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Le blog de Pierre Montmory

MON ENFANT

Greta Thunberg

Greta Thunberg

(Lettre inspirée par Greta Thunberg)  

Mon enfant,

   Je peux t’appeler mon enfant car les enfants de la Terre sont tous un peu mes enfants.

   Tu as raison, mon enfant, les gens sont des salauds.

   Les gens savent tous la vérité mais ils gardent la tête dans le sable et préfèrent la haine et la destruction car ils ne s'aiment pas eux-mêmes.

   Les gens laissent dire et laissent faire.

   Les gens, en général, adorent l’autorité, et ils sont prêts à payer pour voir leur propre disparition dans la déchéance plutôt morbide.

   Les gens, en général, je les déteste comme tu les détestes. Ils ne méritent pas de vivre. Ils ont détruit notre seul paradis possible.

   Les gens volent à la vie avec les voyous qui les mènent.

   Les gens construisent les murs et les armes.

   Les gens détestent les enfants,

   Les gens prennent les enfants pour des idiots. Mais les enfants comprennent tout, Les enfants n’ont pas les mots mais ils sentent naturellement.

   Les enfants sont des petites personnes que l’on néglige comme les adultes se négligent eux-mêmes - en renonçant à leur propre enfance, ils abandonnent leurs rêves et leurs enfants.

   Les gens ont peur de naître, de vivre, de mourir !

   Les gens préfèrent croire plutôt que savoir.

   Les gens adulent les stars de la finance, les artistes vendus et à vendre; les gens chassent du regard les poètes rêveurs, les gens ne veulent pas être savants de leur propre cœur – alors les gens repoussent l’enfant qui sait lire dans leurs yeux; les gens rejettent l’enfant qui sent leur cœur de pierre : parce que les adultes se moquent des savants poètes et des enfants qui apprennent chaque jour, pour grandir, toujours.

   Les gens préfèrent espérer plutôt que vouloir. Les gens enferment la jeunesse dans des placards, sous des numéros, dans des uniformes.

   Enfant, si riche de talent et de merveilles, inouïe, tu nous parles que de l'Amour, le vrai, inaccessible aux préjugés, réservé aux amoureux de la vie, dignes de l'amitié de tous les humains.

   Les gens, en général,  sont négatifs, sont des bons à pas grand-chose, ils ne s'aiment pas et donc ne sont point aimables - alors ils grinchent et détestent ceux qui jouissent de vivre.

