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Le blog de Pierre Montmory

L'ART DANS LE FUTUR

Pierre Montmory - trouveur
Pierre Montmory - trouveur

Ce recueil d’articles est

À propos de notre art de vivre ensemble

Et essaie de répondre à ces trois questions :

Qui est artiste ?

Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ?

L’art est-il ce qui nous fait vivre ?

L’ART DANS LE FUTUR

L'art dans le futur n'aura pas plus de place qu'aujourd'hui et les véritables poètes auront toujours des semelles de vent car c'est à cela seulement que l'on peut les reconnaître. "Vivre de son art" ? Si l'on peut cela donne du confort mais ce ne doit pas être le but de l'oiseau qui est d'abord ici pour chanter et, s'il doit casser la graine, il lui faudra le plus souvent aller la chercher ailleurs.

...Vanité excessive et médiocrité dorée des élites habillées en artistes et mendiant l'oisiveté pour le profit des nantis et des exploiteurs qui volent les inventions et les outils des poètes afin d'assouvir leur frustration de ne pas être et d'accumuler des avoirs. L'art caca où chacun fait le sien. L'artiste prostitué pour la clientèle qui couche avec la vérité individuelle. Nous avons le choix immodéré de nous perdre avec les idoles. Les étoiles s'allument pour les cliques de la claque. Jusqu'à la fin des mondes l'être humain n'aura qu'une main pour tout confondre. Et le signe et la trace. Le signe du droit divin ou des raisons d'États. La trace éphémère du sang et de l'encre. D'un geste orgueilleux nous balayons le vent de poussière. Il reste l'écume de la mer. Le sucre est dans l'arche sacrée des cœurs des vagabonds solitaires qui font des bonds sur les vagues. Vanité des gueux rendus en exil et qui, volontaires, acceptent ce qui est, répondent présents, le rêve en cadeau, en sympathie avec le réel. Le monde a deux mains. Je passerai dans l’huis de l'aube. Car je ne fais que passer.

À un poète :

Merci pour ton poème ! C'est vraiment chouâtte tes mots premier choix et la musique guinguette. J'suis pas du genre à lancer des fleurs pour que dalle, mais là, mon pote tu m'fais sauter le palpitant, à moi mézig qui avant de te connaître s'ennuyait tant, et y avait longtemps que j'avais plus trouvé sympathie à mes côtés dans mes rengaines barbouillées enfin un chanteur nouveau entre dans mon cœur. J'ai même tout lu en détail tes paroles qui parlent vrai. C'est comme une blonde bien fraîche qui fait voler la mousse dans un rayon de soleil.

Bravo magicien !

ARRÊTE DE MENTIR

Le peu qu'il suffit de ne pas passer à côté de son chemin.

S'il n'y avait ni mal ni mensonge il n'y aurait rien pas même une note de musique.

S'il n'y a ni mal ni mensonge il n'y a rien que le mensonge et le mal. Exemple: s'il y a des musiques qui apaisent c'est bien parce que les humains sont excités. Autres exemples: s'il y a des gens qui cherchent à "s'élever" c'est que ces gens sont couchés. S'il y a des musiques engagées c'est qu'il y a des gens qui s'ennuient. S'il y a des musiques excitantes c'est que les gens désirent consommer. S'il y a des musiques à la mode c'est qu'il y a des gueux. S'il y a des musiques militaires c'est qu'il y a des gens qui aiment l'injustice. S'il y a des berceuses c'est que nos enfants sont effrayés. L'un ne va pas sans l'autre. La solitude n'existe que parce qu'il y a l'autre. Mentir aggrave le mal et multiplie le mensonge.

Artiste Dormeur: réveille-toi avec ta propre langue et tes notes à toi seulement seul avec l'autre et tu seras défait de la fausse pudeur de l'anonymat.

Salis-toi les mains avant d'écrire sur le papier blanc des vierges et tes mots auront la forme de ta peine et du sang dans les veines

Et alors, peut-être qu’artiste tu seras, quand tu auras donné tout de tout ce que tu as, même si c’est peu, nous apprécierons.

N’attends pas des bravos trop tôt.

Toto !

Artiste libre : 1) tout être humain autodidacte, 2) qui se dirige lui-même, 3) qui s’instruit tout seul, 4) qui pense par lui-même, 5) et dont le métier est de naître, de vivre et de mourir de sa seule présence, avec sympathie et imagination, 6) être humain accompli dont le comportement, les actes et les œuvres sont empreints de non-violence, de compassion, 7) qui se doit d’exprimer ses sentiments, colère ou chagrin, joie et espérance avec retenue, 8) d’aucune appartenance partisane, 9) qui ne cherche pas la gloire ou les honneurs, 10) dont la première qualité et le privilège est le don de soi.

Public : 1) qui possède le privilège de recevoir ou de non-recevoir les dons offerts par un ou des artistes, 2) rare : qui se reconnaît dans une œuvre intellectuelle : un public de privilégiés.

Art de vivre : métier de l’être humain.

C'est ce que m'a confié mon âne. J'invente des réponses aux questions de l'imagination. Mon âne connaît le chemin, il sait trouver nourriture et eau. Je marche derrière mon âne en jouant du pipeau. Les oiseaux volent au-dessus de la clôture des cultures en chantant ma mélodie. Mon âne sourit en mangeant un chardon. Mon oralité c'est le silence blanc de la destinée qui m'est offert en cadeau avec le présent éternel. Alors, tu vois, je marche toujours derrière mon âne pour rester bête. Et je joue du pipeau.

Nous avons différentes langues et parlures en plus de celles qu'on invente tous les jours et des poètes y ajoutent des musiques instantanées et des savants y trouvent des répliques uniques. Barbarie prend tout mais pas nos rimes volages ou nos pensées vagabondes. Barbarie s'en fout elle n'a qu'un mot pour tout.

C'est mon métier de conter des histoires.

Je ne suis aucunement dans mes contenus, je suis un grand truqueur, menteur et magicien, Je peux écrire, jouer et me faire prendre pour n'importe qui et faire croire n'importe quoi. Par exemple: quand je publie des photos ou des textes érotiques, c'est pour provoquer l'ire des hypocrites et la censure des puritains; je prêche aussi souvent le faux pour voir le vrai surgir dans des commentaires, je m'amuse beaucoup à dévoiler mes adversaires, révéler les idiots spécialistes de la Vérité. J'adore jouer, je joue tout le temps, je suis souvent entouré d'enfants et je fais rire mes femmes, mes amis toujours me réclament une blague. Je suis un impénitent, je joue, je suis content. Je ne prends au sérieux que le jeu; du matin au soir et du soir au matin. Je joue. Je ris. C'est toute ma vie. Je mets en scène la comédie et la tragédie. Je ris. J'énerve les mal-nés et les prétentieux et les constipés. J'enquiquine les nations, les religions, les idiots logiques, les misogynes et les misandres, les violents, les impuissants. J'aime refaire le portrait des exploiteurs, des voleurs et des coquins. Voilà comment j'occupe ma vie en vacances, je n'ai pas une minute de congé. Quant au boulot, il me court après! Les bergers comme les moutons travaillent pour moi: JE- SUIS-LE-LOUP ! OUH ! (écho...). Bon, ça finit là mon écrit du jour, je vais prendre ma guitare et me jouer des airs, inventer la suite de ma symphonie, ma vie !

Chers amis de la culture,

N’oubliez pas que vous êtes les héritiers des travailleurs qui ont construit les outils de l’action culturelle dans le but de développer l’éducation populaire.

Que les gouvernements n’en n’ont jamais voulu et que la démocratisation de la culture est entre les mains des marchands.

N’oubliez pas que les premiers festivals étaient de simples fêtes improvisées pour nous rencontrer autour d’un même feu.

Que n’importe qui qui avait quelque-chose à donner pouvait y participer.

Qu’il n’y avait pas de compétition entre nous mais la joie d’offrir aux autres ce que nous avions trouvé de mieux.

Qu’il n’y avait aucune oligarchie ni hiérarchie.

Que l’amitié est l’égalité des amis.

Qu’il n’existe pas d’être humain sans culture.

Dommage que des artistes essayent de nous convertir au sens unique et particulier des religions ou de leur idéologie plutôt que d'ouvrir le cercle à tous les points de vue possibles et d'en donner ainsi une lecture riche de connaissance universelle.

Quand on a la responsabilité d'un artiste, il faut essayer de toucher le cœur et l'intelligence de chaque humain plutôt que d'essayer, de forcer les gens à rentrer dans le même sac, dans le même enclos où l'imagination et la pensée se figent en des symboles accompagnées des acquiescements serviles.

Les "vérités" que l'on récite par cœur sont des mensonges et, ici, l'artiste se transforme en commentateur érudit officiel des pouvoirs divins et/ou fait une raison d'État au mensonge et fixe l'ignorance à tout jamais. Les humains qui auront la patience de l'écouter, de le lire ou de regarder son œuvre jusqu'au bout avec toutes les références souvent obscures qui servent à faire croire que l'on à faire à une intelligence supérieure, à un spécialiste, les humains rendus besogneux n'ont plus qu'à dire amen ! C'est le réflexe de gens convertis que l'on sollicite et à qui on a lavé le cerveau et conditionné le comportement.

À force de vouloir être tous pareils, on devient insensibles.

Nous n'avons pas tous le désir de nous soumettre à qui ni à quoi que ce soit.

Écrit sur la reliure de l'aventure:

Je n'ai aucune confiance dans la religion - sans dieu - des psys. Quant aux spécialistes de la poésie, encore moins. Poètes de salons ne connaissent que de raison mais ne subissent point l'humeur des misères ni les joies des bonheurs des aventuriers qui inventent leur vie en écornant les pages du vent.

La plupart des poètes n'écrivent point et encore moins ne parlent parce qu'ils fuient ce qui les arrête en écoutant le clique-claque des vaguelettes des dérives et ils guettent le ciel pour y percer une route entre les étoiles où ils feront escales au bras des Lunes.

ÉLOGE DU BLASPHÈME

L’art de l’insulte est pratiqué depuis les anciens, avant le big-bang et les prophètes et Darwin lui-même qui la pratique quand il nous dit qu’il faut que notre espèce humaine s’adapte si elle ne veut pas disparaître. Le poète en a fait ainsi et l’art de s’insulter est même réservé à une élite de gens sans raisons qui ont l’esprit fin mais pas toujours malin dans des réunions au goût scabreux, au titre suspect de rires et de conneries.

L’insulte a le droit à tous les états et ses vocables sont infinis ce qui donne toujours plus de piquant pour des rimes qui ne riment pas toujours à rien : demandez aux chiens!

L’insulte est grossière et bien grasse et sent la sueur et les pieds sales quand elle est populaire. L’insulte est vulgaire et méprisante et pue la merde quand elle est bourgeoise.

Un peu de sérieux et l’insulte se trouble et retourne dans les égouts de l’esprit sain qui nettoie ses petits coins sales.

Ceux et celles qui n’aiment pas l’insulte sont des gens pas très propres qui font semblant de faire leurs ablutions mais qui ne font que mettre du maquillage sur le vrai visage de leurs intentions meurtrières : tuer le rire, emmerder les rigolos qui font de chaque instant une fête. Mon dieu est grand mais avec le tien ça fait plus grand puisque dieu plus dieu égalent quatre et un cinq dans tes yeux, ducon!

Heureux celui qui n’est pas aveuglé par la lumière des fous, heureux celui qui laisse venir à lui le mystère et s’en contente.

Et c'est alors que

tu te dois de délivrer beaucoup,

c'est le don qui l'exige.

Et c'est le dieu, la nature, la providence qui

t'ont donné le don gratuitement pour

que tu l'offres

aux humains,

et alors parle,

même si ta parole

est amère comme la mort,

même si ta parole est

LA mort,

parle !

être simple

riche des vraies richesses

savoir être au monde

exciter le courage

dire qu’on est capable

de grandir et de mûrir

dire qu’on est fait

pour échouer toujours

et gagner des mirages

mais ;

s’il vous plaît

point de culte

ni d’armée

mais ;

la digne solitude

pour livrer le combat

chaque jour recommence

sa triste romance

Et que Pierre jette sa pierre

Fût la triste prière.

Les fossés sont le lit des trouveurs ;

J’ai gardé ma pierre dans mon poing dormeur.

Pierre a jeté sa pierre :

C’est la boue de son cœur ;

C’est la boue du malheur.

Quand son âme s’est envolée

La poussière était voile du deuil

Qu’un peu de sang vermeil illuminait.

Pierre le vivant pour qui danse la nuit,

Sous une pluie de chaudes larmes

La cacophonie des sens mêlés

De brume et d’amertume

De rage criante

D’espoir.

D’appel et de silence.

Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance et de la peur à l'amour.

Faire de l’art : 1) maladie à la mode, 2) profession des bons à rien, des oisifs, 3) loisir d’enfants gâtés pourris par la consommation des produits de l’industrie culturelle, 4) culte du petit moi haïssable, hédonisme, narcissisme, égocentrisme, culte de la personnalité, masturbation de pauvres cervelles, performance d’idiots.

Artiste engagé : a) préposé à l’animation des orgies bourgeoises, b) défendeur des bonnes causes à l’ouverture des marchés, c) artisan de la propagande idéologique.

Il faut s'adapter sinon on crève. Je parle la langue que je veux. Je ne parlerai jamais une langue nationale. Je parlerai à l'envers si l’envie me prend; je peux aussi et plus certainement vous dire qu'en général je parle une langue qui est seulement comprise par les amoureux. La vie est poésie, mystère et nous n'avons pas besoin de professeurs du déluge. Le français n'est même pas ma langue maternelle et mes vocables sonnent parfois d'étrange façon. Et qui est-ce qui me comprend dans ce monde où on échange des tas d'informations mais si rarement des paroles venues du plus profond de soi, des mots anciens qui prennent nouvelles allures au jaillissement de ma bouche. J'invente ma parlure au gré de ma fantaisie et tant pis si je suis le seul à me comprendre, je passerai pour un fou pour les flics de la pensée. Il n'y a que les gens libres et les fous qui me comprennent. Et ceux que je touche embrasent mon cœur de leur seule présence. Et mon cœur comprend toutes les langues de Sympathie. Les gens sont malades par absence d'imagination; les voici victimes de leurs croyances.

- Il n’existe pas d’être humain sans culture.

- Sans culture de bactérie?

- Je conçois !

- Si sinon le mot inculte n'existerait pas en tout cas moi j'en ai connu.

- Les incultes n'ont pas la culture que tu crois être LA culture. La culture humaine est universelle.

- Je n'ai pas votre culture pour moi vous êtes trop subtil

- Sans culture ça devient des légumes…

- Y a du bon dans les légumes.

- Bon à tout faire confesserait certaines ménagères!!

- C'est quoi être humain ?... Dessine-moi un mouton...

- Quand tu auras compris que les ménagères sont aussi des êtres sensibles et intelligents, tu sauras te faire aimer par tout le monde parce que tout le monde se sentira compris par toi, par ton cœur, que tu auras du cœur, avant ta cervelle prétentieuse.

- Tu m’as vite cerné classe on a de la chance de t avoir très sympa merci!

- Cette notion "d'inculte" est intéressante...elle raconte aussi à quel point nous sommes "asservis" à des valeurs qui nous impose ce qu'est "La Culture", une culture intellectuelle, bue directement au sein de nos systèmes d'enseignements classiques c'est à dire pyramidaux : le "sachant" penché vers "l’apprenant", le maître vers l'élève...

- Boris Cyrulnik a été le premier à mettre un coup de pied dans la fourmilière de ce système asservissant avec la notion de "résilience" et moi qui travaille avec des précaires, sans abris aux trajectoires diverses et parfois très éloignées de l'Éducation classique, je peux affirmer qu'il existe un camaïeu de savoirs comme de "cultures" assez impressionnantes.

- Chaque être humain est une somme étonnante de savoirs acquis et/ou inventées au fur et à mesure de ses pérégrinations...et il serait grand temps que les tenants de La Culture s’intéressent à cette palette de "cultures alternatives" sans pour autant les ingurgiter pour les digérer à leur façon et les régurgiter exsangues et dénaturées...mais ce n'est que mon humble avis... juste envie de la partager.

- Ce qu'on appelle « la culture » n'est que la somme des biens volés ou reconnus de façon condescendante et humiliante aux individus et aux peuples vaincus par les dominateurs et contrôleurs de l'Humanité. Ce sont les vainqueurs qui écrivent l'Histoire.

- Rosas Parks a écrit l'histoire, Gandhi a écrit l'histoire...et tant d’autres...

- L'Histoire est donc la somme des histoires de chaque individu et ce qui leur est commun est universel: la peine, la joie, le rêve.

ILS ONT TUÉ NELLIGAN*

Je ne voudrai pas crever avant te t’avoir donné

Mes restes de pluies et mes brisures de soleil

Je ne voudrai pas crever avant de t’avoir offert

Mes coups de vents et mes douces larmes

Je ne voudrai pas crever avant de t’avoir chanté

Tout le chant de ma gorge où pousse un cyprès

Si je ne chante pas pendant les beaux jours

Je mourrai d’espérance après les labours

Si je ne peux vivre comme le rossignol

C’est parce que les chiens sont des guignols

Si je suis arrêté par les polices

C’est que les ratés sont complices

À force de volonté j’ai bien vécu

Malgré les malheurs j’étais heureux

Et si ton cœur m’a élu

Anonymes nous étions nombreux

Nous n’étions pas les méchants

Quand ils ont tué Nelligan

*Émile Nelligan (24 décembre 1879 à Montréal - 18 novembre 1941 à Montréal) est un poète québécois (canadien)

Ils seront toujours prêts pour me tuer, moi, vagabond apatride, homme-vent!

Leur indifférence polie à l'égard des sans dieux, des orphelins, des apatrides témoigne de la limite de leur tolérance qui est donc de l'intolérance.

Ils ne nous opposeront que l'opinion de la majorité d'entre eux ou bien les opinions autorisées des marginaux admis dans leurs partis, mais, ils ne pourront rien contre l'opinion la plus forte : l'opinion personnelle.

L'opinion la plus forte est celle des gens les plus forts et les gens les plus forts sont les gens les plus seuls.

Les gens les plus seuls parce qu'ils sont les gens qui pensent par eux-mêmes.

Ils ne pourront avoir raison que par le mépris, l'insulte, les menaces, la violence et l'extermination des gens libres qui pensent par eux-mêmes.

Je déteste le mot: francophone. Ce mot est laid à entendre. De plus il signifie littéralement: qui entend le français. C'est à dire que c'est une personne qui ne comprend pas forcément le français mais, l'entend; le reconnaît.

Francophone: qui reconnaît la langue mais ne la connaît pas. (Français est un mot allemand pour désigner les Francs).

Le mot franc signifie: libre.

Le français est une langue vivante, faite de chair et de sang; langue sensuelle qui fait sens. Il suffit de la parler, de la chanter où de l'écrire, de la lire pour qu'elle vive.

La "francophonie" est une ruse inventée pour continuer un certain colonialisme. Les élites dominantes comme les élites jouant la soumission font la propagande de la société de consommation. Vous devez avoir une opinion parmi les opinions à la mode, une opinion admise, sinon vous êtes un ennemi de la société.

Francophonie est une marque de commerce.

Je ne parle pas francophone, je parle français!

Je ne suis pas français, je m'appelle Pierre!

Et je suis libre car j'ai le droit!

De faire ce que je dois.

Le verbe interagir, c'est le contraire de dialoguer, c'est le combat entre des belligérants qui utilisent toutes les armes de persuasion, d’intimidation, de manipulation afin que le ou les autres agissent suivant l’idéologie du plus dominateur, du chef (la plupart du temps celui du plus nombreux, le troupeau moutonnier).

