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Le blog de Pierre Montmory

LE SOLITAIRE

LE SOLITAIRE

 

LE SOLITAIRE

 

Que ceux qui ont des yeux voient.

Que ceux qui ont des oreilles entendent.

 

L’AMOUR EST TOUT SEUL

L’amour est tout seul.

Les gens qui n'ont que des intérêts l'amour les a quittés. Très peu de gens aiment vraiment.

Vivre, pour la majorité, c'est être quelqu'un et avoir quelque-chose, posséder un ou des autres.

Aimer est réservé aux aventuriers.

La majorité veut la sécurité dans l'attachement et l'attraction des choses que l'on peut posséder.

Aimer est affectueux, les amoureux sont tendres.

Les civilisés sont devenus insensibles et violents.

La courtoisie perdue est remplacée par les rapports sociaux.

L'amour c'est le détachement, l'offrande.

Il n’y a pas de raison dans l’amour.

Aimer est un verbe impersonnel.

L’amoureux n’a pas d’objet.

L’amoureux est le sujet, le verbe et le complément de l’amour.

L’amour est un pays que peu de gens habitent.

L’amour est au tréfonds de toi, il n’a ni président ni roi.

L’amour est le seul pays.

Pour entrer en amour il faut vivre libre.

La liberté est un choix difficile parce qu’il n’y a ni guide ni maître et que tu ne peux négocier.

L’amour exige la désobéissance et donc l’amour est le vrai courage.

Juste le courage de vivre la vie d’un animal humain.

Ni être ni avoir l’amour est vivre, simplement vivre.

Et vivre c’est sentir, par tous nos sens, la vibration de l’Univers.

Et cette vibration est le frémissement que je nomme émotion et qui déclenche le sentiment profond.

L’imagination donne une forme au sentiment profond,  par des gestes, des sons qui deviennent pensée quand je parle, quand j’écris, quand je danse, quand je musique et donc cet amour créé mon art de vivre.

Un aventurier aime le genre humain car il cultive le sentiment profond de l’amour : l’affection.

Et l’affection mène à la compréhension et prouve l’existence de l’amour.

Et alors l’on peut être heureux malgré les problèmes physiques et matériels de notre existence.

Le paradis peut-être ici et maintenant, même sans pain ni vin, l’amour est en chacun.

Il faut décrocher de l’inutile désir et des vaines possessions. Pour sentir l’amour battre au cœur de la vie de l’Univers, au cœur de nous.

Au cœur de nous il y a tout. C’est la vraie richesse à partager. C’est la vraie richesse dans notre exil sur l’île terrestre. Il n’y a pas de solitude parce que nous sommes toujours en notre propre compagnie.

Et si nous ne nous aimons pas, c’est que nous sommes attachés à des liens imaginaires qui nous tiennent prisonniers dans des cages de souffrances.

 

LE SOLITAIRE

 

     La plus petite des minorités, c’est l’individu solitaire, qui ne décline aucune identité. Le solitaire est unique, il n’est identique à personne, il parle sa propre langue personnelle. Il traduit son dire dans la langue des étrangers qu’il fréquente. Sa langue en son palais parle par sa bouche et ses lèvres moulent les mots comme pains de l’hospitalité. Il nourrit sa légende comme le poème du jour. Il charme l’étranger par la grâce de ses gestes et ses attitudes élégantes.

     Le solitaire se distingue par son imaginaire de poète. Poète, il invente sa vie d’abord en rêve. Puis, artisan, il travaille sur son métier et  fabrique ses ouvrages au gré de l’inspiration que lui procure son génie charmé par les muses qui peuplent l’Univers. Il fait ce qu’il doit faire comme il peut, et puis, ce qu’il veut, c’est achever son œuvre pour la partager avec les gens, car il se doit toujours de donner ce qu’il reçoit gratuitement des muses, et il offre ses trouvailles au monde par gratitude à la beauté de la vie.

     Le solitaire aime sa propre compagnie et donc il ignore les troubles de la solitude puisqu’il ne s’ennuie jamais avec lui-même. Lui-même se sent un humain commun aux autres humains parce qu’il a, comme tous, le bon comme le mauvais de la vie. Les problèmes sont pour le solitaire une occasion d’occuper sa paresse naturelle au travail des solutions à trouver - et cela le réjouit, l’apprentissage de nouvelles leçons pour ajouter à son expérience. Lorsque le solitaire n’a rien à faire, il commence tout de suite.