Pierre Marcel Montmory trouveur

MON ENFANT

Greta Thunberg, la gravité de la Terre
par J. M. G. Le Clézio, Prix Nobel de littérature 2008
Son visage nous est devenu familier. Elle est sérieuse comme on l’est quand on n’a pas encore 17 ans, elle regarde l’objectif sans ciller, elle lit ses discours d’une voix posée, dans un anglais parfait, ses nattes sages encadrent ses joues rondes, ses yeux nous fixent sans une hésitation, elle se tient bien droit, les bras le long du corps, elle ressemble un peu à une gymnaste, ou à une déléguée d’un groupe de collégiennes. Elle est devenue la combattante la plus crédible du mouvement de défense de notre planète menacée par le gaspillage des ressources naturelles et la disparition des espèces animales. Elle est reçue par les plus grands, des présidents, des directeurs d’industrie, des éminences des banques. Elle parle à la COP 24, ce club très fermé qui reçoit dans la ville de Katowice en Pologne les politiques et les spécialistes de l’environnement, qui discutent beaucoup et ne font pas grand-chose. Son discours est facile à comprendre. Elle ne manie pas l’hyperbole, elle ne se cache pas derrière les statistiques inutiles et les promesses de Gascon. Elle ne flatte pas le public pour dénicher des électeurs. Elle dit que nous - les adultes, les responsables, les acteurs de notre monde égoïste et rapace -, nous n’avons rien fait, et que les enfants du futur nous demanderont des comptes. Elle dit même une chose plus terrible, que lorsque nous ne serons plus là, dans dix, vingt ou trente ans, elle y sera encore et que c’est à elle que les enfants demanderont des comptes. Elle nous accuse, de sa voix douce et calme, d’avoir oublié que la Terre nous est prêtée, pas donnée. Est-ce que nous pouvons l’entendre ? Nous avons si peu entendu les voix qui nous interpellaient, avant elle. Nous n’avons pas écouté la parole du chef des Indiens Lummi, le grand Seattle, lorsqu’il répondait au gouverneur qui lui proposait d’acheter les terres indiennes : «Comment pouvons-nous vendre ce qui ne nous appartient pas ?» Nous n’avons pas entendu les avertissements des hommes de science, d’Aldo Leopold, de Bertrand Russell. Nous n’avons même pas écouté Einstein quand il nous prévenait que si les abeilles venaient à disparaître, nous n’aurions que quelques mois à vivre.
Son action est simple, comme cela devrait toujours l’être quand il s’agit de choses normales. Chaque vendredi, elle appelle à la grève des enfants. Une grève des écoliers, il y a de quoi faire sourire les sceptiques. Avec un petit sourire, ils ne se privent pas de dire que c’est assez original, plutôt amusant. Et il lui faut du courage, à Greta, pour affronter le sourire ironique des adultes. Pourtant, quand elle apparaît, sur nos écrans, dans les pages de nos journaux, avec son visage grave et ses traits doux, et qu’elle dit de sa voix de colère contenue que nous devons paniquer, que nous devons réagir, nous indigner, commencer la lutte, changer notre façon d’être, notre rapport au monde et aux animaux qui l’habitent avec nous, que nous devons nous inquiéter de l’absence des saisons, de la disparition des insectes et des oiseaux, du dépeuplement des mers et du blanchissement des coraux, de cette sorte de silence assourdissant qui s’étend peu à peu sur la planète nature, au profit des vacarmes des villes, du mouvement fébrile des hommes, de l’exploitation à outrance des richesses du sol et des forêts, comment ne pas ressentir un coup au cœur, un tressaillement, comment ne pas être envahi par la nostalgie du futur, à l’idée de ce que nous n’avons pas fait, de ce que nous avons laissé se défaire, de notre regard qui s’est détourné, du grincement cynique de nos égoïsmes ? Comment ne pas l’entendre ? Comment avons-nous pu oublier à ce point nos responsabilités envers les générations à venir, comment avons-nous osé accepter que ceux qui vont pâtir le plus du changement climatique seront ceux qui n’ont pas participé à sa détérioration, ceux qui n’ont pas profité des bénéfices de la production, qu’ils mourront de faim parce que nous avons rempli nos garde-mangers à l’excès ?
Il n’est pas imaginable que tout cela ne soit qu’une crise passagère, que cela disparaisse dans le grenier encombré de nos luttes échouées, de nos approximations, de nos rêves fracassés.
Greta Thunberg, elle, n’a pas renoncé. Avec la gravité de son jeune âge, avec la science instinctive de l’enfance, elle monte à la tribune, elle dit ce que nous ne voulons pas entendre, elle brandit ses panneaux devant les Parlements, devant les politiques, les puissants de ce monde. Elle parle pour elle, pour sa génération, mais aussi pour ses enfants à naître, et au-delà des humains, pour notre Terre tout entière, dans sa précieuse et fragile beauté. Écoutons-la. Entendons-la. Il est peut-être encore temps.
(Journal «Libération», 13 mars 2019).

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Pierre Marcel Montmory 10/10/2019 20:48

Les enfants sont des petites personnes et, comme il y en a chez les grandes personnes, certains sont très intelligents et apportent un grand savoir en naissant, il leur faudra simplement apprendre à manier les outils pour exprimer leurs pensées avec le langage de leur époque.

missfujii. 27/09/2019 08:13

La vérité sort de la bouche des enfants

covix 26/09/2019 18:16

Bonsoir,
Les enfants ont raisons, ils pointent du doigts les négligences, nos négligences et l'erreur, je dirai même le mépris des politicards devraient nous inciter à les virer séance tenante pour changer la manière de vivre le monde et de le gérer autrement.
Bonne soirée
@ plus.
Pour répondre à ta question concernnant la lecture du recueil, je ne l'ai pas encore fait, mais cela ne saurait tarder.

Pierre Marcel Montmory 26/09/2019 18:22

Bonsoir ami, merci de ton agréable compagnie. @plus