Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Pierre Montmory

LES JEUNES FONT GRÈVE POUR LE CLIMAT

La seule éclaircie vient des jeunes, les élèves ont décidé de sécher massivement et régulièrement les cours pour alerter leurs dirigeants sur l’urgence climatique.

La seule éclaircie vient des jeunes, les élèves ont décidé de sécher massivement et régulièrement les cours pour alerter leurs dirigeants sur l’urgence climatique.

Climat : la réplique jeune

Lycéens et étudiants se mobilisent pour des politiques en faveur de l’environnement.

Jours de grève, sans l’aide de syndicats ni d’ONG.

La seule éclaircie vient des jeunes, les élèves ont décidé de sécher massivement et régulièrement les cours pour alerter leurs dirigeants sur l’urgence climatique.

Les jeunes font grève pour le climat.

Dans chaque pays, les jeunes veulent peser sur les élections. Partout, les moyens d’action sont les mêmes. La grève scolaire  proclame haut et fort que l’avenir éducatif et professionnel compte bien peu si les conditions d’une existence viable ne sont plus assurées.

«Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ?».

«Les dinosaures aussi pensaient qu’ils avaient le temps».

Les jeunes grévistes ont conscience de s’attaquer à un problème international, qui ne pourra être résolu qu’à l’échelle mondiale.

« On fait tous des efforts au quotidien pour polluer moins, mais maintenant on a compris qu’il faut des modes d’action collectifs si on veut des changements d’ampleur. C’est ce qu’on réclame »,

Désobéissance civile

«Cette génération est la première à vraiment souffrir des dérèglements climatiques et la dernière à pouvoir agir, ce qui sécrète une forme d’angoisse»

Des jeunes déterminés à agir pour l’environnement.

Les jeunes ne sont pas nihilistes du tout. Ils croient encore aux possibilités de sauver le climat, à notre capacité d’action collective. Plus que les adultes, ce sont eux qui s’inscrivent dans la longue durée.

Les jeunes forment le cœur des mouvements écologistes. La population la plus déterminée à se mobiliser pour le climat.

Leur registre d’action joue sur l’émotionnel, mais leurs revendications sont très claires. Leurs exigences sont plus drastiques que celles des ONG.

Les jeunes grévistes pressent pour un changement immédiat et de grande ampleur. Les jeunes pensent qu’on ne pourra pas résoudre la crise climatique sans changer notre modèle de société consumériste.

Nous avons des preuves scientifiques des dégâts qui s’annoncent et des moyens de lutter, maintenant il faut que vous, politiques, vous en empariez.

Poursuivre en justice les États pour les obliger à adopter des politiques climatiques plus ambitieuses.

Les États mettent en danger nos droits constitutionnels, notamment à la vie, par leur inaction climatique et leur soutien aux industries fossiles.

Rappelons aux gouvernements leur devoir de protéger la nature pour les générations futures, Des initiatives judiciaires représentent un moyen de peser sur les débats publics.

Les enfants du climat doivent être pris au sérieux

Les jeunes grévistes pour le climat font désormais face à des défis majeurs. Il leur faut éviter la récupération de leurs mouvements, tout en les faisant vivre dans la durée. «L’indépendance et le caractère non partisan et spontané de nos mouvements sont leur force première. C’est ce qui nous  permet de secouer le monde politique et la société tout entière. Il faut absolument les préserver. Les associations instituées n’ont pas à nous s’y impliquer.»

Les écoles peuvent être transformées en cercles de parole et inciter les élèves à passer du temps dans l’action.

« Il nous reste à peine douze ans pour agir et éviter des changements climatiques irréversibles, vouloir nous renvoyer sur les bancs de l’école et penser que tout va s’arranger, voilà ce qui est irresponsable ».

LES JEUNES FONT GRÈVE POUR LE CLIMAT

Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes

A l'école Polytechnique, pendant une réunion d'élèves de grandes écoles françaises pour réfléchir sur le climat Photo Denis Allard

Greta Thunberg, Emma González, Anuna De Wever… Partout, des adolescentes se lèvent, tandis que les derniers feux du vieux monde, de Trump à Bolsonaro, s’accrochent à un sol qui se dérobe sous leurs pieds. Un récit de l’écrivain Pierre Ducrozet.

  • Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes

La voix, c’est d’abord la voix qui les a saisis. Dans un corps de fillette, a priori ça ne colle pas. Une voix métallique, effilée comme une lame, tremblante, mais pas de stress ou de timidité, non, de rage, d’une rage froide prête à les submerger. Puis ce furent les mots. «Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Jusqu’à ce fardeau-là, vous nous le laissez à nous, enfants. […] Notre civilisation est sacrifiée pour qu’une poignée de personnes puissent continuer à amasser un maximum d’argent.» Remarquable renversement sémantique : vous, adultes, gouvernants, patrons ou consommateurs radieux, êtes les inconscients, les immatures. Nous, enfants du XXIe siècle, allons prendre les commandes, puisque vous êtes visiblement incapables de faire quoi que ce soit de neuf avec ce volant. «Le vrai changement arrive, que cela vous plaise ou non.» Elle quitte la scène et disparaît.

Ainsi le monde entier découvrait-il, en décembre dernier, à la COP 24 de Katowice, Greta Thunberg, 15 ans, aujourd’hui 16. Depuis le mois d’août, elle faisait la grève de l’école, tous les vendredis, se postant devant le Parlement suédois avec son carton «Grève pour le climat». Elle était seule le premier jour, ils sont des dizaines de milliers aujourd’hui, écoliers, lycéens et étudiants, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Australie, à se lever chaque jour, ou chaque semaine, pour prendre les rues de leur ville. A Davos, en janvier, devant les patrons du monde entier réunis, Greta Thunberg est remontée sur scène. Son calme, sa puissance, la lucidité de son regard et de son discours ont à nouveau saisi l’assemblée. Pour la première fois, les enfants nés avec le siècle prennent la parole. Et les fils repus du XXe siècle les écoutent, interdits, troublés par le monstre qu’ils ont eux-mêmes engendré. A 16 ans, eux, ils s’amusaient, profitant des ressources infinies d’un monde en expansion. La petite Greta ne rit pas. Elle n’en a pas le loisir.

Pour la première fois, on visualise ce que c’est que la destruction d’un monde : c’est une enfant de 16 ans qui ne voit plus l’intérêt d’aller à l’école puisqu’il n’y a peut-être rien au-delà. Jusque-là, on avait les coraux et les animaux, mais leur cri est trop ténu à nos oreilles. Ah et puis l’été dernier, c’est vrai, on a eu légèrement chaud. Ok. Mais ces enfants, là, qui brûleront vif, regardent leurs parents dans les yeux et leur disent : merci.

La grande césure commence à s’opérer ; partout, des enfants et des adolescents se lèvent, principalement des filles et des jeunes femmes, dans des mouvements qui refusent souvent de porter des leaders ; de l’autre, les derniers feux du vieux monde, toujours plus croulant et hideux, de Trump à Bolsonaro, s’accrochent aux oripeaux de démocratie carbone et à un sol qui se dérobe sous leurs pieds. La vague qui vient contre celle qui se cabre et retient. Même si ce sera lent, le combat finira nécessairement par pencher dans le sens de ce qui est en mouvement.

Les deux révolutions du siècle se rejoignent dans cette vague : ce sont surtout des femmes qui s’emparent de ce combat pour la planète. Ce n’est bien sûr pas un hasard : c’est le monde du pétrole, de la politique à la papa, celui du patriarcat et du capital avançant main dans la main, qui nous a jetés là.

En février 2018, au lendemain de la tuerie de Parkland, les Etats-Unis découvraient, médusés, le crâne rasé d’une fille de 18 ans, Emma González, qui, le poing levé, la voix perçante, hurlait à Trump de modifier le deuxième amendement sur le port d’armes. A ses côtés, toute une génération d’activistes 2.0 s’empare de l’objet politique avec une approche entièrement neuve. En novembre dernier, une nouvelle députée est élue au Congrès : Alexandria Ocasio-Cortez, née il y a vingt-neuf ans dans le Bronx, d’un père américain et d’une mère portoricaine, qui débarque comme un ouragan à Washington. Brillante, radicale, elle bouscule les pratiques politiques et vient de proposer un «Green New Deal», ambitieux programme visant à atteindre 100 % d’énergies propres et renouvelables d’ici à 2035, financé notamment par la taxation des grandes fortunes à 70 %, ce qui pourrait rapporter autour de 70 milliards de dollars chaque année. Au Royaume-Uni, un mouvement de désobéissance civile non-violent, «Extinction Rebellion», né en octobre, prend en quelques semaines une ampleur inattendue jusqu’à devenir un phénomène mondial, porté par ce même désir de changement radical et de rénovation des pratiques. Pendant que l’arrière-garde traîne, renâcle, pendant que les gouvernements du monde entier, dont le français, proposent de petits arrangements avec le système économique et politique qui a pourtant montré l’ampleur de son échec, une nouvelle génération assume le fait qu’il faudra tout changer, et qu’ils devront le faire eux-mêmes. Ils n’attendent plus rien de leurs parents, qui les ont mis au monde en le détruisant.