     Le solitaire aime le monde qu’il fréquente et dans lequel il se reflète pour mieux se reconnaître, si semblable et pourtant bien un autre parmi les autres, mais original car le solitaire sait que personne ne vit ni ne mourra à sa place.  Ainsi le solitaire aime partager sa solitude avec tous ceux et celles qui savent et aiment être seuls. Le solitaire se sent chez lui là où il est et où personne ne le dérange. Le solitaire vient de là où il va, fait ce qu’il est en train de faire à l’instant, entre hier et demain.

     Le solitaire est agréable à vivre. Il est courtois comme il est accort. Il s’applique à ne regarder que les choses et les êtres qui dégagent douceur et beauté. Mais, comme il détourne son regard de l’horreur, il rejette la violence, il remet à sa place le goujat, et s’amuse même parfois à faire le portrait en public des frustrés qui encombrent son chemin.

     Le solitaire se remarque par sa sincérité qui lui procure les vrais amis tandis qu’il dit son fait tout de suite aux gens qui manquent à leur parole, et notez bien il a l’idée que le sou du travail est sacré. Alors, quand un coquin l’appelle « Mon ami », il joue l’idiot et baisse les yeux et observe la manœuvre de l’autre et prépare sa revanche impitoyable : quand on veut lui prendre un sou, il en prend mille !

     Le solitaire se sent comme un animal au milieu de la jungle. Il connaît la peur qui l’avertit du danger et il connait l’adversité qui l’oblige à se mesurer sur le ring de la concurrence et là encore il gagne. Il gagne ses combats en deuxième manche parce qu’il aime donner à l’adversaire l’illusion de sa force et, tandis que celui-ci se gonfle d’orgueil, il lui plante l’aiguille dans le mille.

     Le solitaire est le sujet préféré de médisance chez les  animaux de troupeaux qui le jalousent parce qu’il est beau, qu’il sourit et que sa vie est un cadeau bien rempli. Le solitaire possède tout ce qui fait envie aux rêveurs de Bohème que sont Jean Foutre et bons à rien. Le solitaire vit son rêve sans oublier la bienséance qui est d’exploiter les riches et de faire travailler les pauvres.

     Le solitaire est marié la vie, pour le meilleur et pour le pire, et la vie lui accorde bien des maîtresses. Des maîtresses avec lesquelles il pratique l’art d’Éros dans des haltes où le temps est suspendu, dans des alcôves aux styles variés où les langues se mélangent pour se comprendre, dans le lit de la grande mère Nature où les êtres s’accordent pour jouer. Après le jeu le solitaire reprend son sérieux et cause avec ses amies.

     La vie du solitaire est une harmonie naturellement anarchique où les disharmonies sont aussi des harmonies. L’ordre naturel permet les rencontres de nos semblables dans le désordre apparent du tout. Alors, ce qui est douceur, ce qui fait briller les yeux, ce qui émeut le cœur accompagne le solitaire.

     Le solitaire sait aussi qu’il est d’une race animale spéciale et qu’il partage son pays la Terre avec tous les êtres et toutes les choses de l’Univers. Ainsi il tâche d’être attentif à ses colocataires. Il commerce avec ses animaux familiers qui peuplent son quotidien et certains même vont se sacrifier pour lui procurer fraîche nourriture et abondante jouissance. Le solitaire est toujours en réjouissance.

     Le solitaire aime le travail bien fait parce que l’ouvrage livré doit être à l’image de son créateur. Même quand il ne fait rien de spécial, le solitaire le fait bien. Son ennui est délicieux et lui permet d’apprécier la sensuelle berceuse de la gravité. Après l’ouvrage, le boire, le manger, le sommeil et l’habit,  le solitaire goûte à la voluptueuse paresse. Rien ne sert de brûler, il faut vivre à point.

     Le solitaire est un grand travailleur devant l’éternité. De rien il tire toute sa connaissance car ses mains bougent et tous ses sens sont en éveil du matin au soir. Il pense, il digère ses songes, il se  nourrit des fruits de la terre. Il aime se tenir près des sources où il se désaltère. Et, s’il ne peut posséder tout le savoir des humains, il a déjà vu pleuvoir et briller le matin.