Interagir c’est le contraire du dialogue, le dialogue où, pour échanger des paroles personnelles et provoquer l’écoute, il faut le calme, la paix.

Une seule action dans le dialogue : parler. Parler pour voir l’autre qui nous écoute et entend ce qu’il voit de nous. Et voir c’est lire dans les pensées de l’autre.

L’interaction c’est la lutte, le combat, la bagarre.

L’interaction c’est la guerre.

Et la guerre c’est la fin de la parole, des questions, du dialogue.

La guerre c’est la fin de tout.

Pour provoquer des disputes il suffit de faire des différences entre les êtres humains.

(exemple : séparer les hommes des femmes; les générations; les croyances; les nationalités etc.)

Nous sommes tous des êtres humains égaux mais la parole individuelle nous distingue les uns des autres par notre personnalité.

Les dominateurs veulent nous empêcher de parler, d’échanger nos points de vue personnels.

Pour provoquer la guerre, il suffit d’interdire les questions et d’imposer une seule réponse à tout.

Et il n’y a jamais de vainqueurs dans la guerre il n’y a que des perdants.

Quand on n’ose plus parler, on accepte.

Toute parole est utile au présent.

Les mots entendus révèlent notre présence au monde.

Dans la guerre on entend la guerre.

La violence n’a pas d’argument.

La violence, parole des faibles.

JE VOUDRAI ÊTRE UN ARCHITECTE

Je suis arrivé sur cette planète il n’y a pas longtemps.

Je suis navré de tant de laideurs physiques et morales.

Je suis allé à l’école du ciel.

Les oiseaux ne croient en rien et moi je m’appelle Pierre.

Les autres sont victimes de leurs croyances.

Il n’y a que les fossiles des rêves avortés.

Et le vent qui emporte toutes les rumeurs de fin du monde.

Le cri des humains à qui la paresse de volonté a arraché le cœur.

Le cri des femmes et des enfants qui sont la douleur.

Et la méchanceté pour toute morale.

À cause de la timidité des meilleurs.

Je voudrai être architecte pour déconstruire la laideur.

Mon associée serait dame Nature et ses créations fantaisistes.

Mon copain serait le poète, celui qui était là avant le grand boom.

Mon collègue serait un savant qui me conseillerait de ne rien prendre pour définitif et qu’on devrait attendre demain pour prendre des résolutions étant donné que nous avons toujours le nécessaire pour la fête : de quoi boire, manger et rire, après la journée de palabres.

Pendant ce temps Dame Nature sera toujours la plus mature et reprendra ses droits en laissant les éléments aller au Bon Hasard. Et nous serions subjugués à chaque instant de l’éphémère beauté de ses créations. Les poètes écriraient une chanson qu’ils intituleraient : « SACRÉE ».

L ' HOMME FRONTIÈRE

Peu importe l’heure à laquelle vous sortez, il est toujours là, sur le qui-vive, avec son quo vadis. Vous ne pouvez aller n’importe où, n’importe comment. Parce qu’il faut être capable de répondre à des questions dont la réponse est la question même. Vous êtes joueur ou vous êtes le jouet.

Vous formulez les mêmes réponses aux mêmes questions et gare à ne pas changer une seule lettre car alors vous seriez tout de suite le jouet de la suspicion. L’homme-frontière met les points sur les i. Et vous lui faites des « Ah ! ». Pour ne pas être le jouet qu’il voudra garder entre quatre murs.

Questions identitaires. Questions mercenaires. Et réponses exactes. On appartient aux questions. Ou bien l’on garde le silence. Le silence dangereux. Dangereux comme la peur. Votre empêchement de ne pas pouvoir parler votre propre langue. Et que, pour continuer à vivre il vous faudra user de patience et de ruse.

Vivre est votre seule chance. Mais il vous faut inventer des liens imaginaires avec ce qui ne vous attache pas parce que la liberté a un prix fixe. Lorsque l’on marchande le prix de sa liberté, on se passe soi-même les menottes. L’homme frontière garde la clôture des cultures. On reste parqués ou l’on possède un laissez-passer.

Que l’infini nous donne du temps pour les réponses. Du temps, au temps. Que la joie de vivre éphémère dure aussi longtemps qu’il y aura toutes les questions sans réponse. Parce que les réponses sont dans la question même. Et ce sera toujours la même question. La même indifférence.

Il n’y a que l’amitié qui ne possède pas de frontière. La saine fraternité des êtres qui savent vivre, libres de toute réponse. Et l’homme-frontière arpente la planète pour contrôler les joyeux qui font de chaque instant une fête. Un carnaval de pauvres. Des pauvres qui n’ont de vraies richesses qu’ils prennent à même leur joie de naître, de vivre, et de mourir.

Pour connaître l’homme-frontière, il aura fallu naître sur toute la Terre, et inventer. Parce qu’au début nous ne savions rien. Nous avons tout inventé. De toute pièce. Une identité. Un monde d’imagination pour épater les amis. Un monde hospitalier. L’homme frontière n’a pas d’amis car il n’a rien à donner qu’un monde fini, qu’un monde ennuyeux.

Les oiseaux ne croient en rien et c’est tant mieux.

L E S B O H É M I E N S R O M A N T I Q U E S

Tenant la hampe d’un drapeau, comme fac-similé du pouvoir de la gang altruiste, ils avancent d’abord en désordre puis par groupes d’étendards. Au rythme de troupiers, ils scandent des syllabes à fleur de noms, mais ce qui les flatte et les ragaillardisse c’est la grivoise, et la paillarde en onomatopées grossières. Et jamais les bourgeois vulgaires n’imaginent meilleure poésie que celle du con pas toujours ignorant.

En fin de partie les gagnants du vedettariat prouvent la déjection d’eux-mêmes en créant de toute pièce des objets parfaitement inutiles et qui finissent dans la nature après qu’ils se sont torchés avec du papier monnaie. Les résidus sont de la pollution mentale, qui, recyclée et revendue, active le désir inextinguible de posséder tous les objets, dans l’euphorie d’un drogué qui s’enfile sa dose tant convoitée, corps et âme damnés.

Poésie syndiquée d’une meute vindicative, qui chasse hors du cercle ceux qui n’offrent pas les mêmes prérogatives pour le succès de l’industrie de l’abrutissement. Le chômage puis l’oubli pour ceux qui n’ont pas leur numéro sur la liste.

Si le chômeur reste un travailleur, les oisifs sont fainéants. Il faut croire que le chômage libère. La bourgeoisie vulgaire est la merde de tous les vices.

Combien d’enfants passent par la ruelle avant d’être vieillis d’un coup ? Nous avons des gardiens de l’enfance. L’armée, les croyances, L’école. Les adultes se gardent entre eux. Leurs cerveaux sont très policés.

Alors, ils se sont mis en route, fuyant la misère et son grabat. Ils se sont retrouvés sur la ligne, serrés par des officiers qui contraignaient toute velléité de révolte en les uniformisant. Les officiers faisaient un seul corps avec eux. Et ces gangs du plein air, jetant les dernières graines de ce qu’ils auraient pu devenir en ayant courage, ils se sont vêtus d’une peau anonyme. De soldat de plomb à soldat de chair. Un soldat ce n’est personne. Ou plutôt une personne sans quelqu’un dedans. Tout est dehors : phalliques l’épée et le bazooka qui lui donnent l’air viril. Il n’y a rien de viril dans un tueur. N’importe quel doigt peut appuyer sur la gâchette : un animal, en général.

Les spectateurs se prosternent, se trémoussent, s’infligent des supplices, adorent l’idole qui les drogue de puissants fantasmes de séduction, pour le marketing guerrier des exploiteurs. Après le sermon le diable branle sa queue. Le ministre du culte se prend pour un auteur et fait des phrases sans fin. À la fin du dîner, un journaliste dépendant lui pose la question con, venue à sa bouche d’égout : Monsieur le sinistre, pardon, monsieur le ministre, combien avez-vous dépensé pour votre repas de midi ? Une cinquantaine de dollars, et encore, je prends le menu le moins cher et ne bois que du vin après l’apéro, et puis, aussi, un pousse café avant de rentrer en chambre, pour y défendre les intérêts, hic, pardon, de tous.

Se débarrasser des objets inutiles pour meubler son cerveau ça rend plus léger pour flâner sur la terre. Les bohémiens romantiques sont des solitaires.

L’angoisse de la trace que le vent efface. Vous vous hâtez de vous reproduire, vous vous fatiguez à conserver les reliques, vous vous esquintez à fouiller les tombes, vous rabâchez les mêmes mots usés; vous voulez mourir embaumés, vous construisez des musées, des mausolées, vous vivez en effigie, bref, vous nous emmerdez ! Allez au diable avec votre ennui! Nous, ce qu'on veut, on l'a, tout de suite !

Continuez de croire et il vous arrivera toujours ce que vous voulez qu'il vous arrive.

Que vos dieux vous aident et que vos drapeaux cachent votre honte.

Mettez-vous au garde-à-vous et dîtes amen !

Le seul paradis possible est notre planète Terre dans l'éternité du présent. Certains y construisent l'enfer, d'autres y vivent le purgatoire. C'est dieu qui fait tout qui fait les paresseux. Oyez, les maîtres, faites siffler vos fouets; oyez esclaves, tirez sur vos chaînes! Que de bruits et quelle poussière!

L’école est destructrice de l’art et de la science.

Ce ne sont pas les gouvernements qui forment les grands Hommes mais la nature. Les programmes d’éducation nationaux sont policés et donc ne peuvent former des poètes.

La nature lègue des dons et des talents particuliers à certains êtres humains. Le maître est donc celui qui sait les choses en venant au monde.

Le premier savoir réunit les sciences intuitives que nul ne peut consigner dans un livre car il n’existe pas de langage pour formuler leurs règles (à part la mathématique pure et ses logarithmes; mais là, il n’y a pas de génie reconnu édité).

Le second savoir est l’imitation. L’être doué recherchera les maîtres anciens (qui renouvèlent la tradition et donc l’art de transmettre) et nouveaux (qui sont déjà jeunes maîtres) pour s’élever par des exemples de conduite morale et des modèles d’ouvrage.

Si par malheur, orphelin de tout, le jeune génie obligé se confiera à la nature. Car la nature dispense le bien et le mal, le laid et le beau avec mesure.

Le troisième savoir est l’éducation par le développement de la sensibilité et de la curiosité par des exercices quotidiens d’observation et de critique et d’analyse en même temps que les démonstrations du mode d’emploi de ses outils physiques naturels et des outils matériels utiles à son art que les anciens lui auront légué et, une fois qu’il en sera jeune maître (à la fin de sa croissance biologique vers 23-24 ans), il les améliorera, les adaptera.

« L’œuvre d’art est un arrêt du temps » disait, incertain, l’artiste. Un arrêt du temps pour les morts, peut-être. Le présent pour les vivants est éternel malgré la fixation temporelle des traces. Le vent remet tout à sa place et les artistes passent.

La bibliothèque est un trésor fabuleux qui nous appartient ! Profitons de cette manne universelle ! Les royaumes de l'esprit sont incommensurables. Les lecteurs de tous les pays sont unis par le livre.

Le livre est une des plus grandes inventions de l'être humain. Tant qu'on aura tous les livres de tous les êtres humains à lire et à écrire et à dire. On pourra défricher la terre et la cultiver.

La culture remplace la religion;

le show remplace la messe;

les stars remplacent les saints et les saintes;

le bizness remplace la quête;

la technologie remplace les ustensiles liturgiques.

Amène l'argent.

Police les gens.

Nous avons assez des trottoirs pour voir défiler les fantômes du grand soir des fins du monde. L'art est devenu un caprice de gens qui vivent trop richement. Ils ont tout mais, comme ils ne sont toujours pas satisfaits il leur faut choisir une bonne folie. La guerre fait des chefs d’œuvres.

LA MUSE

La muse se mire dans la mer qui reflète les étoiles au fond du ciel.

La curiosité de l'amoureux est l'expression du don gratuit qui grandit l'humain.

Quand le poète est inspiré par la muse, son souffle harmonieux crée la beauté.

La nature ne fait pas inventeur qui veut, c'est un chemin réservé aux preux.

Le travail ne suffit pas, il y faut la tendresse des Muses et la ruse des dieux.

La paresse est une qualité chez les gens qui savent qu'ils n'ont qu'une vie pour prendre des vacances et leur sagesse les pousse à laisser la place aux ambitieux et prétentieux de toutes sortes qui, pour gagner un paradis hypothétique construisent le néant. Le vent effacera ma trace sur le sable et cela ne m'angoisse guère puisque c'est tout ce qu'il y a à faire, boire le soleil, goûter la caresse du vent, la douceur de l'eau, s'ébahir la nuit du feu d'artifice des étoiles qui restent allumées pour les poètes et les aventuriers de l'Univers.

La pauvreté mondiale

(Titres de poèmes épiques)

• La mondialisation de la pauvreté

Un génocide économique

Des droits garantis aux banques et aux sociétés multinationales

• Des faussetés

Manipulation des données

La pauvreté établie

• Dissimulation de la réalité

• Un plan pour pays riches

• Les intentions cachées

• Famine et guerre civile

• Austérité du budget, gonflement de l’armée

Le financement des dépenses militaires

Les détournements de fonds

Les importations d’armes

Le financement des deux parties adverses de la guerre civile

• Ruine de l’économie paysanne et destruction de la biodiversité

L’impact de la famine et l’implosion sociale

• Des millions de ruraux sans terre

Les décès par la faim

Renforcement de l’exploitation de caste

• Installation de la dictature militaire

Démocratie de façade

• La guerre économique

La famine

• La concentration de la propriété foncière

La destruction de l’éducation

Effondrement du système de santé

La résurgence des maladies contagieuses

• Réunion des banquiers en fête

Les magnats capitalistes se partagent les dépouilles

Établissement d’un régime colonial et «libre marché»

Coloniser

• La saga de la dette

• La pauvreté au moindre coût

• Des spéculateurs ravis

• Le blanchiment de l’argent sale

• La main invisible qui écrase

Le largage des travailleurs

La politique de désintégration à la mode coloniale

Établissement d’un État mafieux

• Le programme de faillite

La course au trésor

L’éclosion de maladies endémiques

La criminalisation de l’État

Des armes et des munitions

• Le crime organisé investit dans des affaires légales

Recyclage de l’argent sale

• Le nouvel ordre mondial

• L’accumulation de richesses privées

Le gonflement des dettes publiques

• Concentration de la richesse

LA POÉSIE NE S’ENSEIGNE PAS

La poésie ne s’enseigne pas

La vie ne s’explique pas

Les professeurs de poésie sont des escrocs

Qui prennent à la vie et volent aux poètes

Trompent et prennent le faux pour du beau

Car sans talent les professeurs font la quête

La poésie ne s’enseigne pas

La vie ne s’explique pas

Le poète est là où on ne l’attend pas

Vous ouvrez la porte il est là sur le pas

Le poète surprend à tout moment

Son poème n’est pas ce qu’on entend

La poésie ne s’enseigne pas

La vie ne s’explique pas

J’enseigne là ce que je ne connais point

Le vrai du vrai est bien trop malin

Qu’on ne peut l’obliger à parler

Il opère comme un silencier

La poésie ne s’enseigne pas

La vie ne s’explique pas

La musique c’est la musique

La musique c’est assez

Pour faire rimer le silence

Et faire parler ce qu’on pense

La poésie ne s’enseigne pas

La vie ne s’explique pas

LA POÉSIE, POURQUOI FAIRE?

La poésie est la vie en noir et blanc et le rêve en couleurs. La poésie est le silence et les cauchemars bruyants. La source du poème est le sang du vivant et le sang de la Mort. Le poème bafouille incertain ou rêve d’éloquence. Le poème créé le chaos et rend inutile le désir parce que l’Humanité ne peut plus vivre sans lui.

L’état d’esprit poétique est tragique quand il veut et comique quand il peut. Les spécialistes le cataloguent dans leurs bibliothèques où ils traquent les auteurs et les enferment dans l’Enfer des États prisons.

La politique consiste à faire des gens libres des gens dangereux comme la peur qui réveillerait les fantômes de nos êtres oubliés et de nos corps négligés.

Les politiciens doivent empêcher toute tentative de terreur et de piraterie.

Et cette tentative, les politiciens sont forcés de lui donner des noms : délinquance et voyouterie.

Ils ne nomment pas ici les modernes, les anciens ou les futurs qui sont toujours bons vendeurs.

Les mauvais états d’esprits négatifs et rétifs ne les intéressent pas.

La poésie est par sa nature bonne à rien et mauvaise pour tout.

Les auteurs de poèmes délinquants et de voyouterie visent à détruire la réalité, la religion sacrée de l’État.

La profondeur et la justesse des vues politiques répond du faire semblant des accusés délinquants; et l’exactitude des jugements politiques se défend de la superficialité des souffrances des voyous torturés.

La profondeur de la religion politico-poétique des États est leur complexe d’impuissance lié à la recherche de la jouissance.

Au moment suprême, encore et toujours à atteindre, malgré les manœuvres masturbatoires, les États atteignent seulement à l’éjaculation précoce - qui leur suffit pour le profit immédiat.

Pas de temps pour la curiosité ni les flâneries ni pour les dons gratuits sans promotion de marchandise.

L’architecture unique de la foi Étatique unie ses sujets malgré le vide personnel des individus - en apparence seulement - car quel que soit leur position, pendant le coït anal (l’enculage généralisé des peuples), les États sont réels, en opération, et les fantômes des apostats grimacent. Qu’on les dénonce et déjà leur ombre s’efface comme une trace dans le sable des déserts qui ne se connaissent pas.

Les États refusent la réalité des délinquants.

Les fonctionnaires, religieux des États, effacent les chemins des voyous qui voudraient donner un sens à leur mort.

Un seul et unique chemin tordu autour du poignet de fer du dieu Dollar.

La poésie des États est donc un non-conformisme absolu réservé aux nantis dans leur salon. Les fonctionnaires jouent à construire le néant et des enfers en résistant au réel humanitaire. Ils ne sont pas des prolétaires. Ils ont une vision du paradis à l’échelle de l’État. L’heure est à eux-autres nantis, contre le travail, mais au cœur de la machine pour faire des humains des super-robots.

L’heure est venue de l’expansion des États afin de coloniser la poésie en tuant les poètes.

La qualité principale d'un artiste est de s'adapter sinon, il crèvera. Alors, au boulot et que l'imagination règne en vous qui devrez toujours ouvrir votre chemin tout seul et n'accepter jamais que quelqu'un cache votre soleil. Le baratin c'est l'immobilisme des cocos qui croient que le cocorico donnera aux poules le pouvoir de pondre des œufs. Vive la crise qui nous permet d'être toujours présents dans le vif du mal pour en prescrire les remèdes. Les poètes ne seront jamais là où on les attendra. Les professionnels attendent un salaire. Le vrai artiste n'attend rien, comme l'oiseau il picore ce qu'il trouve dans son vol et chante comme il peut avec la voix qui lui reste. Et si les plumes restent sèches, il ne faut pas en vouloir à l'encrier. L'oiseau de sert à rien, ni ne s'engage, ni même ne croît et c'est tant mieux pour la poésie qui n'a pas de rivages. Comme le parleur qui avale sa langue et qui se met à s'agiter pour dire encore ce qu'il ignore. La vie a ses secrets que même la mort ne peut emporter. L'artiste qui demeure sait que le présent est le cadeau offert, que le don est gratuit, qu'il est le don, qu'il est né, qu'il vit et meurt pour donner. Les beaux discours sont les habits de ceux qui viennent prendre aux autres ce qu'ils envient; et c'est la liberté qu'ils ne veulent ni ne peuvent se payer parce que trop chère pour les médiocres salaires, la liberté pour laquelle on hait et fait la guerre à coup de marchandages. La culture est un bon mot pour faire croire que l'on fait bon usage du droit des autres; la culture est un alibi pour mettre les oiseaux en cages; la culture est un vain mot pour celui qui met la main à la plume ou pousse la charrue. Les têtes et les bedaines pleines ignorent la fin de toutes les faims. Le temps des cerises ne connaît pas la crise et le merle moqueur picore son bonheur. Ces mesdames et messieurs des élites craignent de devoir gratter la terre et se salir l'ongle; les gens cultivés craignent la sécheresse de leur porte-monnaie. Que le vent emporte mes paroles !

