est une métaphore de tout ce qui se prétend autorité supérieure ! Ce texte est une paraphrase d'une étude anthropologique que j'ai faite en observant le gestus humain à travers ses diverses croyances et idéologies et je me moque des docteurs de la foi comme des docteurs en philosophie parce qu’ils fragmentent le vivant dans des formes établies.
Ce texte est aussi un mode d'emploi rusé, didactique, pour déclencher la pensée dans son mode opératoire sur le théâtre du monde : la prise de parole indivise de la personne pour ou contre le groupe, la parole vivante, saine, élaborée comme elle est vécue, par une personne qui pense, qui ose penser, et pense d'abord pour elle-même et est comprise au moins par elle et, en sa compagnie, elle ouvre la bouche et sort de son corps pensant, donne forme aux sons de sa voix surprenant le silence établi en articulant des lettres avec les inflexions du sentiment profond, le cœur à la bouche, avec des signes dévoilant l’instant émotionnel, des signes qui sont peut-être des mots, un langage personnel dans tous les cas qui, même s’il est empreint d’expressions usuelles ou usagées, cette parole émise librement prend soudain un sens inattendu…
Pierre Montmory