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Le blog de Pierre Montmory

HOMMAGE À LA GRANDE DAME LA TOUR EIFFEL

HOMMAGE À LA GRANDE DAME LA TOUR EIFFEL

PIERROT

 

    Achète-moi une tour Eiffel. Y en a pas des merveilles comme ça, où je vais.

     Le petit bonhomme tire sur la main de sa mère, pile sur la pointe de ses souliers, se cabre pour admirer la grande dame élégante dans sa dentelle de fer. Au-dessus de sa coiffe piquée d’antennes pour écouter l’Univers, le ciel n’est pas très haut.

     Achète-moi une tour Eiffel.

     C’était juste au réveil, au sortir du rêve, le ressac de la première vague du petit jour dans un éclat de lumière blanche.

     Achète-moi une tour Eiffel. Je connais des merveilles et je vivrais de les avoir connues.

     Le petit garçon pose un baiser dans le creux de sa main et souffle dessus vers la tour qui ne bouge pas d’un écrou. Il faut prendre un ascenseur pour lui baiser le cou à la dame de fer.

     Le petit garçon tire plus fort sur la main de sa mère. Sa mère s’arrête, le regarde et il la voit moins grande que la tour. Sa mère : qu’est-ce que tu veux, Pierrot ?

     Achètes-moi une tour Eiffel, je veux une tour Eiffel. Bon, d’accord Pierrot ; viens.

     Sa mère lui offre ce qu’il veut le plus pour emporter là-bas, en souvenir de cette visite à dame Eiffel. Un bon souvenir où il y a maman quand il souffle un baiser pour la chance.

     Il pensait bien qu’il allait revenir à condition d’emporter ce souvenir. La petite tour Eiffel dans sa poche deviendrait un porte-bonheur, plus tard, quand il se serait rendu à l’exil.

     À l’exil de toute terre et qu’un jour, fouillant dans sa poche et trouvant un morceau de ferraille ouvragé, il aurait connaissance d’un lieu-dit où paraissent des merveilles et alors l’exil s’ouvrirait, comme l’île des milles merveilles.

     L’aventure recommencerait. Et chaque jour, l’un après l’autre, à courir sur les rives au pied des merveilles.

     Il frissonne un instant soumis à d’intenses émotions. Il se relève, debout, indéfiniment, dans la clarté blafarde de l’exil, exigeant au moins le souvenir d’une merveille. Une merveille à la mesure d’un homme.

     La lumière se rallume à l’évocation du souvenir de la tour Eiffel. Des lignes de ses mains part une nouvelle dimension. Pour sculpter sa propre ombre, son exil infini.

     Même sans icône, sans effigie, il lui faudrait créer le souvenir de sa propre merveille. Le petit homme encore primitif ne pense pas à cela, ou il ne pense qu’à cela, qu’à sa propre réalisation.

     Sa pensée, à l’ombre de l’image, féconde la lumière d’autres mondes. C’est ainsi qu’il repeuple son exil et qu’il sent du même coup le sang vif couler par tout son corps et que son esprit recrée pour lui sa lumière. Une merveille promise offerte à son cou.

     Pierrot rejette violemment le drap de dessus sa tête et bondit hors du lit, retombe sur ses pieds en poussant un cri bref pour chasser de son esprit les images qui le hantaient pendant son sommeil.

     Il est maintenant vif et clairvoyant. Et déjà à la tâche. Il sculpte toute sa journée. Des tours Eiffel.

 

Pierre Marcel MONTMORY 2011

 

HOMMAGE À LA GRANDE DAME LA TOUR EIFFEL

Ce nom de Pierre

Je l’ai trouvé par terre

J’aurais fait de moi

Une fronde

Sortez,  et montrez leur que vous avez la joie de vivre, que vous êtes heureux malgré eux ! Regardez seulement ce qui est beau et laissez-leur l’enfer !

Soyons l'écho des mots qui sortent de notre gorge ! Crions ! C'est nous qui passons ! Les morts ont fait leur temps !

Le progrès c’est la ronde des humains.

La victoire attend d’autres batailles.

Où voulez-vous qu’on aille ?

Y aura le soir et puis le matin.

 

Le banquier a des banques

Le soldat du sang

Le chef est aux commandes

La vérité aux toilettes

 

Image fantôme

Pensée des morts

 

La culture des étoiles ne donne pas la lumière

Remuer la terre ne fait pas d’ombre

 

L’écrit doit crier quand la parole manque

Les mots sont avares de sens

 

Le faux artiste jouit en cachette de son œuvre oisive

Rimbaud est le riche maître des esclaves

 

Ils vendent leurs désirs à des insatisfaits

Et recommence leur quête inutile

 

J’ai reçu ce nom de Pierre

En pleine tête

Des pensées inquiètes

M’ont surpassé

 

Ce nom de Pierre

Je l’ai trouvé par terre

J’aurais fait de moi

Une fronde

 

Pierre Marcel Montmory - trouveur

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