La rage c'est bien de la gueuler en présence de tes maîtres, mais moi, j'aime le calme et la sobriété. Il n'est pas nécessaire de crier au loup surtout quand il n'y en a pas. L'on peut tout dire ou sous-entendre avec des fleurs, dans la joie la bonne humeur avec une jolie mélodie et même en faisant danser. Les braves gens n'ont pas à être agressés, ils subissent assez de malheur dans leur journée et, même s'ils ne répugnent pas à tout entendre, ils ont besoin qu'on les charme tout en éloignant le mal, en les guérissant, qu'on les berce en provoquant l'amour. Je dis bien l'amour car c'est bien cela que d'abord chantent les troubadours, l'Amour avec un grand A qui éloigne toute terreur et conspue ceux qui se disent les maîtres du monde. Mais pour chanter l'Amour il faut avoir reçu le don car c'est un privilège que d'évoquer le grand mystère. L'interprète doit savoir le mode d'emploi des outils pour faire parler les choses, pour extraire de la matière et de l’innommé le sentiment profond qui donne sens à nos destinées. Et ainsi seulement et en grande santé, dans le calme et la sobriété, l'interprète peut conter dans le cercle.

LA VIE EST UN RÊVE

1

La vie est un rêve

État de poésie

Synonyme de la vie

C’est là

Un rendez-vous avec vous-même

Un livre qui soit vous

Un livre ouvert

Un livre à défricher comme une terre

Qui livrerait ses fruits

Cela délivre

2

L'art est voué à l'errance

La foule est morte

La liberté est le seul prix que personne ne veut payer

La foule est le dictateur

3

De simples fêtes improvisées

Pour nous rencontrer autour d’un même feu

L’amitié l’égalité des amis

Il n’existe pas d’être humain sans culture

Qui a encore faim de justice de pain d'amour

4

Je pense à toi, je pense à toi

À ce livre de poèmes composé de tes cris arrachés à la douleur

Et je ne voudrai pas crever

Avant de t’avoir donné ce que je dois te donner

Sur les trottoirs la glace est dure comme l'acier

L'ombre des passants sur ma peau de chien me fait frissonner

Et le vent puant ronfle dans le ciel merdeux couvrant la terre de pus

À la rue ! Libre de circuler; mort si tu t’arrêtes en chemin

Les pierres dans la gorge je quête un sourire

Y aura plus de musique car je vais mourir

Les bonnes gens diront c'est un étranger on ne lui devait rien

Et à leur chien ils donneront du pain et des câlins

Je n'ai jamais eu besoin de croire pour aimer

J'ai aimé tout de suite ce monde qui se donne à aimer

J'ai aimé tout de suite ce monde qui se donne à connaître

Et quand je l'aurai connu je le quitterai

Je n'avais pas encore les mots que j'aimai

Je suis un amoureux qui se donne à connaître qui se donne à l'autre

Le mot amour est ce monde à aimer

Les autres mots de nos maux sont l’injustice, la famine et la folie

Il n'y a que des portes fermées par la mort

Qui m’enterre vivant avec mon trésor

Ce n'est pas le froid de l'hiver

C'est votre cœur de pierre

5

On attend quelqu’un et puis il en vient un autre

Un étranger de la planète Terre

Le pays de tous avec pour seule frontière

Le ciel si beau même avec des nuages

On attend quelqu’un et puis il en vient un autre

Qui aime sans compter n'accepte pas la charité

Tu portes un nom bien à toi

Chaque personne a quelque-chose

On attend quelqu’un et puis il en vient un autre

Regarde-toi, tu n'es plus qu'ombre et le ciel n'a plus de feu pour toi

Les lampes sont pour les morts

Je t'avais dit qu'à mon étage il n'y a pas de porte

On attend quelqu’un et puis il en vient un autre

La liberté est le vrai courage

Nos enfants meurent de toutes les faims dans les ruelles du silence

Quelque-chose détruit l'innocence et impose sa tyrannie

On attend quelqu’un et puis il en vient un autre

Il n'est pas intéressé par quelque-chose qui ne s'offre pas à lui

Le vœu de pauvreté tous les jours de sa vie

Il faut repartir à la conquête nous donner ce qu’on se doit

On attend quelqu’un et puis il en vient un autre

Dans ce quartier de la Terre nous choyons la belle langue

Avec nos manières la parlant à chaque carrefour

Aller dire ce qui presse quand c'est le temps

6

Il n'y a que des êtres humains

Il n’y a que des imparfaits

Dans la souffrance et la difficulté

Pour fuir l'ennui qu'ils ont d'eux-mêmes

Ils ont des réflexes au lieu de réflexion

Et passent d’un fanatisme à l’autre

C'est dangereux qui suit les maîtres à penser

Les armées vénérées avec un sentiment religieux

Des cavernes aux tavernes aux casernes

Au prochain tour ils nous parlent d'amour

Nous arnaquent avec l'espérance

Nous retiennent avec la dette

Ce n'est pas tant la force des méchants

Que la faiblesse des meilleurs

Paresse de volonté et timidité morale

Personne n'a trouvé de remède à l'ennui

Il n'y a que des êtres humains

Il n’y a que des imparfaits

7

La nuit est une douce qui veille sur nous

Un rayon de soleil reste allumé pour celui qui veille avec elle

Toujours je veille

Et je passe chez toi

Parce que j'ai vu de la lumière

À la fenêtre de tes yeux

Tu vas naître

L'oiseau est ici pour chanter

Et s'il doit manger, il lui faudra chercher sa nourriture

Mais le chant il l’a trouvé

Qui était là dans sa gorge

Jusqu'à la fin des mondes l'être humain n'aura qu'une main pour tout confondre

Le signe et la trace

Le droit divin et la raison d'État

Éphémère du sang et de l'encre

D'un geste orgueilleux nous balayons le vent de poussière

Il reste l'écume de la mer

Le sucre est dans l'arche sacrée du cœur

Vagabond solitaire

Exilé volontaire

Je passerai dans l’huis de l'aube

Je ne fais que passer

Dis des mots à toi

Des mots qui viennent de toi

Des mots que t'inventerais

Je dis les choses dans la joie

Je danse avec ma bien-aimée

La vie malgré elle

Je chante mes soucis

Partage ma peine avec les amis

Ô, notre musicien

J'aime quand tu joues

Chantes avec les oiseaux

Fais danser mon cœur quand il est gros

Ça fait valser les fleurs dans les volées du vent

Un enfant qui joue

Qui erre et flâne dans l'air caressant

La couleur au noir et blanc

Dans le gris nonchalant

La belle du jour sourit aux amants

Les enfants jouent dans la ruelle ensoleillée de rêves

Les bas-fonds s'étendent à perte de vue

Les courageuses prennent un bâton pour corriger leurs bâtards

Les pères sont partis il y a longtemps

Il ne reste que des ruines

Le ciel est merdeux et des étoiles se sont éteintes

Bientôt la nuit absolue

Règnera le silence

Les armes sont la raison des assassins

Sous les pyramides sont enterrées toutes les femmes

Une s'est échappée et s’est réfugiée dans mon cœur

C'est pourquoi je pleure pour elles

Profites en tant que tu peux encore rire

Dis des mots à toi

Des mots qui viennent de toi

Des mots que t'inventerais

8

Tu n'es que rêve

Un rêve qui rêve

C'est la loi

La bonne foi

Qui s'aime

Fleurit sa vie

Qui s'aime

Donne des fruits

9

Avant de te connaître je m’ennuyais tant

Avec mes rengaines barbouillées

Un chanteur nouveau est entré dans mon cœur

Des paroles qui parlent vrai

Bravo magicien

Le pain et les paroles de nos vies

Nous appelons cela poésie

Raconter vrai

Entre chaque note passe la vie

Le tempo c’est le battement du cœur

Quelques-uns sont nés pour donner

Quand les autres ne savent que prendre

Faites circuler la monnaie

Où sont les marins

Et quand chantent les sirènes

Toutes les guerres sont inutiles

Pour faire la paix préparons la paix

Supprimons la misère nous aurons assez de la souffrance

Les atrocités commencent bien souvent

Dans les familles entre les murs des maisons

C'est le travail de la misère et de l'abandon

Il n'y a personne nulle part

Où sont les gens

Derrière l'esthétique

Non

Devant cette pauvre image.

Nous sommes tous bouleversés et confus

Aucune invention là-dedans

N'est pas artiste qui veut

Pas besoin de souliers de luxe pour aller de vie à trépas

Qui vous aime ?

Qui vous porte ?

Le bouffon du roi Fric met en scène la machine, il n'a rien d'humain, il ne connaît pas le prix du pain, il ne se salit jamais les mains mais son âme est sale et se commet avec les vestales de l'orgie et les sorciers de la gabegie des corrupteurs. Le peuple ne peut que lui lécher les pieds car le peuple ne se hisserait à sa hauteur que si l'intelligence était autorisée. Ce petit conformiste bedonnant pose son cul sur les stèles que les travailleurs de Babylone ont bâties. Seule la Mort écrit le mot fin.

À part ça, qu'est-ce qu'on mange et boit dans ce spectacle à grande chaleur esthétique ? Serait-ce encore une fresque nombriliste à destination de l'élite des marginaux plein de culture et trop intelligents pour nous regarder dans les yeux ? La minorité s'amuse à nos dépens. La majorité reste dans ses communautés "ethniques". La guerre bat son plein de prophètes et de profits. L'amour est un péché. La beauté une putain. Le bouffon du roi Fric fait le proxénète de service pour épater la galerie où se rencontrent les criminels et leurs créditeurs.

Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, à penser seul pour tous, - et, au besoin, contre tous. Penser. Penser sincèrement, même si c’est contre tous, c’est encore pour tous.

Le familier, le tribal, le national, le religieux, sont des folklores, des coutumes, des habitudes.

Tous les êtres humains sont cultivés par ce qui les rassemble : leurs peines, leurs joies et leur destinée.

Il n’existe pas d’être humain sans culture.

Nous aimons et nous souffrons de la même manière.

Le mal de dent, le mal d’amour, la joie de vivre, la jalousie, l’adversité, la mort, la naissance, le froid, la faim, la misère, l’abandon, les retrouvailles, l’amitié, la peur et la haine, la curiosité et le rêve sont le commun des humains.

Nous sommes tous une humanité, une terre à défricher, des graines à semer, des moissons à récolter.

Nous connaissons tous la brûlure du soleil, la caresse du vent, la douceur de l’eau, la poussière de la terre.

Nous sommes savants qui inventons des réponses aux questions de notre imagination.

Nous sommes poètes pour l’aventure de naître, de vivre et de mourir.

Notre art de vivre est l’art d’être humain.

Le repli identitaire cause des troubles sociaux tandis que l'acceptation de notre condition humaine individuelle et collective nous rassemble... Nous désirons autre chose et même aller au ciel parce que nous voulons nous échapper de notre exil terrestre.

LE RESPECT ? MON CUL !

Je n'ai rien à faire de votre respect monsieur, et je polémique sans gêne éthique et je jette l'anathème comme autant de pierres dans ma fronde. Espérer veut dire attendre et - je ne sais pas encore quel imbécile de philosophe vous citez- mais vous nous faites la preuve de votre aliénation volontaire. Les aléas de votre existence sont les signes de votre stérilité. Il n'y a d'éternité que le présent et c'est à prendre ou à laisser. Les humains de bonne volonté prennent tout, tout de suite et sont rois et soldats et poètes tout à la fois. La vie est une aventure réservée à l'élite des gens libres amoureux de vivre qui n'ont peur ni de naître, ni de mourir en suivant l'horaire du soleil de son lever à son coucher. La lumière du jour leur suffit pour voir clair dans leur rêve éveillé et l'ombre de la nuit pour dormir du sommeil des justes.

Le sédentaire crée des déserts. Le vagabond a toute la Terre sans frontière. Le nomade n'est jamais propriétaire que de lui-même; il invente sa vie en chemin. Il n'impose pas des racines mais se fabrique des souvenirs avec ce qu'il rencontre au hasard de ses pérégrinations. Il invente le temps pour lui. Il s'adapte à chaque étape et prend là son contentement. Les "racines" sont une ruse de nos ancêtres pour nous retenir dans des frontières imaginaires. Le vagabond - celui qui fait des bonds sur les vagues, passe au-dessus de la clôture des cultures. Le sédentaire apprend à haïr la liberté parce qu'il veut garder le contrôle sur ses propriétés.

LES AVENTURIERS

Les poètes flânent avec le langage

suivant des itinéraires inattendus.

Ils promènent à leur bras la déesse Liberté

qui créé le monde et enfante les humains.

Les poètes sont savants de naissance

et ont le cœur instruit de tout ce qui jouit.

Les poètes sont au pays d'Amour

et inventent leur vie suivant leur Fantaisie.

Toutes les langues sont mortes

quand la Poésie quitte la vie.

Toutes les langues sont mortes

quand la Liberté est haie.

Toutes les langues sont mortes

quand l'Amour est trahi.

LES CHACALS

Comme les piafs. Toujours à chercher à becqueter. Puis, sans paraître satisfait, à digérer l’humus dans la graine injectée. L’œil tourne de tous côtés, aux aguets des prédateurs et voleurs de la prochaine bouchée.

Cet oiseau-là fera ripailles de mon repas. Cet oiseau-ci, il m’en cuira si je ne m’envole tout de suite : il fera ripaille de moi.

Pas question de rébellion, il faut remplir le ventre le jour ; et la nuit se cacher pour dormir. Enfin, à l’heure de la mort, paraître insatisfait.

Les restes de notre passage, de notre vol ennuyeux, sont preuves d’amoncellements. Ruines sur ruines. Usure du temps. Tas d’orgueils.

Une feuille tombée pourrira et ce livre ne sera pas écrit. De l’arbre : que du papier. Et sa sève de l’encre séchée. La branche n’avait pas de stylet pour graver.

Nécessité de la sapience pour l’homo erectus. Inutile feuille qui va à son destin, sans détour. Il vaut la peine de vivre. La nature est besogneuse. Le travail de l’être humain est fait pour l’œil gourmand des dieux.

Les connards consomment les jouets de la violence en attendant de pouvoir tuer légitimement. Les artistes eux-mêmes participent à l'effort de guerre en exprimant toute leur méchanceté, leur inadaptation, leur servitude aux marchands de soupe populaire et aux fabricants d'armes. Ces néandertaliens cultivent la mort parce qu'ils ont peur de la vie. De leurs cavernes ils sont sortis pour se perdre dans les tavernes glauques de leur barbarisme. Les médias font la propagande de l'économie nazie. La prostitution est légale chez les décervelés. L'école leur enseigne qu'est-ce qu'une victime, qu'est-ce qu'un bourreau. Le jeu de rôles dans le décor de fin du monde. Cette fin du monde tant désirée qui leur procure émotion et éjaculation précoce. Les armes sont adorées avec un sentiment religieux. La guerre est une religion qui s'appelle défense. Défense de vivre. C'est la loi des troupeaux défendue par les pâtres qui les font paître dans les magasins de la consommation et qui administrent les patries, les gangs, les familles.

La vie fait peur

Y a des pourquoi et des comment

Faut manger tous les jours

On se colle un drapeau

On se soumet à des signes

La tragédie peut commencer

Tant mieux, les récupérateurs sont au chômage.

Ces gens qui se disent "défricheurs" "visionnaires" ne sont en somme et pour tout que les récupérateurs du travail des vrais et rares artistes du théâtre populaire joué sur les places publiques depuis toujours. Les vrais inventeurs et artisans sont restés anonymes, même s'ils exercent à plein temps et sans jamais aucune subvention ou même attention dans les médias. Les gens qui sont mentionnés dans cet article sont toujours à la traîne et sans talent. Ils ont toujours cherché la sécurité car n'ont pas le cran des grands. Je ne sais pas s'ils me reconnaîtront mais, pour sûr, s'il se souviennent de moi, ils se souviendront que c'était mon théâtre qui était une des vedettes du plein air dès les années 70; qu'ils en étaient malades de jalousie, qu'ils ont toujours essayé d'imiter, et qu'ils ont passé plus de temps à bavarder, à fabriquer des dossiers pour se faire entretenir avec l'argent publique tandis que moi, j'ai toujours vécu de l'argent du public. De plus je connais tous les noms cités dans cet article et j'ai approché et observé chaque personnage et puis vous dire qu'ils ne sont pas de bonnes personnes, que leur sympathie dont ils nous gratifient est hypocrisie, leur bonhommie factice.

Il y a maintenant des milliers et des milliers d'artistes en France alors qu'à l'époque nous n'étions qu'une poignée à travailler pour le vrai, le grand théâtre populaire dont avait rêvé Jean Vilar "Mettre en scène et le poète et le grand public"... beaucoup d'artistes et si peu d'art, beaucoup de journalistes, de spécialistes et si peu de révélations, d'invention.... La démocratisation de la culture n'est qu'un marché de plus ouvert pour vendre des loisirs et de la technologie... Les vrais savants, nos meilleurs poètes ont et auront toujours des semelles de vent car c'est à cela qu'on peut les reconnaître. Les grands sont restés des gueux et agonisent dans les fossés. Les gouvernements n'ont jamais voulu de la culture populaire. Les salariés de la culture se prennent pour une élite et vivent confortablement dans de belles institutions où ils se regardent le nombril. La poésie est travestie en putain. Le savoir en pantin. Les agents culturels assurent le service d'ordre. Sainte Économie et sainte Technologie sont les deux mamelles d'une nouvelle religion qu'on appelle culture.

Il n'est plus possible ou alors c'est très difficile pour les vrais et libres poètes et savants de pratiquer sur la place publique. La culture exerce sa police. La police est devenue la culture. Les délateurs sont artistes. Tandis que les armées sont vénérées avec des sentiments religieux comme le rêvait Napoléon.

Mais ne sont gouvernés que les gens qui reconnaissent les gouvernements. Vive la vie libre qui reprend ses droits. Les croque-morts sont aux abois car j'enterre ici tous ces chiens qui aboient.

LETTRE À UN MONSIEUR QUI FAISAIT UNE CONFÉRENCE

Moi, monsieur, je suis fatigué et je n’ai plus beaucoup de temps pour écouter les discours. Ce que je vois c’est le pays en ruine et mon peuple égaré. Ce que j’entends ce sont les cris des enfants qui réclament de leur famille humaine les bras parents de l’être pour grandir. Ce que je sais c’est que de mon temps la vie était la vie et que pour se la faire belle il fallait oublier le mot difficile. Que par la volonté et avec un cœur vaillant je pouvais m’aventurer pour inventer de la beauté et que le pain quotidien n’a jamais suffi à ma table sans que j’y ajoute le pain de vie. Oui, monsieur, le pain de la vie, c’est la parole, monsieur, la parole que nous échangions librement, et sans les directives ou les ordres de spécialistes qui répètent les consignes et les ordres des étrangers qui ont gagné la dernière guerre des pouvoirs et qui se disputent loin de nous autres. L’histoire que vous racontez est écrite dans les livres par les vainqueurs des guerres entre dominateurs. L’histoire, votre histoire, monsieur, comme toute votre science est distribuée par des contrôleurs qui professent dans les écoles et d’autres informateurs qui écrivent l’actualité officielle.