Et, comme toujours, ce sont aussi les corps qui font scandale. Alexandria Ocasio-Cortez danse avec volupté sur une vidéo retrouvée : scandale, ce n’est pas là le rôle d’une femme politique ; Emma González se rase le crâne, affirme sa bisexualité, crie sa rage, apostrophe le Président : scandale ; Greta Thunberg, autiste Asperger et nattes tressées, parle depuis un autre corps que le sien, elle n’est pas à elle, elle est d’ailleurs sans doute à la botte du marché, et puis elle devrait être à l’école de toute façon. Anuna De Wever, 17 ans, l’une des lycéennes qui mènent la fronde, chaque jour plus massive, en Belgique, refuse d’être cataloguée dans un genre. Les frontières se gomment jusque dans ces corps transnationaux, transgenres, transluttes, à l’intérieur desquels tous les fronts naturellement se rejoignent.

«Je ne veux pas de votre espoir. Je veux que vous paniquiez», souffle la voix.

Ces enfants nés avec le siècle n’ont pas besoin de l’imagination qui a fait défaut à leurs parents pour comprendre l’ampleur du combat qui sera le leur. Ils ne parlent pas contre ou en faveur, ils parlent à la place de tout ce qui tombe.

Ils savent que le simple sauvetage du navire n’intéresse personne. En revanche, réinventer des modes d’existence, refonder une manière d’être au monde, élaborer un nouveau pacte naturel, une nouvelle éthique, n’est-ce pas passionnant ? Si l’on prend la crise écologique comme une planche d’appel et une occasion d’explorer à nouveau les territoires, de réinvestir le monde autrement, alors on transforme la menace en défi, et la peur en quête.

En pleine crispation sur les frontières, les nations, le local, toutes choses qui ont cessé d’être valides, les enfants du siècle pensent mouvement et globalité ; et la maîtrise des outils numériques leur permet d’essaimer leurs actions avec une vitesse et une efficacité nouvelles.

Un monde se refuse toujours, par définition, à mourir. Lorsqu’il le fait finalement, il emporte avec lui ses valeurs, ses beautés, ses défaites. Un autre monde le remplace, ni meilleur, ni pire. Pour la première fois, dans ce parcours chaotique et fougueux de l’Homo sapiens, le monde qui arrive sera pire que le précédent. Notre espèce vient de subir sa plus grande blessure narcissique, peut-être pire encore que celles infligées par Copernic, Darwin ou Freud : la nouvelle, scandaleuse, qu’elle a participé à sa propre destruction et à celle de tout ce qui l’entoure. Elle tarde, à dessein, et comme par protection, à intégrer cette défaite ontologique. Les bras chargés de soutenir ce nouveau monde devront à la fois le modifier entièrement, repenser une manière d’être aux choses et la mettre en œuvre, mais ils devront aussi assimiler cette défaite de l’esprit, de tout ce qui avait porté la modernité : progrès, foi en la raison et dans les capacités de l’être humain. La tâche est immense et complexe. Et pourtant, devant ces corps, cet élan, on suppose qu’ils en seront capables.

Pierre Ducrozet, écrivain

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pierre EYMARD 21/02/2019 17:36

Bonjour très sympa cette mobilisation de jeunes pour la PLANETE. Il faut TOUS agir au + vite .Eau potable:Espaçons nos douches et lavons nous au gant de toilette (OUI).Ralentissons notre surconsommation de smartphone/reseaux sociaux (les datas centers produisent du +++CO2 consomme de l'énergie...) .Ralentissons nos achats sur internet (AMAZON,etc...).Cessons de surconsommer du FAST FOOD .Ralentissons notre conso de jeu vidéo. Dirigeons nous vers d'autres valeurs.Je n'ai pas dit regressons mais Soyons vertueux et respectueux de notre Terre et de nos semblables.

covix 18/02/2019 17:33

Bonsoir,
je suis d'une nature optimisme, et pourtant je crois que c'est la fin de notre monde, pas celui de la planète, mais des humains...
Bonne soirée
@mitiés