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Le blog de Pierre Montmory

LE NOM D'UN CHIEN

Du langage des tribuns se méfie la vie.

Du langage des tribuns se méfie la vie.

LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN
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LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN
LE NOM D'UN CHIEN

LE NOM D’UN CHIEN                   

                               ROMAN PARLÉ

 

Elle entre sans frapper, y a pas de porte entre nous

Je lui dis qu’elle est belle pour qu’elle me regarde

Elle se retourne et je me perds dans son visage

Ses yeux noirs et les vagues rougies de ses lèvres

Elle sait que je suis sauvage et m’apprend la liberté

 

Elle danse un rythme nonchalant

Le Soleil nous attend sur la place

Sa robe glisse sur sa peau soyeuse

Elle tresse une natte de ses cheveux de jais

Et moi chiffonnier je porte joyeux mes hardes

 

Elle sourit et gambille

Te presse pas je veux regarder le paysage

Le ciel bleu de Paris les yeux de la grisette

Je tangue dans le roulis des pavés

Elle regarde le ciel en nouant son fichu turquoise

 

Je fais une chanson si elle mime une danse

En me prenant la main elle sautille le long du ruisseau

Ma guitare et mon baluchon balancent en cadence

J’allonge mon pas au trot de cette cavalière

Elle sera fière de moi quand je chanterai au retour

 

Ne t’en fais pas Dihya que je lui dis

Chaque jour qu’on vit c’est une fête

Même dans le gris un rayon de Soleil est allumé

Moi, je peinturlure la ville avec ses titis

Les jours que l’ouvrier fait avec son cœur en musette

 

La belle journée en liberté fait la coquette

Elle saute à cloche-pied riant de la Terre au Ciel

Elle marche à mon bras et se marie à mon génie

La muse musicienne inspire mon souffle

Les notes volent dans le vent de ses rires

 

Et s’il fait mauvais le temps vient m’avertir

Vague de larmes où boire le chagrin

Ma lyre pleine au creux de ses seins

Pince les cordes de ma rude maîtresse au bois blond

Pour la faire chanter et arrêter toute cette pluie

 

Nous voici installés Dihya Wanka, et moi, Marcel Kleb

Goualant la chansonnette aux chalands pressés

Des vagabonds errants se posent sur la chaussée

On nous voit à tous les coins de rue dans les patelins

Faut profiter des occasions autant qu’on peut

 

Avec mes zigs la poisse s’éclaircit

Les poltrons baissent le ton arrogant de leur jactance

Ici l’on offre sans compter votre portrait sur mesure

Et les marrons auront leur poire en confiture

Si les quidams ne trouvent pas leur vague à l’âme

 

Mais les artistes embobinent l’humeur râleuse de la rue

Et les saintes Nitouche et les gais rupins d’la neuille

N’auront qu’à mater les macs coquins et serrer leur bourse

Sous les étoiles dansent les pierrots et la Grande Ourse

Marcel le gavroche donne des frissons à la Môme

 

Dihya exprime le mélo des larmes de son mouchoir

Les badauds ouvrent la bouche pour boire la rosée

Du soir tombe derrière les monts de piété

La Lune pâlotte souriante et un rayon de Soleil resté allumé

Pour une muse insensée

 

Terre mère tourne le manège des cieux attendris

Le vent fait siffler les moulins et les meuniers farinés

Dansent avec les boulangères aux fesses de pain

Tandis que les maçons signent leurs façons dans la mie

Du temps pour marier les cathédrales de la faim

 

Lève haut ton chapeau et passe au voisin le bonjour

Sur la place tu auras croisé plus d’un bel amour

Mais celui des gavroches et chiffons tu n’en trouveras

Que sur le parvis du ciel où les moissonneurs de la joie

Ramassent leurs poches pleines d’inquiètes blessures

 

Je ramasse l’argent, range ma guitare

C’est l’heure de manger

Le bourgeois sort de sa banque et les bureaux encombrés

Délivrent leurs actionnaires et les bourses dévaluées

Dans le fleuve argenté des lumières et de la prospérité

 

Viens mon beau faut rentrer dans notre quartier

Nos amis nous attendent pour payer la tournée

De la nuit jusqu’au lever du jour

Nous buvons notre bon alcool des mots

Plumes d’anges sur l’aile de la destinée vogueront

 

Les mots sont trop souvent des généralités qui servent

À gouverner les êtres vivants sans les nommer

Les parleurs pour paraître savants utilisent les sots

Ce qui ne signifie rien prend le sens de l’idiot

Ne dit rien mais le dit comme il faut et plait aux animaux

 

Ainsi l’on parle de femme, d’homme, d’enfant, et du vent

Tout dans le même sac vide du tout va communément

Pour cause à défendre et jouer avec les sentiments

Des foules abruties prêtes à tous les vils serments

Qui font de l’humanité le pire des emmerdements

 

Les prétendants au pouvoir sur les peuples dictateurs

Combinent divines promesses et corrompent les cœurs

Les larbins sucent la moelle et se placent en voleurs

Pour une place au pied du chef trompent les leurs

Et leur servent de bonnes excuses pour tous les malheurs

 

Ainsi les familles les patries les gangs sur la Terre

Offensent l’amour salissent la beauté dans des guerres

Torturent l’enfance tuent la jeunesse créent des frontières

Leurs artistes composent des œuvres pour les cimetières

Le dieu si gourmand dans les cieux est repu et prospère

 

Les mots sont les mots le bon bien l’idiot un cancre

La parole vole au vent l’écrit se noie dans l’encre

Le poète enfante un poème faim au ventre

L’entière humanité souffrante reste au centre

Du langage des tribuns se méfie la vie, que diantre

 

Pierre Marcel Montmory - trouveur

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