Ce qu’il y a d’officiel, monsieur, et là je vous parle du seuil de ma maison, ce qu’il y a de vrai, c’est que chaque jour le soleil se lève puis il se couche et que c’est dans ce présent accablant que nous est offert le cadeau de l’éternité – ce bonheur à nous tous promis. Alors monsieur, je me demande si vous savez comment je fais le pain, comment je m’occupe de mes enfants; comment je soigne mon chagrin et comment je fais ma joie avant la nuit. Si vous me répondez, monsieur, je devrais vous voir bientôt franchir le seuil de ma maison et retrousser vos manches et partager ma peine.

Comme vous, monsieur, je suis ce pays à défricher, je suis cet humain qui cherche à combler son exil terrestre avec le ventre plein et le cœur joyeux pour m’aimer et vous aimer, monsieur.

Oui, monsieur, mes enfants ne savent rien mais ils sont déjà des petites personnes qui vous regardent et attendent de vous sécurité et affection. Et nous, monsieur, nous ne vous obligerons pas à discourir, nous sommes poètes aussi; aussi bien pour chanter, que peindre et écrire.

Le temps que je vous écrive cette lettre, monsieur, la Lune est montée au-dessus des cheminées fumantes, et à côté d’elle, fidèle, l’étoile du Berger. Voyez, monsieur, lorsque je vous écris, chacune de mes lettres est un petit être qui ensemble forment tout mon peuple et par mes mots transportent sa voix, monsieur, sa voix qui est celle de sa constitution. Et vous remarquez, monsieur, que je suis fait comme lui, d’argile et de rêve.

L’HOMME VENT

Quand il se parle sa langue maternelle, elle est silence.

Quand il se parle la langue de son père, elle est noirceur.

Il parle la langue de son exil intérieur.

L’absence passée et l’avenir attendu.

Ses paroles ont le goût des mers.

Sa voix craque comme une croûte de terre.

Car il erre avec le vent.

Et il se régale en l'écoutant.

L’homme fait homme avec du vent.

C’est le meilleur enfant.

Dans le silence de la nuit il devient géant.

Dans la nuit du silence il gémit.

Il cherche ses parents.

Ne pas confondre la liberté de choix avec le choix de la liberté

La liberté de choix, tout le monde l'a.

Le choix de la liberté tout le monde ne l'ose pas.

MADAME LA DÉPUTÉE

Madame la députée

Chère maman

Je vais jouer dans la rue

Sans permis pour m’exprimer

Sans l’argent de la liberté

Tu diras aux policiers

Qu’ils peuvent m’arrêter

Confisquer ma guitare

Me briser les doigts

M’écœurer

Mon peuple souffre tant

Y a que le vent qui l’entend

Et moi qui le plains

Sous la pluie triste

Madame la députée

Chère maman

Je vais jouer dans la rue

Mes chers amis,

Vous avez oublié les paroles de nos grands sages, que le seul problème de l’être humain ce sont les démons qui habitent dans son cœur.

Qu'est-ce qu'il fabrique, ton travailleur? Des armes? Et, à quoi sa "conscience" aspire-t-elle? À un petit pain et des bébelles ? Ou bien, est-il un décrocheur, voire un déserteur? Je suis l'homme vent et je marche au-dessus de la poussière. Je suis un itinérant qui flâne sur la Terre. Je n'ai besoin de personne pour me gouverner car j'ai une conscience aiguë de ma liberté.

La misère est la pire des violences. Le pouvoir d'achat est la chaîne que se forge la conscience de toutes les classes sociales. C'est la vraie misère que l'absence d'une véritable conscience: celle qui fait la dignité de l'être humain présent au monde et qui obéit au sacré du vivant. L'être humain doit combattre sa propre peur qui le rend paresseux de volonté. Il se veut une victime d'un tas de chimères alors qu'il doit rester un battant, même dans les pires défaites.

S'il vit debout, il peut penser. S'il se traîne à quatre pattes il ne peut que se plaindre. Et c'est son choix. L'être humain solitaire est un libre arbitre. Le solitaire est l'être humain le plus fort. Alors, gare toi, et laisse passer le troupeau: il y en aura d'autre. Rien de nouveau sous le soleil. Et même les Pharaons regrettent de s'être fatigués pour de la poussière. Il faut arrêter de manifester comme cela c'est un piège tendu par les gouvernements pour prétexter leur volonté de renforcer tous les moyens répressifs au nom de la sécurité civile.

Ils vous ont vendu l'industrialisation au nom du progrès, comme ils vous ont vendu pétrole et nucléaire au nom des défenses nationales. La liberté d'expression est muselée. La raison d'état est un pouvoir divin. Décrochez, désertez! Trouvez-vous un moyen de survie individuel, faites votre stratégie: seul! L'individu solitaire est le plus grand danger pour tous les pouvoirs, pour tous les gouvernements. Alors, si vous ne voulez ressembler à personne. Commencez par n'imiter personne.

Soyons authentique et surtout sans violence aucune. Ayons la simple force d'exister en tant que vous-mêmes. Et parlons la langue que nous voulons même si vous sommes seul à nous comprendre.

Le bonheur est un art.

L’Art est plus souvent peine et souffrance

et il demande des efforts d’exception pour en sortir;

pour devenir encore plus grand et plus beau.

L’Art est le métier de l’être humain.

Monsieur Le Savant,

je suis très honoré qu'un grand savant comme vous vienne me visiter dans ce quartier de la Terre où je vis. Il est annoncé que vous venez pour "Le grand rassemblement des générations" Je vous demande ce qui vous amène car ici personne ne se parle plus, chacun vit dans son coin, les vieux sont abandonnés, les enfants tout aussi bien, les jeunes absents du réel, les adultes devenus virtuels. Tout le monde est avec chacun sa petite vérité individuelle, chacun son drapeau, chacun son dieu, chacun ses idoles. Et tout le monde se réclame d'un chef unique, d' une pensée unique, pour un petit pain et des bébelles; qu'on se fiche du voisin, qu'on a enfermé les indiens dans des camps de concentration, que les colons occupent toutes les institutions et méprisent les étrangers et que ces mêmes occupants vous invitent à leur fête "La tournée bleu-Terre" qui est le titre racoleur à la mode du jour pour en fait vendre leurs artistes et leur idéologie élitiste à des fin commerciales et même électorales. Vous voici, monsieur Le Savant, pris au piège par des récupérateurs. Je voudrai vous prévenir que ces gens ne représentent pas du tout le peuple qui vit ici. Ici, c'est une cage dorée où les poètes se suicident, où les femmes ne font pas d'enfants, où les hommes n'ont plus de rêves. Et, pour parler des "quatre générations", je vous dirai, monsieur, que la joie de vivre n'est plus là; que la parole n'est plus partagée, que plus personne n'ose critiquer personne, que l'intelligence est engourdie; que plus personne n'ose l'aventure; que les savants sont tenus de se taire; que les artistes ne peuvent être engagés qu'à la condition de faire le beau dans les vitrines des marchands. Que les spectateurs ne sont là en fait que pour la récréation. Que les cris des orgies et le faste de la gabegie ne sont là que pour faire oublier l'ennui. Que les exploiteurs de tout acabit détruisent la planète et volent à la vie avec la complicité des élus du peuple dictateur. Voilà, monsieur Le Savant, les poètes ne seront pas là où vous les attendrez et vos amis de la science non plus. Je suis comme eux un gueux. Et vous ?

NON COUPABLE.

Ne regarde pas. L'horreur sera toujours proche. Les images qui effrayent ne sont que les grincements de dents du ressentiment des gens sadiques et masochistes qui pataugent dans leur vomi. Jamais par justice ils ne regarderont le beau, jamais par charité ils préfèreront la vie. Ne regarde pas où ils regardent, garde toi de souffrir, tu dois te protéger d'eux. La lumière te suffit pour voir clair mais eux, les gens, brûlent leurs yeux en fixant l'astre comme ils bouchent leurs oreilles avec les rumeurs. N'écoutent pas leurs vacarme, tes oreilles sont faites pour écouter le chant des étoiles et la plainte du vent. Ne touche pas ce qu'ils touchent, tes mains sont faites pour la douceur de l'eau et la caresse des peaux. Éloigne-toi du troupeau incendiaire. N’attrape pas la haine contagieuse. Ne respire pas des gens leur mauvaise haleine. Inspire l'air vif qui te porte. Tes narines sont faites pour sentir le parfum des femmes qui, au grand jour, te tendent leur bouche humide du désir d'enfantement. Ne dis rien. Le silence est tout. Non coupable. Si tu n'as pas prononcé un mot, tu as vécu comme on doit vivre.

PAIN-POÈME

Ils ont volé nos fêtes

Nous avons gardé le feu

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Ils font de tout un commerce

Nous faisons de rien une averse

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Que fiche du beau temps

Quand c’est l’hiver tout l’temps

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Nous sommes trop nombreux

Pour être nommés

Nous sommes la somme

Des humanités

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Nous parlons langue maternelle

Buvons à sa mamelle

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Naufragés involontaires

Exilés monétaires

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Notre académie n’a pas de police

Nos vocalises ne sont pas complices

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Nous dormons dans les drapeaux

De nos peaux ils font des draps

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Nous veillons loin des châteaux

Nous braillons à l’unisson

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Ils volent nos fêtes

Nous gardons les feux

Poètes des gueux

Poèmes de sang

Notre maison est au bout du monde

Le monde est tabou

Poètes des gueux

Poèmes de sang

PAUVRE LA POÉSIE

1.

La muse est une fille publique

Pour elle on écrit des suppliques

Contre elle on appelle les flics

La muse ne se vend pas elle se donne

Elle ne se prend pas pour une madone

Elle sait soulever les hommes

Si tu passes sur le pont des Arts

Tu la verras au bras du hasard

Ce gueux valeureux traînard

Il baisse les yeux sur son passage

Le poète qui s’ignore sage

A son cœur pour seul bagage

La muse inspire la ruse

À l’être humain qu’on abuse

Et dont la détresse fuse

La muse s’amuse à danser

Quand le poète a trouvé

Le pain de la journée

La muse reste petite

Élégante phtisique

Au bras des pauv’ types

2.

Sous le pont des Arts

L’eau sale a coulé

Depuis le cauchemar

Du dernier esseulé

La muse n’est plus là

Pour guider l’égaré

Y plus qu’une catin

Pour clients argentés

La muse reviendra

Quand j’aurai payé

Mes dettes à l’Au-delà

Je viendrai musarder

Sur le pont des Arts

Tout seul avec moi

Je n’aurai plus l’cafard

Une fois en bas

La muse me voyant à l’eau

Me noiera dans ses bras

Où flottera mon chapeau

La ruse me sauvera

Pour une muse légère

Comme la plume de l’air

J’ai écrit cet air

En crachant par terre

Muse de misère

Ruse de l’eau

La faim n’a guère

Que des couteaux

LA MUSE

Elle n'est pas pauvre.

C’est la muse d'un vagabond, libre d'être.

Elle ne s'ennuie pas, elle aime.

Peu de gens ont cette liberté d'être.

Je cherche partout cette liberté.

Je me sens enchainé quelque part.

Les chaînes sont dans la tête qui oblige.

Vive la Liberté !

PÉGASE

À peine né Déjà enterré Tu te cherches Tu te cherches Mais y a rien au bout de la mort Il n'y a que toi en ta compagnie Et la chance de vivre Qui t'as nourri Qui t'a habillé Le chômage à tout âge Le chômage c'est pour les bons à rien Qui s'arrête en chemin Pour se prendre en main Tord le cou au destin Arnaque l'espérance Vole le bonheur Le bonheur se vole La liberté se gagne Huit heures pour dormir Huit heures pour survivre Huit heures pour donner Donne le meilleur Le meilleur de toi Vingt-quatre heures pour une révolution Vingt-quatre heures pour une révolution Le temps c'est toi Le temps c'est toi Embrasse toi Remercie toi Tu n'es qu'un rêve Un rêve qui rêve C'est la loi La bonne foi Qui s'aime Fleurit sa vie Qui s'aime Donne des fruits

PENSER EST-IL LE PROPRE DE L’HOMME ?

L’Homme s’imagine encore au-dessus de tout comme le seul maître à penser la vie alors qu’il n’est qu’un bout de viande dans la chair du cosmos.

Le cosmos est une chose pensante et n’a aucun but. Le cosmos n’a ni début ni fin. Il est.

La nature terrestre n’est qu’une des formes de cette pensée qui a une mémoire et une conscience.

Les buts et les fins que certains Hommes voudraient assigner à tout cela ne sont que pure fantaisie.

L’activité cosmique est créatrice d’harmonies et de chaos.

Comme l’orgueil et la vanité, la liberté est un sentiment issu des échanges fantaisistes des choses cosmiques entre elles.

Les Hommes ambitieux et imbus d’eux-mêmes font beaucoup de bruits pour couvrir le silence de leur destinée.

Le silence absolu n’existe pas. Il y a toujours le bruit pour répondre de notre présence. Les Hommes ont peur de leur propre ombre et leur angoisse les fige comme des statues.

Le silence est imposé par les Hommes qui ont peur. Les Hommes se sentent faibles, Les Hommes sont incapables d’infléchir leur destinée.

Pour se tenir en haut de la pyramide cosmique et de l’échelle humaine; pour se tenir debout au-dessus du vent de poussière et pour ne pas marcher à quatre pattes; l’Homme peureux et paresseux joue à être un autre que lui-même parce que l’ennui l’angoisse.

Certains Hommes exploitent les angoisses des autres humains à la recherche perpétuelle d’un sens à toute chose. Ces Hommes au génie égoïste trouvent les bonnes paroles à dire à leurs semblables pour les diriger vers un sens unique, puis ils inventent une hiérarchie cosmique qui les désigne comme autorité sur toute chose et tout être vivant.

Ces Hommes, rois malins paresseux, lèvent une police pour maintenir l’échelle de leurs valeurs et empêcher la fantaisie des autres humains.

Le comportement du peuple des Hommes est donc conditionné par la fantaisie cosmique et par la politique issue des égos rigides des praticiens et des mythomanes de tous les ordres humains établis sur cette planète.

De la famille à l’État, des cavernes aux mégalopoles, les Hommes n’ont donc point trouvé de remède à l’ennui et s’angoissent de leur paresse cosmique, alors, ils s’imaginent une mission à remplir, un rôle à jouer dans le grand théâtre du Cosmos.

La fantaisie s’accorde avec toutes les imaginations pour la volonté des Hommes.

Il y a pour les Hommes une ou des choses, un dieu ou des dieux qui font le tout et ordonnent le tout: les questions et les réponses, le bien et le mal, le maître et l’esclave, l’homme et la femme, la nuit et le jour, etc.

Les Hommes sont troublés et gênés par la fantaisie de la Vie.

La vie est un rêve, paresse cosmique qui dépasse les Hommes.

Alors, les Hommes se sont faits savants spécialistes de toutes les fantaisies qu’ils ont trouvées et auxquelles ils en ajoutent de nouvelles, et ils se sont faits poètes qui cherchent les signes d’une certitude.

Et le Cosmos ne dit toujours rien. Et la Nature s’en fout. L’Homme joue toujours. Et la Vie continue à se moquer des Hommes.

Les Hommes veulent absolument donner un sens à la Vie qui n’en a pas.

Les plus prétentieux des humains jouent à être quelqu’un et à avoir quelque-chose.

Jouer est une façon de penser.

Les dés du Cosmos sont jetés.

Je fais ce que je peux

Laisse tomber les étoiles

Pour relever la nuit

Parle pour ceux

Qui ne parlent pas

Pour innover faut inventer

Entretenir les outils

Corps et voix et esprit

Prendre une page blanche

Tracer un cercle

Une place publique

Mettre le poète

Et le grand public

Au centre du cercle

Prendre acteurs

Et musiciens

Et gueuler !

Gueuler!

POÈME-MANIFESTE

Le je de mes écrits n’est jamais moi, je ne raconte jamais ma vie,

L’écriture est un masque qui permet de me cacher derrière les êtres et les choses que je sens, avec compassion, mais que je ne saurai être pour mieux les montrer.

J’écris pour ceux qui ne parlent pas,

j’écris pour les choses qui semblent muettes,

j’écris pour donner à voir et entendre à celui qui regarde et écoute.

Et je ne fais que l’apologie de l’être humain le plus libre et le plus seul.

Et j’affirme que l’on hait le plus souvent la personne libre et capable d’être seule et qui fait son bonheur sans nous et sans gouvernement. Nous avons des croyances, des principes et donc des préjugés pour ne pas nous aimer.

C’est pourquoi, (je me répète :)

Aimer, c’est le poème.

Le je réclame de nous une véritable attention.

Le je du vrai courage.

Le je d’un cœur instruit.

Le je qui sait.

Le je intuitif.

Le je curieux.

Le je qui donne sans compter.

Le je insolvable.

Le je idiot.

Et je reviens sur les mêmes thèmes

comme dans une composition symphonique.

Je n’ai rien à dire alors

je répète ce que les anciens répétaient déjà

mais je répète avec des mots, des bruits, des images de notre présent en essayant de varier les rythmes, en empruntant différents styles

comme pour mieux capter l’attention du spectateur.

Le pain de toutes les faims.

Le travail de la mort.

Le poète par hasard.

Le rôle à vivre comme il faut.

La femme et l’homme comme humanité.

L’oiseau qui prend son vol distant.

Le fascisme à portée de main.

L’égalité dans l’amitié.

Ce qui me rassure le plus c’est de vous voir rire tout le temps. Vous me confirmez que je ne suis pas seul à être idiot.

Pour que nos voix s'entendent

Nous n'avons pas besoin de ministres, ni de commissaires, ni d'agents culturels pour notre art de vivre nous savons tout faire et nous sommes nombreux pour écrire, jouer, musiquer, danser, rire, peindre; dans notre constitution nous avons la liberté et le droit alors, place aux amateurs qui ont reçu le don pour nous l'offrir, nous ferons de chaque jour une fête à l'éternel présent.

Nous n'avons pas de permission à demander ni de taxes à payer; l'amour est libre et gratuit. Nous sommes tous cultivés. Notre langue est dans notre bouche. Nos mains savent travailler. Nos jambes savent danser. Et nos pensées vagabondent. Et nos yeux filment. Et nos oreilles enregistrent. Et nos mémoires sont patrimoines.

Notre parole est sacrée parce qu'avec notre parole nous sommes maîtres de notre destinée.

Quand on mise sur le centre pour grossir sa clientèle, on fait du populisme, on est un démagogue, dans le but d'endormir les consciences. Le poète est populaire quand il dit la vérité du monde sans compter sur une récompense. La vérité est populaire même si les gens préfèrent se laisser tromper parce que les gens vivent dans la peur causée par la répression des démagogues au pouvoir oppressif qui musèlent les poètes et les savants qui ont le don d'eux-mêmes de ne pouvoir être lâches et qui parlent librement en société. La vérité est en chaque être humain qui sait qu'il sait. Mais la réalité est une prison qui contient les gens par la peur où chacun répète les mensonges des législateurs. Ceux qui disent la vérité sont les prochaines victimes ou héros des légendes qu'inventent et croient les foules, pour se protéger du malheur comme un troupeau qui se concentre la nuit par peur des prédateurs. Le prosélyte est celui qui se met au centre pour faire tourner le monde et actionner la force centrifuge par laquelle les masses s’amassent, compactes à la médiocrité. Le poète - qui a reçu le don de transmettre et la curiosité du savant - se situe entre le point central (du cercle) et les points multiples infinis du cercle d'où chacun a un point de vue différent. L'humain libre est donc un aventurier qui voyage entre le mystère et des points de vue et est un transmetteur. La vie n'est que poésie et a horreur des imposteurs. La foule est morte qui écoute les bonimenteurs. L'humain libre aurait une main sur son cœur et un poing dans sa poche. L'humain libre s'écarte du centre, se tient loin des Seigneurs et s'écarte de la foule pour ne point être récupéré par l'un ou conspué par l'autre.

