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Le blog de Pierre Montmory

HUMAINS

HUMAINS

HUMAINS

 

 

Nous recevons tout du ciel et de la terre

Des dons à offrir des enfants à cultiver

 

Apportés par le vent et bercés par la mer

Les présents de l’eau et des fruits à manger

 

Mais l’imagination trop bien nourrie de feu

Repeint le ciel déchire la terre les yeux

 

Des amoureux mélangent leurs larmes salées

Parce que des cœurs secs viennent tout leur voler

 

 

 

Un matin nous ne verrons plus naître d'enfants

Les hommes et les femmes vivent en tremblant

 

Un matin nous ne verrons plus naître d'enfants

Les oiseaux ne chantent plus les fleurs se fanant

 

Un matin nous ne verrons plus naître d'enfants

Le poète sera tué par les méchants

 

Un matin nous ne verrons plus naître d'enfants

L’amour amour s’est enfui des cœurs hivernant

 

 

 

Je n’ai pas de curiosité pour la mort

Pour l’abîme du néant des jeteurs de sort

 

Je ne perdrai pas ma vie à jouer au plus fort

Laissant les corps des putains aboyer dehors

 

Je dis je car je pense seul mes vraies pensées

Je couche avec ma secrète vérité

 

Sauf votre respect et j’oublie la morale

Je dis et je fais un juste ni bien ni mal

 

 

 

Son âme numérisée son désir coupé

Amour interdit et privé de la beauté

 

L’errant traverse des déserts sans eau

Sa soif de lui-même excite ses envies

 

Il négocie son passage à travers les nuits

Et le jour compte ses faiblesses et ses os

 

Il marche la longueur de son renoncement

Car la volonté abandonne les pénitents

 

 

 

Les faces de la mort défilent dans les rues

L’artisan fabrique des blocs de silence

 

Les marchands vendent de la cendre et du sel

Le prix des terres stériles flambent au soleil

 

Entre les murs la patience des suicidés

Clients admirent le vide aux fenêtres

 

Devant les portes la misère réclame

Un peu de désordre pour bonne police

 

 

 

L’horizon tendu d’acier étrangle son cri

Les vents des fumées étouffent les visions

 

Les mères promènent des sarcophages

Les éboueurs ramassent le sang pourri

 

Des fonctionnaires matraquent les moineaux pâles

Les prêtres fourbissent les oripeaux sales

 

Les cloches fêlées sonnent dans les abîmes

Il est midi dans le camp des usines

 

 

 

Les politiciens bien gras mangent de l’argent

Les citoyens sont de bons clients à crédit

 

L’armée en premier se gave de budgets

Les polices en second protègent le riche

 

Des hordes de pauvres pratiquent tous les sports

Et sur les rings les bêtes déchirent leur peau

 

Les hommes d’affaires parient tant le massacre

Paix des armes une trêve simulacre

 

 

 

Les docteurs administrent les folles envies

Les malades cherchent de nouvelles maladies

 

Surtout ne pas penser le danger évident

Ce qui est normal est une pierre tombale

 

Alors on consomme tout ce qui assomme

Ne pas rêver est une chance de survie

 

On est en éveil ou absent pour le présent

La pointeuse rend tous les comptes transparents

 

 

 

Honte à celui qui priait à l’étude

Les dieux ont perdu toute mansuétude

 

En exil les volontaires ici l’espoir

Bannie la science ici la croyance

 

Un humain à genoux plutôt que dieu debout

Des enfants sans questions pas de cancres chantant

 

Humain au garde-à-vous plutôt que dansant nu

Humaine stérile non terre à chérir

 

 

 

Heureux le marcheur qui va de place en place

De seuil en seuil récolter le nectar de vie

 

Bienvenue celui qui apporte bien-être

L’hospitalière intelligence l’autre

 

Au revoir au voyageur à la besace

Qui traîne avec séduisante mélodie

 

Si digne ambassadeur de l’humanité

Visite les éphémères cités du vent

 

 

 

Et quand dans le désordre revient l’harmonie

Et toutes les bêtes qui font la fête au nid

 

L’amoureux pleure de joie embrasse sa mie

Nature libertine aux belles vertus

 

Le monde paraît si beau aux enfants nouveaux

Que pères et mères embrassent leurs êtres

 

Avoir la vie n’est pas trop à porter longtemps

Quand on aime d’amour on a toujours le temps

 

 

Les piafs endimanchés pépient des chansonnettes

Les gens remplissent leurs verres de poèmes

 

Quand les horloges repartent en vacances

Les gais pinsons font la belle escampette

 

Le tour du monde sur place au palace

Les copains amènent leurs cavalières

 

Et l’on peut voir encore sur les quais des ports

Des bateaux en bois toutes les voiles dehors

 

 

Pierre Marcel Montmory trouveur

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