     Le solitaire économise le temps, en un instant il fait ce que d’autres font en mille ans. Ainsi, en un même temps, il règle ses problèmes domestiques, confectionne un repas, parle à ses enfants, embrasse sa bien-aimée, rit aux cuicuis des piafs, se gratte le dos, souffle sur le chat voleur de bouchées, entend le nouveau poème qu’il va créer sur la page blanche de sa journée.

     Le solitaire vit plusieurs vies suivant sa fantaisie et jamais, oh, non, jamais, il ne s’énerve pour ne pas ruiner son cœur, même s’il doit tout perdre dans un grand malheur, il retrouve vite sa joie de vivre pour guérir, et s’il lui reste la vie après la peine, il se dit qu’il possède encore l’essentiel, sa vie ... Si le solitaire est malade, il est la moitié du remède, bon partenaire avec les docteurs.

     Le solitaire a pour remède au chagrin le travail - malgré la souffrance, il se rappelle le travail et, dès qu’un brin d’énergie revient, il se remet à la tâche et ne désespère point de ses mains tremblantes : il recommence tant qu’il le peut. Le solitaire sait que l’effort donne plus de force à celui qui veut vivre. Vaut mieux s’efforcer de vivre que de s’esquinter à survivre. Le solitaire n’a pas peur de naître, de vivre et de mourir.

     La parole solitaire étouffe et disparaît dans le nombre quand le nombre parle tout ensemble.

     La parole solitaire est plus belle à entendre que la misère. Les mots de la vie sont plus forts que la mort. Le solitaire le plus fort est la personne la plus seule, la personne la plus forte dans la foule.

     Le solitaire ne dit que ce qu’il se doit de dire, quand il est temps. Le solitaire sèchera ses larmes, serrera les poings et se lèvera pour offrir encor son amour, le rire aux larmes, il ira !

     Le solitaire ne lutte pas, ne mène aucun combat, ne possède aucune arme. Il est comme un soldat qui aurait troqué ses armes pour des outils et il va réparer le monde et construire la paix.

     Le solitaire est le scribe obligé des muses et le porte-parole des humains sans voix. Il écoute la voix de son cœur au plus profond des solitudes.

     Le solitaire revendique sa solitude comme étant la seule force nécessaire pour être capable d'exister sans d'autre possession que soi-même, libre et droit devant l’éternité.

     Le solitaire ne joue pas un rôle. Le solitaire offre à tout le monde les vraies richesses de sa solitude. Et il est heureux sur cette terre parce qu’il est bonhomme et que ce sont des humains qu’il nous faut. Et des humaines !

Pierre Marcel Montmory trouveur

 

- poème -

 

LE SOLITAIRE

La plus petite des minorités

C’est l’individu solitaire

Qui parle sa propre langue

Qui nourrit sa légende

 

Comme le poème du jour

Il invente sa vie en rêve

Travaille à son métier

Inspiré par son génie

 

Charmé par les muses

Il fait ce qu’il doit faire

Il offre ses trouvailles

Par gratitude à la beauté 

  

Le solitaire aime sa compagnie

Il ne s’ennuie jamais

Avec le bon et le mauvais

Il occupe sa paresse naturelle

 

Le solitaire aime le monde

Il est chez lui là où il est

Où personne ne le dérange

Il vient de là où il va

 

Cœur battant comme un pays

Amoureux de la vie

Grand travailleur devant l’éternité

Il a déjà vu pleuvoir et briller le matin

 

Scribe obligé des muses

Porte-parole des humains sans voix

Revendique sa solitude

Sans autre possession que soi-même

 

Sa joie de vivre pour guérir

Il possède sa vie malgré la peine

Son remède au chagrin le travail

Il recommence tant qu’il le peut

 

Son effort lui donne sa force

Sans peur de naître, de vivre et de mourir

Sa parole plus belle que misère

Les mots plus forts que la mort

 

Plus seul plus fort dit ce qu’il se doit

Sèche ses larmes serre les poings

Offre son amour, le rire aux larmes, il va !

Sans arme mais avec des outils

 

Répare le monde construit la paix

Obligé des rêves et des pensées

La voix de son cœur intelligent

Au plus profond des solitudes

 

Existe sans possession

Soi-même libre et droit

Ne joue pas un rôle

Heureux humain, heureuse humaine

 

Pierre Marcel MONTMORY trouveur

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