Quelle langue parlé-je ?

Tout ce tapage est inutile et improductif. Personne ne vous empêchera jamais de penser. Ceux qui ne s'adaptent pas crèveront. On ne va pas se remettre à parler le langage des cavernes sous prétexte de sauver la pensée cavernique. Le français moyen ou l'anglais des tavernes sont suffisants comme le baragouin des militaires ou le bégaiement des sportifs. Ma langue vit librement et danse comme je pense dans son palais et elle disparaîtra avec moi.

Qu'importe si le français disparaît, j'aurai toujours ma langue pour parler, une main sur le cœur et un poing dans la poche.

Le public devrait être le premier argent comptant de l'artiste. Mais l'artiste ne fréquente plus les lieux de vie de notre monde. L'artiste s'est enfermé dans son petit monde à lui, il s'est endormi et ne produit plus que des œuvres de salon, de la musique de chambre, de la musique murmurée. L'artiste est absent non par ignorance mais parce qu'il ne veut pas savoir. Quant à ceux qui savent ils sont bouffis d'orgueil et d'ambition et protègent résolument leurs privilèges.

Il faudrait naître artiste et penser aux gens à qui vous devez offrir ces dons reçus gratuitement. Penser aux gens qui sont tous là pour entendre le chant du monde. Que les choses soient dîtes tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard. Y a trop de chagrin de misère et de désespoir.

RICOCHETS

Ma langue est dans ma bouche

Mon identité chez la police

Mon immigration est éternelle

Mon choc culturel c’est les questions sans réponses

Mon art c’est vivre, ma culture c’est la paresse

L’industrie du divertissement pollue les cervelles

Mon environnement c’est l’Univers

Les changements climatiques c’est la vie

La politique c’est l’ennui

L’économie c’est l’avarice

La justice sociale c’est la ruse des voleurs

L’histoire c’est la mienne

Mes racines sont des jambes

Mes héritages sont le présent et l’éternité

L’urbanisme est construit sur les ruines

La ruralité c’est la rue et l’oralité

L’occupation du territoire c’est la guerre

L’éducation c’est l’exemple

L’enseignement c’est la paix

Les réformes c’est l’adaptation

La santé c’est ce qu’on peut

La vieillesse est une apparence

La maladie c’est vivre

Les soins de fin de vie c’est de l’amour

La famille c’est le monde entier

Les générations c’est nous tous

Rien de nouveau sous le soleil doré des dollars. Pas d'inventeurs ni de poésie. De la comédie à l'eau de rose pour calfeutrer l'ambiance morose. Bouches fermées collées sur des images et des peaux polies par le confort, la jeunesse se meurt sur les tombeaux du temps perdu de l'égo. N'ont plus d'appétit en attendant la fin et la dérive de leurs têtes vides avec le refrain des morts. Jeunes nés vieux dont les âmes pourrissent derrière le masque des sociétés. Esclaves de l'ennui à genou sacrifiés pour la noble cause. Le capital sans risque des corps qui s'exposent. La leçon du désir chez eux prostituée. Leurs cœurs atrophiés et leurs sentiments nains. Rien de nouveau dans la nuit qui ne veut pas finir. Rien qu'une fin qui n'arrive pas. Et les prisonniers dans les déserts font les cents pas sur la braise des jours.

Se soumettre à une idée n'est pas vivre, c'est se renier soi-même, c'est mourir à petit feu, c'est haïr la liberté. Vivre, c'est respirer l'air frais, goûter la douceur de l'eau, la caresse des femmes, le rire des enfants. Nous sommes sacrifiés d'avance, je ne vois pas pourquoi nous devrions nous sacrifier une deuxième fois. Vivre c'est profiter de toutes les richesses de l'Univers qui sont à notre portée et qui sont gratuites. Toutes ces choses qui ne sont pas dans les magasins. Les fruits de la nature, l'amitié, le dialogue avec les animaux. Vivre est effrayant quand le soleil brûle ou que bougent les montagnes ou que gronde la mer. Mais c'est le cœur qui le dit. Y a pas de paradis dans les livres mais seulement sur la Terre si tu sais voir la beauté même quand il ne fait pas beau tous les jours. Tu respires l'air frais, tu goûtes la douceur de l’eau, tu aimes le rire des enfants. Tu souffres quand tu vois d'autres souffrir. Alors ton cœur est plein et cela fait une vie. Tu es révolté de l'injustice mais tu sais aussi que parfois tu peux être injuste et qu'il t’arrive d'être méchant.

Et tu ris au gré des vents tu sèmes des enfants. Et surtout tu ne joues pas au saint homme ce qui est la pire des hypocrisies. Nous avons tous un petit coin sale. Oui, il n’y a pas d'anges sur Terre. L'Homme est ainsi ! Ce n'est pas un ange et ce n'est pas non plus un diable.

Tu croasses avec les corbeaux et tu te moques des bigots.

SHOPPING

Il s'agit plutôt de l'aliénation d'une majorité de femmes qui se croient, s'imaginent libres parce qu'elles ont la liberté de choix alors qu'elles ne sont traitées par les entreprises que comme clientes. En fait, très peu de femmes choisissent la liberté qui demande le vrai courage, un cœur doué pour les vraies richesses. Les personnes qui s'adonnent au magasinage sont passées d'une aliénation à une autre, des contraintes avilissantes des traditions à la ridiculisation de la société de consommation. Les "femmes" qui sont sorties de terre et des églises sont maintenant enfermées dans des vitrines. Les médias féministes encouragent à la prostitution généralisée en vantant les comportements aguichants pour séduire et faire jouir précocement - dans le but d'un profit immédiat -des clientèles ciblées (hommes et femmes) en mettant en vente tous les objets pour "jouer à être libre", faire comme si on l'était alors que l'on est fou à lier. La "femme" n'est point libérée, elle est ridiculisée. L' "homme" n'est point libre mais a un prix. La société fait toujours de l'amour un interdit. L'interdit devient un fantasme de possession pour jouir vite-fait. Fast-Culture copulatoire avec le libre-choix de se reproduire ou pas. La société fait de la beauté une convoitise pour vendre des produits et des remèdes. La beauté est un crime dans les magasins où l'on vend des désirs morts à des clients en sursis.

Maintenant, une personne qui s’aime et qui est aimée des autres amants de la vie, une personne qui se sent belle, et juste importante à ses propres yeux, une personne qui vit le présent comme un éternel cadeau et recueille en elle toutes les beautés gratuites : le ciel bleu dans ses yeux, la douceur de l’eau sur sa bouche, les caresses des vents sur sa peau, la chaleur d’une étreinte de soleil, le rêve berçant des lunes; une personne amoureuse de vivre à en mourir, qui se gare de l’eau vive et se méfie des serments, cette personne qui existe vraiment n’a besoin que de respirer pour se sentir bien et jamais, au grand jamais ne rentre dans les magasins où les charlatans de la liberté exposent les oiseaux en cages et le chant des étoiles dans des boites.

Une écorce, une peau de bête, un bouquet de feuilles ou un simple chiffon suffit à la pudeur pour aller dans le monde avec candeur. Sa curiosité et ses dons gratuits font sa grandeur. Sa mesure est son élégance.

Les amants sont aussi rares que le grain de blé dans un tas de sable. Il est toujours là le temps qui met le pain sur la table. Le désir est inutile quand on aime. Le malheur et que peu de gens aiment vraiment. Peu de gens s’aiment car aimer est le vrai poème. Mais combien sont-ils prêts pour le vrai quand le faux est si bon marché?

SI J'ÉTAIS

Si j'étais un écrivain raté, sans imagination, sachant imiter comme les singes, copier comme un artiste salarié ou un agent de la police culturelle ou un journaliste spécialiste de rien, et pour me faire remarquer, être enfin aimé par mes parents, avoir des prix Goncourt ou Mauriac, être invité à la table des réactionnaires, me faire imprimer et pilonner: j'écrirais une suite aux contes des Mille et une nuits où, cette fois, et pendant mille et une nuits, la Reine Shéhérazade prendrait son bâton pour fiche une correction à tous les connards misogynes, aux mâles qui revendiquent les droits de l'homme contre la femme, aux religieux, aux nationalistes, aux féministes et, avant que se lève le jour j'insulterais les soumises, les bigotes, les cocottes jusqu'au chant du coq et là, à son réveil, le Roi Amoureux de Schéhérazade rirait aux éclats tandis que le soleil ferait de l'ombre au trépas des cons et des connes qui sont jaloux de ses feux parce que le Roi Amour, Lui, ne meurt pas, Il est le soleil et la joie, Amour ne meurt jamais si des serments on ne fait pas et que toujours l'eau vive guide nos pas.

Et Schéhérazade chanterait ce refrain:

Y aura jamais toujours

Y aura toujours jamais

Y aura toujours l'Amour

L'Amour !

Si tu as quelque-chose à dire dis-le avec tes mots à toi, avec ta pensée personnelle.

Maintenant si tu répètes ce que l’on dit, ce n'est plus un dialogue mais un échange d'informations plus ou moins déformé et cela n'encourage pas à la paix entre nous parce qu'il n'y a pas de communication, de dialogue. Quand tu répètes par cœur ce que tu as pris ailleurs c'est plutôt comme si tu parlais tout seul devant des auditeurs priés de se taire, devant l'autre qui doit être là seulement pour t'écouter. L'échange de paroles vraies même les maladroites, même les paroles amères, même les paroles de la Mort sont les plus nécessaires pour faire circuler l'amour humain, ce pain commun que nous partageons sitôt que l'on parle à l'autre avec tout ce qui signifie notre présence : le son de notre voix, nos regards, notre apparente allure, nos silences et nos soupirs... les mots ne sont alors qu'une petite partie de ce que l'on dit vraiment, les mots sont importants mais notre présence en offrande à l'autre est la vraie richesse.

Le monde va mal parce que les gens ne se parlent pas assez. Il faut oser parler à n'importe qui, au premier venu, même s'il est votre pire ennemi, surtout s'il est votre pire ennemi, car après tout, il vous ressemble, en cela, qu'il est humain. La parole est précieuse comme le pain. Et comme le pain, elle peut être douce ou dure, fraîche ou pourrie mais toujours nourrissante même si tu la recraches ! Parle !

1 - Si tu veux cultiver et savoir, enlève les armes car elles appartiennent aux criminels qui guerroient. La guerre est un crime car la guerre c'est la fin de tout. Les révolutionnaires, les poètes engagés, la poésie armée ont tous des armes pour imposer leurs belles paroles et nous opprimer en imposant leur culture officielle qui ne sert que leurs intérêts tandis que notre culture naturelle n'a pas besoin de maîtres que nous-mêmes face à nous-mêmes.

D'une poignée de terre je modèlerai ton visage; je ferai de la mer mon encrier; d'une plume d'oiseau je tracerai mes horizons; le vent me soufflera ma chanson; la douceur de l'eau effacera mes peines et le feu brûlera mes jours. Contre les armes il y a l'amour. Contre la guerre il y a les amoureux. Contre toi il y a toi-même.

2 - Si tu veux faire une longue carrière ne te limite pas dans ton nombre d'amis car ce sont les seuls qui te feront vivre longtemps. Le public est le premier argent de l'artiste, c'est lui qui décide, qui juge ton talent à l'aune de tes prétentions. Alors, ne te gonfle pas trop, te prends pas pour quelqu'un d'autre et saches rester toi-même si tu veux rester en bonne santé et ainsi garder la joie. Car, qui es-tu pour prétendre à une carrière; pour croire que tu creuseras ton trou mieux que les autres et que ton destin serait différent de celui sans retour qui est écrit sur le sable: les traces de tes propres pas. Salut. Mignone, déballe-moi ta chanson, je suis fatigué, j'ai mal aux pieds et mon fils est inquiet de tous ces prédicateurs de fin du monde et je voudrai que tu lui montres le vrai visage de l'oppression. Ô, ma douleur, ô petite sœur, tu ne me lâches jamais. Bien à toi, Chérie, Amitié.

TROUVEUR

(note: le mot trouveur est la traduction moderne du mot "trouvère" (en langue d’Oïl) et du mot "troubadour" (en langue d'Oc) dont l'origine (indo-européenne) est le mot "trobar" qui signifie : trouver).

Dis-moi si tu aimes, comment va ton cœur

Devant le poème si tu vois ce qui est

Présent et caché sous son masque

Un naufragé volontaire

Dis-moi si tu aimes, comment va ton cœur

Sur une île de silence si tu regardes bien

Une paix à peine née

Un vieil enfant

Dis-moi si tu aimes, comment va ton cœur

Entre deux soupirs entends-tu

Les bruits du monde

Une mort annoncée

Dis-moi si tu aimes, comment va ton cœur

Poignée de grains dans la main du semeur

Dans le sillon de la plume

Ton contentement

Dis-moi si tu fais ton bonheur

D’un chant d’oiseau d’un vol de vent

Accroches-tu les étoiles

Dans le ciel de ta tête

Dis-moi si tu fais ton bonheur

D’un gémissement de moineau d’un cri d’enfant

Dans la poitrine d’un humain

Dans la cage de tes mains

Je te dirai alors le malheur des sans nom

L’aigreur de n’avoir pas

Un ami qui ne soit pas toi

Un trésor sur qui veiller

Un peintre nous révèle l'illusion du monde. Le frissonnement de la lumière où s'accroche l'ombre. Comme un jet de paroles passées au peigne fin. Un instant où le regard se brise sur l'illusion vaincue. J'aime le peintre qui fait vivre l'œil. Sa peinture jaillit claire et nette de la torpeur qui nous brouille la vue et qui nous entraîne à ne plus voir tout. Un peintre qui nous irradie de sa présence picturale en ouvrant notre regard creux. On ne sait plus voir. On ne sait plus qu'on a des yeux. On dort debout avec nos consciences, abrutis par l'orgie des images d'une réalité qui fait vomir. Et l’artiste, le vrai, est seul et marche la tête haute au-dessus du vent de poussière. Le véritable artiste créé un regard neuf.

Un Tel Haut

Ceux et celles qui sont le plus conscients et donc sont engagés dans la vie vraiment agissent discrètement et en silence. Les intellos n'ont pas la pratique pour penser complétement c'est à dire tirer des leçons ou des théories. Les intellos devraient sortir de leur tête, de leurs livres presque tous écrits par des impuissants ou par les vainqueurs de l'Histoire, ils devraient sortir de leur salon puis perdre leur orgueil élitiste, leur ton condescendant et leur mépris pour les praticiens. Les intellos c'est une caste inventée pour épater les prolétaires et leur imposer le silence quand les spécialistes parlent et ont parlé. Les intellos c'est pour épater les idiots qui ont le droit de le rester puisqu'il y en a qui "savent" et qui "sauront" pour eux-autres. Pas la peine d'étudier, le chef sait tout. Et le toutim confond bien souvent intello et intelligence. Comment voulez-vous savoir si un intello est intelligent quand vous êtes un con ?

UN TROUVEUR

Un trouveur, c'est un type qui a le don de trouver des trésors. Il sait avec peine. Il est instruit du cœur. Il ne demande rien. Il a tout ce qu'il faut. Il est né riche. Il se donne sans compter. Il reçoit mille grâces. Les muses sont à son bras. Ses enfants peuvent tout lui demander. Les réponses sont dans la question. Aimez-vous. Votre mère la Terre vous porte depuis si longtemps. Le Temps est un père prospère. Votre cœur vous invite, ne refusez pas votre chance. Vivre est tout ce qu'il y a à faire. Le travail est sacré qui nous paie la bonté. Vingt-quatre heures égalent trois fois huit heures qui additionnent huit heures pour le toit, l'habit et le repas avec huit heures pour donner notre joie et encore huit heures pour le repos avant de renaître à nouveau. Chaque jour qui naît crée le monde. Quand tu ouvres les yeux. Cette peur qui te fait trembler c'est le frémissement du monde vivant qui coule dans ton sang.

Vivre est un travail sacré. Qui es-tu pour m’en empêcher? Vivre fait de nous des êtres humains. Vivre est notre métier et alors notre métier est un art. Si un dieu existe, qui a fait dieu ? Si les êtres humains sont faits sur le modèle d’un dieu qui fait tout, alors les humains peuvent faire et défaire le bon comme le mauvais. Ce n’est qu’une question de volonté. Et si une déesse vient à toi, ne sois pas surpris, c’est pour te montrer que le paradis est bordé par le ciel et se berce au chant des étoiles. Tandis que sans les Muses le poète vit en enfer, les yeux fermés sur la beauté, il est sacrilège, son cœur s’est refermé; et pour sa peine il purge ses années dévoré par les trous noirs de son esprit.

Pour ne plus avoir peur tu te réfugieras sous un drapeau, tu te couvriras de signes, tu apprendras la répétition des paroles mortes figées par le temps. Et tu n’entendras plus l’appel de l’autre inconnu à toi-même; tu vivras sans aimer, sans te donner à connaître; tu quitteras le monde comme un mort. Et tu auras été un humain qui aura vécu seulement le tourment, le tourment des gens absents, absents du présent. Ce présent qui t’es offert en cadeau mais que tu refuses de recevoir en toi, toi qui t’obstines à avoir peur.

Tu as tellement peur que tu te refuses à voir la beauté. La beauté, tu l’interprètes comme un crime. Et te voilà fossoyeur de toi-même. Tu te prives de ce qui t’es donné car tu n’as jamais semé pour récolter. Et ce ne sont que tes récoltes qui constituent l’offrande à la vie que tu te dois de donner. Peu importe la quantité si la qualité demeure. Le blé de chacun fait du pain. Ce ne sont pas les racines qui font qu’un arbre a de bons fruits à donner. C’est la volonté dans sa sève. C’est son cœur instruit par les sources claires. C’est la paix dans l’orage. Le soleil dans l’orange. Le bleu du ciel avec des nuages.

Peux-tu voir la bonté dans une juste colère? Quand l’âne est bourru parce que son bât est trop lourd ?

Je m'esquinte dans une cage dorée avec des gens qui sont tous "de bons petits amis" et ce sont des gens pour qui le mot « bienvenue » signifie au revoir. Une cage dorée où il faut de l'avoir à l'heure du tout cuit et au temps de la fast-culture. Une cage dorée pour consommateurs seulement. Une cage dorée où les poètes ont disparus. C'est un étouffoir, un mouroir pour les rossignols et les rigolos de mon espèce. Ici les gens ne se parlent plus. Les mendiants louent leur bout de trottoir. Les riches ne posent pas le pied dans nos quartiers de peur de se salir avec notre sueur et notre sang. De jeunes dictateurs y manient le ressentiment. Le poison des différences prépare la revanche des barbares. Tandis qu'une minorité domine toutes les minorités qui forment la majorité. Les banques font des bénéfices records et cet hiver nous allons quêter dehors pour nos enfants, nos malades, nos vieux et entretenir l'espoir d'une bonne guerre qui nous donnera un petit pain et des objets pendant l'orgie et la gabegie du Noel. Ça va être l'anniversaire de celui qui avait mis les marchands dehors du Temple. Je te laisse là, il faut me taire, les agents culturels m'ont repéré.

Ce ne sont pas les racines qui comptent ce sont les fruits que l'arbre est capable de donner.

Une idée que l'on défend avec des armes est une idée d'assassin. Les meilleurs soldats sont les déserteurs. Je vous propose une idée noble: soldats de tous les pays: unissez-vous!

VIENS, J’AI VU

L’art de vivre des oisifs, de l'élite qui vit sur le dos du pauvre monde. L’art des voleurs de vie, parasites de l'ennui, consommateurs d'orgies, humains stérilisés, et gabegie terrestre ! L’art de la perversion des abîmes de l'idiotie.

Viens, ma petite laide, mets-toi dans mon manteau et partons d’ici. Lorsque ces êtres sans humanité n’auront plus ni force ni lumière, nous, nous vivrons ! Oui, tu sens bien battre mon cœur sous la paume de ta main fraîche. J’ai aperçu dans la fumée l’étoile du berger devant la Lune. Le froid sera moins dur que l’hiver de ces cœurs éteints. Tiens, réchauffe tes mains dans les miennes.

À la fin des guerres nous restera l’amour qu’ils n’ont point voulu pour se nourrir et tuer l’ennui. Ces êtres sont venus ici sans âme pour habiter. Ils errent dans les arcanes de la pauvreté.

À nous deux les richesses ! J’ai dans ma poche un morceau de pain et un oignon et toi dans ta gourde de la rincette de pivoine. Nous faisons ripaille de notre présent fortuné.

Oui, ma bossue, nous construirons un abri pour les nuits fraîches et nous ne quitterons pas nos chapeaux dans le grand soleil. J’ai mis notre enfant sur le dos dans le berceau de mes bras et il dort comme une merveille en plein jour.

Assoupis-toi contre mon épaule. Je reste éveillé à voir les ombres et entendre la rumeur. Les bruits de la guerre restent lointains. La hulotte pousse son cri de miséricorde.

Les êtres absents rôdent dans les limbes. Des êtres non-venus qui n’ont pu naître et dévorent leur peine en faisant craquer la lumière et en forçant le vent de la Terre à basculer dans un éternel crépuscule.

Je me suis assoupi contre ton flanc avec le bébé entre nous et au bruit du jour qui se levait j’ai chassé les ombres du dessus de nos têtes. Les ombres se sont cachées derrière les nuages.

Et il a plu. Mon petit bout de femme tu as préparé le feu et nous avons bu le café avec la première eau et notre bébé s’est collé à ton sein dans les gestes candides du matin d’aujourd’hui.

Aller ! Maintenant on marche. Je ne sais pas mon amour mais je sais que tu m’aimes et cela ouvre le chemin et je t’attends pour t’aider à passer avec notre futur immédiat.

Il pleut. Nous sommes heureux. Gardons-nous. La Lune est encore debout que le Soleil chauffe à fond. Sous ton chapeau tes yeux frais brillent dans les miens. J’effleure tes lèvres avec ma moustache.

Le petit gazouille et nous nous remettons en route. La ville n’est pas finie. La nature s’éloigne. L’horizon s’efface. Les êtres sans teint pressent leurs silhouettes entre les pages du cimetière des rues.

Les murs affichent leur froideur. Les éclairages révèlent l’élite sans courage qui se rue aux étalages. Il n’y aura plus jamais de nuit, c’est l’orgie. Les heures sont castrées dans des écrans.

Viens, ma mie, ma vieille on va s’inquiéter. Le pain n’aura plus que la forme du pain et le blé sera compté. Notre enfant, mais, … notre enfant, mais… Y aura plus de « mais ». Faudra dire si. Et ça restera là.

Jusqu’à la dernière étincelle, jusqu’à la dernière force. Je viens. Mon amour.

Mon poème est plus vivant que les vieux bouquins et me concerne. Et puis mon poème a plus d'horizons qu'une fade citation. Mon poème fait aussi entendre ma musique.

Je ne suis point égotiste puisque le peu que j'ai de moi je te l'offre sans compter. Mais c'est peut-être la jalousie qui te fait rouspéter et tu prends ta réaction comme une légitime réflexion ce qui est contraire à la pensée réfléchie que je sollicite chez mon prochain quand je lui propose de goûter mes trouvailles qui sont pour moi et pour commencer des grandes choses qui m'étonnent en premier et je voudrai savoir si mon émotion devant le monde est bien partagée et comment tu aimes si tu t'aimes comme je m'aime.

Et le poème c'est l'aventure de notre amour.

Et notre amour est le pays à défricher.

Et la friche c'est les mots qu'on a tracés.

C'est le bout du monde.

Et le monde est tabou.

Quand on a vécu toute sa vie en cage, on ne supporte pas la liberté.

Les gens colonisés et les gens convertis sont bornés aux barreaux de la cage qu'on leur a mis dans la tête dès la naissance, ils ne peuvent vivre en liberté car, quand ils ont à faire à des gens libres ils ne peuvent voir les choses que du point de vue de leur prison mentale.

L’activité de la science et de l’art n’a de fruit que lorsqu’elle ne s’arroge aucun droit et ne connait que des devoirs. C’est seulement parce que cette activité est telle, parce que son essence est le sacrifice, que l’humanité l’honore. Les hommes qui sont appelés à servir les autres par le travail spirituel qui naît seulement dans les souffrances et les tortures. Le sacrifice et la souffrance, tel est le sort du penseur et de l’artiste : car son but est le bien des hommes. Les hommes sont malheureux, ils souffrent, ils meurent ; on n’a pas le temps de flâner et de s’amuser. Le penseur ou l’artiste ne restent jamais assis sur les hauteurs olympiennes, comme nous sommes habitués à le croire ; il est toujours dans le trouble et l’émotion. Il doit se décider et dire ce qui donnera le bien aux hommes, ce qui les délivrera des souffrances, et il ne l’a pas décidé, il ne l’a pas dit ; et demain il sera peut-être trop tard, et il mourra… Ce n’est pas celui qui est élevé dans un établissement où l’on forme des artistes et des savants (à dire vrai on en fait des destructeurs de la science et de l’art) ; ce n’est pas celui qui reçoit des diplômes et un traitement, qui sera un penseur ou un artiste ; c’est celui qui serait heureux de ne pas penser et de ne pas exprimer ce qui lui est mis dans l’âme, mais qui ne peut se dispenser de le faire : car il y est entraîné par deux forces invincibles : son besoin intérieur et son amour des hommes. Il n’y a pas d’artistes gras, jouisseurs et satisfaits de soi. Je considère l’art dans son ensemble comme un vaste système de corruption, un culte du plaisir, une superstition de l’élite… dans la jouissance égoïste.

À TOUT À L’HEURE

Je voudrai que mes derniers poèmes soient le reflet de quelque-chose – d’une plaie peut-être – de véritable, plein des dessins que fait la plaie qui sépare les hommes et les femmes dans le refrain, dans le métal, dans la métamorphose de l’argent.

Je parle et j’existe au-delà de mon identité qu’on achète, au-delà de mon rêve d’enfant qui vieillit avec les rides de mes mains.

Il faut que mes poèmes soient ma force et mon enclume. Je pense aller plus loin que le rêve du monde mort.

Je t’écris du fond de l’abîme. Je t’écris aussi du haut de ma colline.

Mon chemin, mon île.

Accroîts tes rêves et construis ton chant. Donne des soleils aux musiciens. Déclare la guerre au monde.

Tu continueras de nous surprendre, de sursauter.

Nous finirons par étonner pour construire.

Y a pas d'âge pour être amoureux, jette ta bouteille à l'amer et te reviendront des effluves sucrées.

Croire c'est rêver et le rêve est bon s'il sent bon.

Le rêve d'Hamlet c'est la boue du malheur. Le mien est souvent une plaie, alors, je suis toujours en guerre contre le monde. Une plaie, oui, et je ne veux pas de pansement. Laissons la chair à vif tant que vivre nous démange.

Mets du sel dessus, ça ne cicatrise pas ! Tu jouis de douleur mais tu te sens vivre ! Je souffre, donc j’existe !

Toujours une main sur le coeur et un poing dans la poche. Partager c'est distribuer chacun suivant son mérite. Je suis bon ou méchant à volonté. !

Alors et ce ne sont pas là seulement de brillantes formules poétiques mais tout cela vient révéler le sens profond et tragique d'une vie humaine.

Je "déclare" toujours "la guerre au monde"; je n'ai point changé d'un iota, je me suis affiné et j'ai pris - enfin - du gras.

J'ai déposé dans mes premiers poèmes de l'énergie de ma jeunesse comme pour y puiser aujourd'hui un ravitaillement vivifiant qui me permettra de continuer le voyage de l'écriture.

Je pense à la chance quand elle délivre ses présents sur le chemin que l'on s'est choisi.

Je garde le cap. Et si le mystère m'empêche de te révéler ce qui va suivre, je suis sûr pourtant d'en partager les récoltes.

Soyons seulement présents quand l'offrande sera prête.

(Je n’ai pas de racines, j’ai des jambes.)

Ce livre ne pourra être lu que par les personnes qui savent lire.

Tout ce que vous trouverez ici consigné n’est qu’une petite partie de ce qui est transmis par le geste, par la parole. Vous y puiserez un petit tas de savoirs qu’il vous faudra encore expérimenter pour en avoir une véritable expérience.

Nous ne pouvons acquérir de connaissances qu’en quittant tout pour la pure aventure.

Aimer signifie donner à connaître, s’ouvrir à l’inconnu.

Et lorsque nous avons connu, pris connaissance, nous souhaitons avoir du nouveau à expérimenter.

Tout se règle avec l’énergie et le mouvement.

L’anarchie naturelle et, le non-sens de la vie.

Nouvelles anciennes du Mondistan :

Le Monde est colonisé par les fondamentalistes capitalistes, qui pratiquent la religion des marchands et des consommateurs au nom du Père le Profit, au nom du Fils le Crime et au nom du saint esprit l'Argent.

Le Monde est un grand magasin.

Si vous n'êtes pas consommateur, vous n'existez pas. Ce qui ne doit pas être n'existe pas.

Dedans le magasin vous êtes un client et en dehors du commerce vous êtes ignorés. Et s'il existe le service après-vente, vous êtes contrôlés parce que vous êtes créditeurs.

Nous ne sommes plus d'un côté ou de l'autre des murs, nous sommes dans le mur, nous y sommes scellés par la force et la lumière du Monde.

Nous sommes dans un même pétrin, modelés par les mains du boulanger à qui nous fournissons la farine.

La farine de chacun fait du pain.

La pâte lève et le feu volontaire donne au Monde ce pain de vie qu'on se doit de donner.

La farine de chacun peut faire du pain.

Peu importe la quantité si la qualité demeure.

Le Mondistan mange à toute heure.

Les morts ne s'en souviennent pas.

La Mort rôde quand le poète erre. Plante ta plume dans l'encrier de la vie et simule la trace de l'autre sur le miroir blanc des destinées. L'écrit vain est tout ce qui n'est pas écrit. Et l'écrit repousse la Mort. Écris comme tu parles et parles comme tu écris.

La parole nous rapproche de l'éternité. Le présent nous accable de ses mots, forgeons en de meilleurs, des remèdes, à l'anxiété comme à la simple déprime. On ne remue pas le passé sans en appeler à la mort des êtres et des choses; on ne fantasme pas sans payer cher ce qui nous manque.

Je parle d’éternité où l’amitié est l’égalité des amis.

Pour peu qu’on ne s’aime pas assez, vient à nous le début de notre désir sorti du ventre instinctif mais qui reste à la porte avec son grognement; le désir est inutile quand nous n’osons pas, que nous n’avons pas assez faim et alors nous reprenons nos jérémiades pour noyer notre déconvenue d’être aussi responsable de notre chute dans l’abîme incongru de la paresse de volonté qui se rit de la Mort car cette maladie de paresse dans la volonté est en affaire avec la Mort et lui paye à crédit une vie d’enterrement. La Mort n’aime personne, elle n’a que des intérêts.

On ne trouve plus d'artistes ils sont tous vendus à des causes au marché des Dupes.

Qui dira le prix d'une seule vie, qui donnera le goût au pain, qui recevra mon amour ?

Qui écrira ma supplique, qui chantera mes louanges ?

On ne trouve plus d'artistes ils sont pris dans le mur entre le magasin et la rue.

Il ne reste qu'un poète pour inventer la vie et il crache le sang.

Il ne reste que moi qui m’essouffle en chantant.

Le premier et le dernier chant pour les humains qui sont restés pour écouter le monde.

Et le monde tourne sans que personne ne se donne la main.

Tout ce pain jeté à la face des affamés !

C'est fait exprès !

Riez, pleurez !

Pour préciser une idée, ça peut prendre du temps. Y a les problèmes domestiques à régler. Les mômes à torcher. La déprime chronique. La paresse devant la mort. Pour avoir une idée précise il faudrait être partout à la fois et dire dans un même algorithme tous les points de vue simultanés d'un instant et les analyser, puis faire la synthèse et la même opération pour chaque souffle de vie. Et puis on s'aperçoit que l'on a mal posé la question, que c'est déjà le moment de se mettre à table. Faut pas rater le match. Une idée ? Ben, ça se rate !

Le temps est un voleur.

Toute croyance est vaine, toute idée demeure caduque en face du poète qui dialogue avec l’ Amour et la Liberté.

La fiction et la réalité n'ont rien à faire avec le rêve. La fiction et la réalité sont des fantasmes, des apparitions, des fantômes. La fiction est faite d'irréalité et la réalité de fictions.

Le rêve appartient à la vie de la liberté et de l’amour. La fiction et la réalité sont donc ennemies du rêve et volent à la vie.

On vit de fiction et dans une réalité logique et notre instinct produit ses fantasmes parce que nous devons coûte que coûte vivre notre rêve. L’instinct de vie est plus fort que la mort (à moins d’être déjà mort pour avoir renoncé à la liberté et à l’amour).

La vie est un rêve alors vivons avec toute la vie qu'on possède ici et maintenant, dans le présent, éveillé ou dormant, à construire notre rêve en vivant, et notre vie en rêvant.

Enivrons-nous dit le poète. La vie n'a qu'une tête à balancer. Vivons, rêvons, buvons !

Que les bavards écrivent ailleurs où on n'ira pas lire ceux qui riment ailleurs. Et qu'est-ce qu'elle dit la rumeur présente à part se présenter à n'en plus finir. C'est quoi qu'on veut dire ? Parler, parler seulement pour parler ? Filtrer l'inconnu qui nous épeure ? La rue meurt de la rumeur vide. Le vent prend des mots plus vifs. Le sang est plus lourd car je meurs dans vos rues sans mots nouveaux. Je préfère me taire plutôt que ruminer. Les vaches sont bien gardées et nul besoin de leur murmurer des humeurs d'enfants gâtés, le lait pissera par la mamelle des bien-entendus. Nous y boirons notre cru, pas besoin d'en faire un fromage, la rumeur est crue quand les carottes sont cuites.

C'est parce que je peux tout dire que j'ai une conscience.

Je me pose les mêmes questions que toi quand je regarde et écoute autour de moi la vie qui m'interpelle mais je n'oublie pas que ce que nous faisons nous le faisons depuis toujours puisque nous avons été éduqués par imitation de personnes qui nous ont montré l'exemple et d'autres encore qui, dans leurs œuvres font appel à l'intelligence et que, notre révolution est permanente, comme chaque jour où nous ouvrons nos yeux qui nous voit plantés là en plein soleil avec nos petits bras et notre grande gueule. C'est notre devoir de dire et la forme de notre parole est en état d'urgence et, si elle prend des allures d'aventurière c'est que nous pressentons qu'il nous reste le temps comme ami pour nous distraire de la monotonie de nos suppliques. L'amour dans notre coeur et la liberté de nos pensées trouvent à s'immiscer dans le poème quotidien. Comme le pain qui fait son histoire à chaque fournée. Comme le bien trouvé le jour, et vivant dans le passage obligé de la nuit. Et ça nous fait rigoler comme des bossus tapant sur leur âne infatigable.

LA RELÈVE COLLABORATRICE

Les idées aux logis des petits bourgeois oisifs reproduisent les tares du fascisme dans leurs salons confortables, la bedaine pleine et les armes des ancêtres sous la main comme joujoux innocents et qui garantissent l'organisation de désordres utiles à la répression contre les poètes vivants et les aventuriers de la révolution permanente que sont les humains libres et amoureux, lumières de l'intelligence et acteurs dignes d'exemples pour la jeunesse du monde. Ces petits voyous révoltés contre l'autorité contestée mais admirée de leurs géniteurs ne sont que les fleurs empoisonnées par le mépris de l'autre et qui donneront les fruits pourris de la misère avec son corolaire de violence.

La société du spectacle met en scène la guerre urbaine contre toute velléité de prise de parole solitaire inutile pour l’individu sacralisé par la liberté de choix et contre ceux qui ont choisi la liberté par amour mais dont le comportement ne reproduit aucune idée à vendre.

L’évolution des concepts gauchistes permet aux voleurs de vie – exploiteurs et dominateurs impuissants d’aimer – d’adapter leurs discours et leurs propagandes pour faire de chaque citoyen un client en lui servant ce qu’il aime voir et entendre à savoir sa propre rédemption dans l’usage de la consommation.

La « New Babylon » recrute des délateurs parce que, pour amasser des profits, elle doit ignorer ce qui n’existe pas et qui ne doit pas être : le citoyen libre et heureux sans magasin; les amoureux de vivre sans crédit; les sans compte bancaire. Les délateurs servent à emmurer ceux qui ne sont ni d’un côté ni de l’autre des murs des commerces.

Bref, les paroles de l’élite dite intellectuelle de gauche situationniste sont le bégaiement de bons à rien prêts à tout pour se singulariser mais qui, une fois qu’ils ont allumé les mèches de leurs bombes, se réfugient chez leurs parents et laissent le pauvre monde subir un carnage et les Hommes libres se faire arrêter par la police populaire administrée par leurs parents qui cachent les fruits de leurs entrailles, quand ils écrivent les livres d’histoire pour créer des héros et des victimes afin de sanctuariser le crime.

Les révolutionnaires ont toujours un révolver, ce qui prouve la faiblesse de leur politique.

(Au critiqueur gauchisant : Tu dois être du côté de la police car tu fais comme elle : tu fais semblant de ne pas comprendre pour que l'on entende que ton discours et te laisse la prérogative de tes actes).

On peut s’inventer une identité quand on est orphelin de tout, apatride, exilé. La Terre est le véritable pays. L’identité fixe et stable est chez la police.

S'enraciner c'est peut-être bien mais quels sont les fruits que votre arbre est capable de donner ? Les enfants sont des fruits naturels mais, qu'êtes-vous capables de donner de vous-mêmes ? Sans compter ?

La générosité est aussi rare qu'un grain de blé dans un tas de sable.

La nature est généreuse mais l'Homme est trop souvent avare avec lui-même. En privant l'autre de ce qu'il se devrait de donner, il se prive lui-même d'amour car il a une propension à souffrir et à faire souffrir. Et, au lieu de chanter son contentement, il interdit ses pensées qui lui disent qu'il faut donner tout de soi-même pour que tous les Hommes soient riches !

Ô, pauvre qui s'ignore ! Avare de ta personne, tu n'es que désolation !

L’identité est imaginaire : nous sommes tous des humains, point ! Vous jouez le rôle qui vous convient mais vous n’êtes pas forcément le metteur en scène !

Fous ! Vous pouvez jouer à tout, mais c’est le roi qui juge !

Citoyen, vous vous nommez, mais d’un trait vous êtes rayé de la liste !

Changeons de noms comme les jours toujours humains mais si changeants ! Seul le vent adoucit ma peine de voir défiler les Hommes entre les barbelés de leurs drapeaux et qui vont s’humilier au lieu de vivre debout comme la nature a prévu, sans peur et sans reproche. Sans un mot la vie vit.

Nous sommes la vie et nous possédons la vie cela suffit pour vivre, non ?

Les rois, les chefs, les patrons, les parents ne sont que des personnages.

Jouer à l’humain sans nom mais avec un cœur sera le meilleur souvenir de votre passage.

L’anonyme bienfaiteur porte un nom sur son cœur que seul l’aimé(e) peut lire.

Le français n'est menacé par personne et si l'anglais devient la langue universelle nous aurons une langue commune pour tous et c'est tant mieux.

Personne ne me menace. La langue française est ma langue intérieure. Et si j'ai du succès sur les places où je joue je le dois très peu au fait que je m'exprime en français. La preuve est que j'ai joué pendant 10 ans deux de mes contes musicaux avec texte en argot - donc beaucoup de français ne pigeaient pas tout - et devant beaucoup d'étrangers et le public refusait toute traduction car la force de mon style est - disent-ils - chaplinesque. Les mots ne représentent que 12 ou 15 pour cent dans la communication orale, le reste c'est la physionomie, la présence, la voix, la gestuelle, le costume, l'odeur (!) le regard,,, et d'un regard tu peux éloigner l'étranger alors, le français... (75 pour cent des français ne lisent pas un livre dans l'année; les journaux ne publient aucun poète, il n'y a plus de feuilletons populaires dans la presse...).

Le grand Hugo m'inspire car les légendes se répètent par échos de siècles en siècles. Ce n'est pas pour rien que j'ai interprété Gavroche tout au long de ma vie, celui des "Misérables"; mais j'ai aussi créé pour lui d'autres histoires, des scènes parlées, des pantomimes, des chansons en imaginant que Gavroche n'était pas mort sur la barricade rue Rambuteau en chantant mais qu'il s'était endormi et se réveillait aujourd'hui. J'ai joué cette version moderne pendant 20 ans ! Ma compagnie de théâtre musical s'appelle Gavroche et Chiffon, et Chiffon - la sœur de misère de Gavroche a toujours la joie de vivre tandis que Gavroche est triste et révolté et croît à la révolution sociale...) donc, Chiffon, une petite souris de Paris, une grisette des faubourgs, est le personnage de femme-clown que j'ai créé sur mesure pour Anna-Rita Torelli ma compagne; nous jouons ensemble depuis 25 ans dans beaucoup de pays mes contes musicaux "La farandole" et "La bamboula". J'ai créé un répertoire riche de scènes, de monologues, soliloques, chansons, chansonnettes, airs d'opérette, une "Messe pour une petite grande âme" - une chanson de gestes, etc.

Lorsque je te dis "Je t'aime plus que moi"

Je veux te parler de ce Moi haïssable

Qui me rend égocentrique, Moi mon ego

Qui ne trouve satisfaction que dans la séduction

Des êtres et des choses

Des êtres et des choses, je voudrai

Que le nécessaire pour donner l'utile

Aux êtres, toutes les choses

Aux êtres:

Race animale

Race végétale

Et race humaine

Et aux choses:

Le beau

Le vrai

L'Art

Humaine race familiale sur la Terre dans la Lune au Soleil dans le Vent sur la Mer

Humaine race familiale,

goûte à l’adversité et goûte à la fraternité,

contre la Mort

pour vivre.

Le nécessaire pour une personne :

manger

boire

dormir

se vêtir

s'abriter

Et l'utile pour les autres:

la pensée

les outils

la connaissance

l'expérience

LE POÈTE ASSASSINÉ

Apollinaire est mort dans le plus grand dénuement et la solitude car les vieux machins de l'époque ne le considéraient pas encore comme assez mort pour se taire et leur rappeler que, eux, les éditeurs ratés et autres sans talent vivaient comme des morts alors que lui, le poète, vivant ou mort vit par-dessus l'éternité. Les nécrologues de l'art de vivre sont les fossoyeurs de la joie et de l'innocence. Ils ont la bedaine pleine et parfois des diplômes ces oisifs de la cervelle qui ramassent après leur dernier souffle l'écuelle des malheureux pour leur collection d'artefacts. On ne garde que ceux qui ont un certificat de décès établi par les conservateurs et qui sont reconnus comme chaire inerte à triturer pour en faire de jolis mots et catalogues dans leurs salons mortuaires. Et l'on réédite à qui mieux mieux les stèles inamovibles des preux tandis que le vivant valeureux, aventurier de ses noces avec la vie, est mis de côté dans l'indifférence polie des censeurs. Le poète, de son vivant, à moins d'imiter servilement ce que les conservateurs apprécient, n'a que le choix de dire et de chanter sans être entendu, car les humains ont la paresse de prendre pour acquis ce qui leur est donné, sans avoir à se questionner où répondre aux paroles qui s'envolent du coeur des amants de la vie que sont les gens libres amoureux sans raison. Ces collectionneurs d'art jouissent de posséder ces reliques mais n'ont point de coeur pour aimer celui qui les ferait vivre autrement que dans leur costume de croque-morts. Et l'on se fiera pour l'instant aux avis des spécialistes pour déchiffrer ce que l'on est incapable de concevoir mais qui, avec des formules, des théories et des concepts permet de se faire accroire que l'on est bon, intelligent, généreux et, qu'en plus on a du talent par-dessus les tombes. Nos enfants n'ont qu'à s'aligner pour servir cette viande froide et les cons vivent heureux d'être bêtes. Le poète, l'aventurier, l'Homme libre, n'a que faire de ces réunions mondaines, de ces rassemblements de "poètes officiels" qui nuisent à l'entendement des muses parce que le temps demande la paix, le pain, la parole aux malheureux. On ne devrait écouter que les poètes vivants qui ont faim, qui ont peur, qui ne sont pas écoutés par leurs contemporains, ceux qui sont hagards et sans yeux ni oreilles parce-que les meilleurs et les plus forts leur marchent dessus comme s'ils n'existaient que dans la poussière piétinée par la vanité orgueilleuse des bourgeois. Apollinaire s'en souvient quand il rentre à l'hospice pour y laisser sa carcasse désolée. Le poète ne quittera pas ses semelles de vent car c'est à cela qu'on le reconnaît. Les bibliothèques et les musées connaissent si peu les véritables aventuriers qui, pour leur sécurité ont préféré, dans l'anonymat, donner gratuitement ce qu'ils avaient à donner. Car le don du poète lui est gratuit. Il est la vie. Le début et le commencement. Alors, bourgeois, accueillez-le au moins une bonne fois, comme votre sauveur. Mais les bourgeois, qui passent vite de vie à trépas, n'ont pas le temps pour aimer, l'argent est leur seul dieu et la monnaie leur consolation. Qu'on édite et qu'on médite les morts ! Rabâcher des paroles mortes est le passe-temps des bourreaux. Les victimes sont les contemporains, clients pour la viande morte. Les poètes se moquent de ces fariboles qui ne les atteignent même pas. La muse ne materne que l'enfant roi. Et le roi sera celui qui, soldat et poète, conquerra le vent !

La liberté ne se négocie pas ; on est libre ou pas.

Par amour des accents sur des mots majuscules:

LIBERTÉ

BEAUTÉ

HUMANITÉ

L'accent aigu

Sur les choses graves.

Nos voix ont assez d'ailes pour porter nos messages.

Ce n'est pas tant la force des méchants qu'il faut critiquer mais la faiblesse des meilleurs, leur paresse de volonté et leur timidité morale.

Mes dix doigts me suffisent pour compter sur moi.

Au travail, les artistes ! La rue meurt de vos silences ! Que les pouvoirs gardent les ruines et que poussent les ronces dévorantes ! Au travail ! On part à pieds avec le vent dans les mains. Pétris de certitude que l'éternité est là, et que sa rumeur sous nos pas s'enfonce dans le sable. Nulle trace que ce verbe qui ne meurt jamais que si l'on lui laisse le pouvoir de se taire.

C’est à la curiosité et aux dons gratuits que l’on peut mesurer la grandeur d’une civilisation.

Toujours des révolvers pour prouver la faiblesse de leur politique.

La place publique est vide

Depuis qu'on a enlevé le poète

Qui comptait nos ventres vides

Et nos querelles désuètes

Le marchand chasse l'oiseau

Qui chante la nuit le jour

La Liberté l'Amour

Ne boivent que de l'eau

HOMÈRE

La croyance à "L'aveugle" pauvre victime du sort qui a la sapience (sans voir ni avoir vu : il sait, et devine) et, la croyance à l'innocent qui fait des miracles, à l’étrange étranger qui nous révèle à nous-mêmes, cela existe chez les Ignares parce que le véritable savoir, les véritables richesses sont dans le coeur de l'aimable. Le handicap d’Homère émeut parce qu’il nous rappelle notre humanité qui n’est pas sans défauts et, en même temps, il nous répète que nous savons que nous savons, que nous ne sommes pas innocents… Les Ignares ont oublié qu'ils peuvent avoir aussi du génie pour peu qu'ils ouvrent la bouche et laisse aller leur langue en suivant les chemins chaotiques de leurs aventures - si par de-là leurs habitudes ils se souviennent des bruits du voyage qui les a menés sur cette Terre. Homère signifie littéralement "L'absence de jour" car il ne s'agit que de paroles qu'on entend mais ne peut voir. L’Iliade et L'Odyssée sont deux ouvrages composés par des scribes qui ont collecté les histoires à la source de la tradition orale auprès des gens du peuple des campagnes et des bords de la mer. Y sont mêlées les péripéties historiques de la Grèce de cette époque épique. Le tout a servi à éduquer des générations de grecs. Les véritables auteurs c'est le peuple mais, il faut être né poète pour avoir reçu gratuitement le don de transmettre.

LÀ, JE PARLE DE MOI :

Mon problème c’est que je n’ai à faire qu’à des trouillards qui ont la tête dans le cul et qui ont peur de vivre. Ils survivent dans leur petit confort douillet de consommateurs, et s’enlignent suivant l’idéologie dominante de soumission et de ferme-ta-gueule. Y a plus un seul poète debout pour construire la paix tout de suite, et faire de chaque instant un fête. Ils ont tous fait leur révolution, et puis se sont endormis dans leurs compromis; ils ont tous de bonnes raisons de n’avoir pas le temps pour personne, même pas pour eux, pour se regarder la conscience, dans le miroir grossissant de leur suffisance. Ils ne s’agitent que pour avoir, et posséder, ils ne complotent que pour imposer leur identités numérisées, et ils affirment qu’il y a de bonnes guerres, et pour tout cela ne contestent jamais les budgets militaires, ni n’entravent la circulation des assassins en uniforme qui protègent ainsi la cause de la terreur : les banquiers, les pétrolières, les usines d’armements, l’industrie chimique et pharmaceutique sans compter la pire entreprise de fabrication de la mort absolue que sont les centrales nucléaires. Ils se déresponsabilisent par leurs votes, et mettent en place des fonctionnaires policés. La délation est une qualité sociale. La moitié de la population surveille l’autre moitié. Tout le monde travaille à Babylone.

Y a plus de courage parce qu’il n’y a plus de cœurs valeureux. Ils ont tous un téléphone pour acheter leur damnation et s’exprimer par le vide.

N’Y a donc personne pour parler d’une bonne paix, d’un pain partagé, d’une parole nourrissante et d’une joie incommensurable.

Je prends le maquis tout seul.

Il faut faire les choses d'abord pour soi.

Mais si tu fais les choses pour être reconnu ou vendre quelque-chose, attends toi à déformer ta propre personne et devenir qu'un sujet de critiques vraies ou fausses. Je vous dis cela en pure amitié pour vous mettre en garde contre tous les marchands de bonheur qui ont la bonne parole facile. Beaucoup sont des faussaires qui, par pur hasard, réussissent à formuler quelques-uns de leur bafouillage et même à prouver leurs caquetages par des exemples échevelés et même entrent en transes schizoïdes pour paraître habités par quelque inspiration imaginaire. Ce ne sont après tout que des cupides souffrant d'un mal affectif. Leurs visions maladives mènent certains à créer une secte et, il arrive aussi que cette même secte soit récupérée par des gens assoiffés de pouvoir et qui veulent conquérir le monde par la force mais dans la douceur de la persuasion. Alors, les méchants (impuissants d'aimer avec le coeur simplement), organisent une propagande avec les mots d'une secte qui vend l’espérance et le bonheur à crédit. L’illusion est la maladie, la marchandise est le remède. L’auteur, ou les auteurs des sectes sont appelés maîtres ou prophètes ou docteurs. Les charlatans sont à la mode dans les sociétés qui vivent de l’illusion de la liberté. Les humains qui ne se soumettent pas à l’idéologie de la consommation sans demander à voir la qualité de la marchandise - et posent des questions sur ce qui paraît inébranlable, sont appelés marginaux, renégats, traîtres ou apostats. Les humains, paresseux de nature, sont facilement crédules. Il faut donc faire les choses pour soi, et avec soi-même, en heureuse compagnie.

L’ANIMAL HUMAIN

L’animal humain soumis à ses instincts, n’aspire qu’à être quelqu’un et avoir quelque-chose. Il entre en concurrence avec les autres animaux et, pour évaluer combien il coûte sur le marché des décervelés, il invente une hiérarchie des valeurs en ayant comme maître étalon un super-animal humain au-dessus de lui qui le conforte dans sa petitesse mais lui procure l’espérance d’être le plus puissant et, cet animal surhumain qu’il a imaginé, lui fait la charité d’avoir un maximum de pouvoir afin d’écraser ses concurrents. La peur animale l’oblige à inventer une infinité de lois surhumaines et alors il peut proclamer des interdits pour réglementer le marché des êtres et des avoirs. Ce qui le relie à son maître étalon n’est que la chaîne d’un esclavage qu’il nomme liberté mais qui n’est que le signe de sa maladie mentale d’animal humain souffrant de l’illusion. Ainsi devenu laid il n’est plus que la négation de la beauté du monde dont il est exclu, il n’est plus personne pour le Soleil fraternel. L’animal humain impuissant d’aimer n’a que des intérêts dans la vie. Et il n’a pas d’amis comme il déteste sa propre compagnie, n’ayant rien à donner, le cœur sec, il ne vit que pour prendre et prétendre. Il arrive parfois qu’il disparaisse couvert des crachats de la gloire et dépossédé de ses titres de propriétaire qu’il abandonne à ses héritiers féroces indigents.

LE SECTAIRE CIVILISÉ

Le sectaire civilisé est un animal humain qui a décidé de faire du monde sa propriété. Il cache son âme de loup dans la peau d’un mouton et revêt l’uniforme ou le costume-cravate pour s’infiltrer dans le troupeau et faire sa propagande clandestine. Avec les moyens matériels qu’il récolte auprès des bergers corrompus, il égorge de ci de là des moutons qui broutent l’herbe et ne voient pas le ciel. La panique s’empare des bêtes lorsqu’elles respirent l’odeur du sang; lorsque l’ombre du loup grandit dans la lumière de la Lune argentée par les usuriers. S’il le pouvait le sectaire volerait aussi le Soleil. Mais il n’a que le reflet de sa gloire dans ses yeux avides et sanguinaires. La Lune veille sur les bergers au bon cœur qui, dès l’aube renaissant, chassent les ombres des sorcières qui effrayent les troupeaux innocents. La civilisation reprend son champ dolent et paresseux pour l’amour des preux et l’insouciance des poètes.

DONNE !

Si tu nous offres tes poèmes, ils sont, - sans doute et tout de suite – meilleurs, car tu prouves d'abord ton don de donner de toi-même. Et tant pis si l’on trouve tes poèmes mauvais, de toi on garde le souvenir d’une bonne et généreuse personne. Certainement que l’on t’invite à partager un verre ou plus. Pour ta gentillesse, pour te consoler aussi de n’être pas le scribe d’un génie qu’accompagnent les muses. N’est pas poète qui veut. Et, bien prétentieux celui qui veut l’être, poète, sans n’avoir jamais rien donner à connaître, ce qu’il a reçu gratuitement et qu’il se doit de donner. La vanité de l’égo n’a rien de virile. C’est la tendresse des gestes et la classe du port de tête qui affolent. Les foules ne sont séduites d’abord par rien - que le don prononcé à la place d’un cœur anonyme et qui bat sans arrière-pensée. La vie, on l’a reçu gratuitement. On est un humain sans être quelqu’un. Poésie est le synonyme de la vie quand le poète fabrique son chant. Et s’il nous plaît d’entendre les vers d’un poète, c’est qu’il a trouvé ce qu’il ne cherchait pas et qui nous met en émoi. Nous levons notre verre pour faire vivre la poésie et griser le trouveur. Le bonheur est à ce prix qu’il n’est pas à vendre ou échanger mais se partage comme le pain de l’amitié en égales parts de tendresse. Une trouvaille qui m’aille et c’est la beauté ! Le poète s’ignore quand l’amour rimaille à volonté.

NI ÊTRE, NI AVOIR : V.I.V.R.E !

Nous sommes des Humains et nous avons la vie - c'est tout !

« On » est con.

Jamais soumis, d'égal à égale, l'amitié se partage de toutes les façons. Morts aux cons de la contrefaçon, de la morale et du qu'en dira-t-on. Et pis, si le gars embrasse la fille sur le pied c'est que la fille prend le sien ! « On » est con.

Évidemment, l'amour est un jeu d'enfant interdit aux grands. Les adultes se pervertissent en devenant public et donc jugent en tant que clients ce qu'ils ne peuvent s'offrir gratis. Et puis les adultes châtient l'amour parce qu'ils ne savent pas donner et souffrent dès qu'ils aperçoivent la beauté à laquelle ils n'ont pas accès. Alors, ils paient ou prennent de force et dans leurs mains sales il ne reste que l'os. La chair est aux gourmands valeureux quand les avares au coeur sec ne paient que très cher l'illusion. La beauté est un crime chez les Cupides quand elle s'offre aux cupidons. La jalousie est la maladie des propriétaires de la laideur. Le frère doit protéger la sœur des prétendants à l’enfermement.

VIVRE C’EST SENTIR

Pour certains il s'agit de la liberté de se choisir une cage plutôt qu'une autre, et pour les autres il leur suffit de savoir qu'on ne sort pas de l'existence et donc le baratin des charlatans les ennuient. Les idées sont des marchandises qu'on n'emporte pas dans la tombe. Pour vivre il suffit de sentir. Vivre, c'est sentir.

N’Y a-t-il donc personne pour parler d’une bonne paix, d’un pain partagé, d’une parole nourrissante, d’une joie incommensurable ?

LA CULTURE DE LA GUERRE

C'est petit. Mais ça suffit pour la petite élite qui réussit à déchiffrer La Presse. Il n'y a presque plus d'artistes capables de s'adresser à l'intelligence du peuple. Et les outils d'expressions sont inaccessibles parce qu'accaparés par l'élite fangeuse de la petite bourgeoisie qui se croit cultivée parce qu'elle sait se gargariser de bons mots. Les Maisons de la Culture, comme les théâtres publics, sont gardés par des agents de police culturels. Les musées exposent les reliques des cadavres côtés en bourse et recomposés. Les poètes aventuriers qui vivent librement et sans écoles, crèvent dans le mépris et l'indifférence polie des ministères de la guerre contre la vie: l'amour est toujours un péché et la beauté un crime pour tous les anciens paroissiens dont la vertu a des vices qui sévissent avec des croix dans des cases correspondantes à l’enfermement étatique et communautaire et les docteurs de la foi et philosophes de salons mortuaires, spécialistes de la castration de la jeunesse et pourvoyeurs de candidats au suicide, fossoyeurs de la jeunesse, se partagent le sadisme à pérorer dans les médias publiques tandis que les flics ont nettoyé toutes les places où s'exprimait la culture populaire.

Les armées créeront les derniers chefs-d ‘œuvres.

CET ART QUI FAIT FUIR LA BEAUTÉ

Ces choses que vous montrez, on peut les appeler tableaux parce que c'est de la peinture – ou toutes sortes d’autres matériaux hétéroclites répandus, collés sur des toiles fixées à des cadres. Mais, cela en fait-il des œuvres d'art ? Cela ressemble à des barbouillis jolis de mélanges hasardeux de couleurs crues qui sortent du pot mais qui ne sont pas nées d’une palette de lumière qu’un peintre aurait modelée avec tous ses sens en alerte et l’outil de son œil aux aguets. Il n’y a pas la touche neuve de pinceaux émus qui nous conteraient l’instant éternel d’une vie. Il n’y a pas le frémissement des lignes pour y sceller un sentiment profond. Ces choses dégoulinent de paresse volontaire ou d’ignorance arrogante. Ces gâchis laissent les sens engourdis et la critique muette. Ces fausses œuvres, ce faux travail ne font nullement appel à l’intelligence, ne provoquent pas la pensée, ne bousculent aucune idée. Bref, il n’y a pas d’art ici parce qu’il n’y a pas de métier, ni le don d’un génie aimé des muses.

Et l’on peut trop souvent voir dans toutes les autres disciplines qu’il n’existe presque pas d’artistes qui travaillent dans l’urgence du dire.

Nous avons à faire avec des individus qui s’agitent dans un consensus qui n’exprime que la reddition, et ces tristes faiseurs collaborent à la censure générale de tout acte amoureux.

Ces artistes rebelles sont engagés dans un combat contre l’intelligence. Leur poésie est l’arme des médiocres qui voudraient emprisonner le beau. Mais la beauté n’appartient à personne et elle est insaisissable. Vous pouvez en fabriquer, en vendre, en acheter que l’illusion. La beauté s’enfuie devant les voleurs.

PATRIMOINE : SAUVEZ LES VIVANTS D’ABORD !

Cessez de fabriquer le passé, de remuer les vieilles pierres, de balayer le sable, de gratter les vieilles croûtes, d’ouvrir les tombes !

Soyez vivants avec les vivants ! Les morts n’ont plus faim! Les morts ne bandent plus !

Et la jeunesse est éblouissante, regardez-là !

La jeunesse veut !

Vous, vous voudriez ! Vous espérez! Vous priez un autre que vous !

La jeunesse se prie elle-même !

Mais! Beaucoup d’entre-vous sont nés vieux, assis sur des terres cultivées par le présent, et voudraient empêcher l’herbe verte de pousser !

Heureusement la vie fleurie de partout et passe à travers les pierres tombales des chemins.

Heureusement les stèles se renversent.

Mais vivre vous fatigue et vous traînez votre effort en râlant, courbant la nuque aux maîtres du temps.

Le temps n’existe pas pour l’amour !

Le temps est une mesure de mort !

Le temps appartient à la mort !

Et alors ?

Alors, rien, viens, mon chien, viens ma belle, chante l’oiseau, souffle le vent, brûle au soleil !

J’ai assez de mes dix doigts pour compter sur moi.

Et puis, et puis, je sais pas, tout, oui, tout arrive !

Arrive ce que je veux qui arrive. La paix, les coups, à genoux ou debout !

Je choisis !

Un baiser ou une ruade !

Un tango ou une ballade.

Je suis vivant !

Je suis vivant, et qui est avec moi est vivant !

Les autres ? Est-ce qu’il y en a seulement, des autres ?

S’il y en avait, des autres, je ne les aurais seulement pas vus.

Je me fous du passé ! Je suis pressé !

Je suis pressé dans les bras de ma Destinée. Ma Destinée que je baise, que je baise comme le Soleil baise les joues de la Lune…

Mon patrimoine est la patrie des moineaux qu’on n’empaille pas.

MORT DE L’INTELLIGENCE

Je m'amuse pour vous expliquer comment on a le droit à l'indifférence polie de la communauté du mépris par des gens qui préfèrent leur patrie à l'Humanité et qui inventent la Nation pour établir des différences. Ces gens de la culture établie qui opposent leur dictat à toute critique. Les commissaires et les agents culturels ont - depuis longtemps - évacué l'éducation et l'art populaire de la place publique. Il ne doit paraître qu’une seule idéologie : la haine de l’intelligence. Leur ministère culturel entretient religieusement des reliques populistes. Dans la pratique il s’agit de sadiser le public en lui offrant la possibilité de se livrer à ses instincts animaux. Les arts comme les sports sont la consécration de l’alignement des masses à la consommation. C’est l’État de guerre. Il en naîtra des chefs-d ‘œuvres. La postérité des voleurs de vie et des criminels de l’Humanité est assurée. Le monde des affaires a de jolis divertissements.

Ce nom de Pierre

Je l’ai trouvé par terre

J’aurais fait de moi

Une fronde

Sortez, et montrez leur que vous avez la joie de vivre, que vous êtes heureux malgré eux ! Regardez seulement ce qui est beau et laissez-leur l’enfer !

Soyons l'écho des mots qui sortent de notre gorge ! Crions ! C'est nous qui passons ! Les morts ont fait leur temps !

Le progrès c’est la ronde des humains.

La victoire attend d’autres batailles.

Où voulez-vous qu’on aille ?

Y aura le soir et puis le matin.

Le banquier a des banques

Le soldat du sang

Le chef est aux commandes

La vérité aux toilettes

Image fantôme

Pensée des morts

La culture des étoiles ne donne pas la lumière

Remuer la terre ne fait pas d’ombre

L’écrit doit crier quand la parole manque

Les mots sont avares de sens

Le faux artiste jouit en cachette de son œuvre oisive

Rimbaud est le riche maître de l’esclave

Ils vendent leurs désirs à des insatisfaits

Et recommence leur quête inutile

J’ai reçu ce nom de Pierre

En pleine tête

Des pensées inquiètes

M’ont surpassé

Ce nom de Pierre

Je l’ai trouvé par terre

J’aurais fait de moi

Une fronde

INTERVIEW D’UN TROUVEUR

Le Journaliste : Monsieur Pierre Montmory, vous êtes reconnu !

Pierre Montmory : Bien-sûr, mes parents m’ont reconnu à ma naissance et les gens qui m’ont déjà vu peuvent me reconnaître.

Le Journaliste : Vous êtes un poète.

Pierre Montmory : Oh, bien prétentieux celui qui se dit poète. Je ne connais qu’un seul poète, c’est le créateur. Quant à moi je ne suis qu’un trouveur, c’est-à-dire le scribe d’un génie qui est accompagné des muses.

Je ne fais que recopier ce que me dicte le créateur quand je sens qu’il a quelque-chose à me dire. Alors je prends ma plume et mon travail consiste à corriger l’orthographe et à soigner la syntaxe.

Je Journaliste : Vous êtes aussi un écrivain professionnel.

Pierre Montmory : Oui, on peut dire que je suis un professionnel car je pratique depuis longtemps l’art d’écrire et qu’une certaine expérience m’est acquise et cela me permet de rendre publique des œuvres fabriquées dans les règles de l’art.

Mais, je ne me vois pas employé à faire des lignes pour un patron qui me servirait ses modèles et directives. J’aime trop la liberté pour la négocier dans des choix ou bien pour négocier une liberté illusoire. La liberté ne se négociant pas, c’est vivre comme il se doit qui me guide et nul besoin d’être quelqu’un et d’avoir quelque-chose Je n’ai pas l’intention non plus de prendre ou de participer à un marché de dupes pour quelque rémunération et la promesse d’être inscrit au fronton des célébrités.

Le Journaliste : Quelles sont ces muses dont vous parlez tant et qui vous accompagnent ?

Pierre Montmory : Ce sont mes amies de toujours. Mais je ne révèlerai pas leurs noms ici, je ne dis jamais le nom de mes amis.

Le Journaliste : Vous êtes rarement publié, les médias vous ignorent, et vous n’avez jamais été subventionné.

Pierre Montmory : Je ne suis pas publié mais je suis lu et entendu dans les lieux de vie du peuple, sur les places publiques où je donne gratuitement ce qui m’a été offert gratuitement à la naissance ! Je ne mourrai pas sur une étagère entre des critiques de spécialistes et des agents culturels.

Le Journaliste : Pourquoi avoir choisi le métier d’artiste ?

Pierre Montmory : Je n’ai rien choisi du tout à part ma liberté. Ce sont des artistes - qui m’ont instruit et produit - qui m’ont choisi car – pensaient-ils, j’avais du talent pour ces choses. Le public l’a confirmé qui continue à m’attendre en tournant les pages renouvelées de mes trouvailles.

Je tenais à peine sur mes pattes qu’on m’a donné un pinceau, des couleurs et une feuille vierge et l’on m’a demandé de faire le portrait de mon nounours que j’appelais Riquiqui. En moins de deux je me suis exécuté et les gens ordinaires comme les artistes qui étaient présents en restèrent ébahis !

Le Journaliste : Vous n’avez jamais appris ?

Pierre Montmory : Je pense que ce que l’on sait vraiment, on l’apporte avec soi en naissant. À la petite école ou j’aimais aller, j’ai appris à lire, écrire et compter dans la langue de mon quartier de Terre et j’étais déjà sûr d’un fait : je savais. Quoi ? Tout et rien. C’est en avançant dans la vie avec tous mes sens en alerte, avec la curiosité, puis en offrant mes dons aux autres que je me suis connu.

En me donnant à connaître je rencontre mes amis de toujours, et attire à moi mes amours. Et quand j’ai connu je quitte les autres pour rester seul en ma compagnie et me mettre au travail dans mon atelier.

Je me pousse au c… Et ce n’est pas toujours facile à cause que je suis paresseux de nature. Alors, j’invente un conteur imaginaire, un conteur qui ferait tout le travail, le paysage, les bruits, les personnages, la météo, et j’y mêle les intrigues et les anecdotes que j’ai cueillies dehors, je m’inspire de tout et de tout le monde.

Je donne à mon conteur une voix en dedans de moi et alors, seul avec lui dans le calme de mon atelier, je l’écoute.

Je recopie ce que je crois entendre mais que je devrai relire et relire encore pour en comprendre - non pas vraiment toujours le sens - mais surtout y ajuster la syntaxe et l’orthographe pour que le futur lecteur ou auditeur arrive à trouver lui-même un sens qui lui convienne.

Le journaliste : Et les muses, dans tout cela ?

Pierre Montmory : Les muses sont des femmes de notre peuple d’humains qui chantent pour charmer, éloigner le mal et guérir et nous divertir !

Au frémissement intense de la vie - que l’ignorant nomme la peur, le cœur tremble et la douceur d’une eau vive vient le rafraîchir. « Bonjour le jour, bonjour l’amour ! »

Je prends ma plume d’un geste volontaire, et tout mon corps produit l’effort à creuser les sillons pour l’encre, dans le champ vierge de la page où est déjà déposé l’humus joyeux de la vie. Et, après cet effort qui me fait naître encore, je n’ai plus peur. La joie de vivre a fait de moi son amant. Le vent se lève et le chant des muses commence et durera tout le temps de ma présence avec elles.

Et, du silence absolu de la mort - la mort dont se nourrit ce qui vit, paraît un génie qui dort. Le créateur mue en un génie ancien. Un génie qui rêve à son retour sur la terre. Un génie soudain debout, juste au-dessus des morts, des morts qui sont l’humus qui dort, des morts qui aident à la fabrique de la nourriture des rêves futurs.

Alors, d’une ruade suivie d’un cri qui dit « Allez ! », j’enfonce le soc de ma plume dans la chair de mon journal. Ce journal en forme de poème que je me dois de distribuer de mon vivant, dès sa récolte ramassée, car le monde a faim d’amour.

C’est l’amour que l’on cultive quand on donne aux autres ce que l’on se doit de donner.

Et quelque-chose en moi sait que si je ne parle pas quand il est temps cela fera du tort. Et si je ne travaillais pas, je souffrirais jusqu’à n’être plus qu’une douleur, celle qui mène par ses chaines les victimes du sort au bourreau inhumain.

Le Journaliste : Tout cela est bien beau, mais, il faut manger et boire, se loger et se vêtir !

Pierre Montmory : Ce n’est pas au public de m’entretenir. Et, s’il se peut que les braves gens m’offrent quel qu’argent ou récompense, n’y voyez pas là un dû ou un salaire mais des dons en échange des miens et ces dons ne sont pas pour payer mes factures personnelles. Ces dons existent d’abord pour faire vivre l’art, (comme au temps de la religion les croyants font un don pour que vive leur foi – et non pour engraisser l’officiant) et ici, comme mes poèmes et mon théâtre ont reçu généreuses mannes, j’ai pu multiplier mes offres gratuites en payant les outils nécessaires à leurs réalisations, mais, jamais, cela ne fut et ne sera pour entretenir les frais qu’un humain en bonne santé peut régler en exerçant n’importe-quel métier rémunéré.

Le Journaliste : Mais, à quoi servent les ministères de la culture ?

Pierre Montmory : Ils ne devraient servir qu’à entretenir en état de marche les outils mis à la disposition du public qui veut y donner ses trouvailles et recevoir celles des autres. Le ministre et ses fonctionnaires n’ont pas à donner leur avis ni à décider à la place du public. C’est le public le seul juge des œuvres d’art et des artistes.

Le peuple n’a pas à être gouverné. On gouverne les choses mais pas les gens.

Et l’on jugera de la grandeur d’une civilisation à l’aune de la curiosité et du don.

Plus la curiosité reste intacte et plus les gens sont tolérants. Et, plus il y aura de don, plus nous avons de paix éternelle.

La tolérance mène à la grande civilisation.

Le Journaliste : C’est de l’utopie !

Pierre Montmory : L’utopie est une chose qui existe mais qui n’est pas encore arrivée. Pour faire la paix, il faut préparer la paix.

Mais la guerre elle, est toujours de la terreur. La guerre c’est la fin de tout. Il n’y a pas de bonne guerre. Toutes les guerres sont inutiles. Tant que la peur de la guerre domine, cela empêche la paix et créé ignorance et misère.

Le Journaliste : Vous faites de la politique !

Pierre Montmory : Oui, bien sûr, mais je ne fais que mon devoir de citoyen et je veux rappeler spécialement aux artistes leur responsabilité. Monter sur scène, peindre un tableau, composer de la musique, nécessite que dès les premières syllabes, dès les premières touches, dès le premier silence, que les gens doivent être charmés, mais le mal repoussé, mais les gens guérir et l’intelligence appelée !

Le Journaliste : Vous pensez que tout le monde est intelligent?

Pierre Montmory : Oui, bien-sûr ! Tous les animaux le sont! On est peut-être con quand on ne sait pas si un intellectuel ou un prétendant artiste est intelligent mais, ce qui est sûr, c’est que nous avons une culture commune à tous les humains : nous avons tous déjà vu pleuvoir, nous connaissons le mal de dent et le mal d’amour, nous rêvons, nous nous inquiétons pour nos enfants, pour nos vieux… nous avons de l’expérience !

Notre condition biologique, le fait que nous ne pouvons sortir de notre existence autrement que par notre imaginaire, nécessitent, absolument, que tous nos organes des sens soient en bonne santé pour exprimer le chant de notre espérance, sans quoi, vivre devient insupportable et que le malheur submergeant l’amour et la beauté, le trop grand, l’immense douleur des malheureux engendre la terreur.

La terreur dont s’emparent les plus faibles des humains pour violenter l’Humanité. Et les hommes politiques d’aujourd’hui, par faiblesse pour le pouvoir et cupidité pour posséder, attise le feu de toutes les terreurs. Les hommes politiques ne sont plus que des domestiques au service des saigneurs de la vie.

Les hommes politiques exercent l’art de la guerre en inventant de nouvelles maladies afin d’imposer leurs remèdes.

Et beaucoup d’artistes ne sont là que pour divertir la clientèle en cachant l’horreur derrière un décor abstrait de toute signification.

Beaucoup artistes ne sont que les animateurs du grand magasin du monde et les motifs qu’ils répètent dans leurs œuvres sont toujours les mêmes :

« À bas l’intelligence »; « Mort à la critique ».

Nous vivons une ère totalitaire avec la mort partout comme une terreur suprême. En attendant, les domestiques des États et les travailleurs appliquent l’idéologie unique du consumérisme. « Pourvu qu’on mange et pourvu qu’on puisse acheter notre rédemption ! »

Beaucoup d’artistes aiment la mort, les terroristes aussi.

Paris, le 13 Novembre 2015

RENAISSANCE

Il existe une nouvelle philosophie, une nouvelle Renaissance qui est inconnue des philosophes contemporains.

Les philosophes actuels sont pris dans la dualité de l'être et de l'avoir qui consiste à adopter un comportement entre le bien et le mal.

Mais le bien et le mal sont des notions archaïques produites par des intellects devenus paresseux à cause du désir auquel on accorde le pouvoir d’une pulsion électrique qui commande les décisions de l’individu. Les notions de vertu et de vice - qui sont appelées aussi impulsions – déresponsabilisent. (Je fais ceci ou cela à cause de ceci ou cela)

L’individu s’imagine être quelqu’un qui est agi par une force et cet individu imagine ce que produit cette force : un avoir. Donc, pour être et avoir, entre le bien et le mal, la vertu ou le vice, l’individu emprunte une identité et achète son rachat. Il est untel qui consomme ceci ou cela.

Ainsi, le civilisé parade sur les trottoirs du commerce où il échange avec ses semblables des civilités qui servent à chacun de justifications pour le personnage qu’il joue. Et ces justifications rendent l’effort de donner inutile et interdit toute curiosité. (Garde ton bien et ton silence consentant).

Parce que c’est de cela qu’il s’agit : l’individu consacre sa vie à chercher pour prendre en même temps qu’il s’interdit toute question. L’empire de son désir est plus fort que la dualité perverse de ses pensées qui l’entrave dans sa marche forcée vers le néant.

L’individu ne sort de l’existence qu’à la condition de ne pas se sentir vivre. Ce qu’il sent l’effraye et ce qu’il vit, il l’ignore. La peur fait tourner la ronde de ce philosophe de magasin. (Où l’on a choisi pour lui, client)

Vivre lui fait peur. Il tue la vie en consommant et puis il revendique son identité de fou Au nom de la liberté de choix. Au nom du droit à l’auto-détermination. Au nom de la mort imminente de l’être, de la ruine possible de l’avoir, il invoque comme raison la concurrence. (Citoyen du Mondistan!)

La compétition est le purgatoire de la vertu comme vice, du vice comme vertu, du bien comme mal, du mal comme bien. La philosophie est une manière de marchander son destin. Quand l’animal humain se décidera à vivre, il sentira ce qu’il est toujours et aura ce qu’il a déjà.

Je parle par énigme parce que je suis une énigme pour cette civilisation et même un phénomène pour la race humaine.

MON CHER COUSIN DE KABYLIE,

Suite à ta question : quelle langue me conseilles-tu de parler, voici ma réponse :

Tu parleras arabe pour résister à tes envahisseurs séculaires et colonisateurs perpétuels arabes;

Tu parleras l’anglais pour faire des affaires à travers le monde;

Tu parlers le français pour parler de la liberté et de l’amour qui ont enfanté l’Humanité;

Tu parleras kabyle pour dire tout ce qu’il y a chez toi dans ton intimité la plus secrète;

Tu parleras amazigh parce que tu es né libre sur toute la Terre;

Tu parleras la langue de tes parents qui dans leurs bras ont façonné ton être;

Tu parleras de ta Kabylie pour que, de chaque bout du monde, les inconnus restent étonnés de ton amour;

Tu parleras kabyle à ta manière et tes familiers reconnaîtront ton style unique, Ô mon cousin !

Tu parleras la langue qui chante dans ton cœur quand tu feras ta cour aux femmes que tu nommeras;

Tu parleras la langue des muses que t’inspirera ton génie;

Tu parleras à toi-même et tu te comprendras;

Et tant pis pour ceux qui ne t’écouteront pas.

Ceux qui ne t’écoutent pas ne méritent pas tes paroles.

Et, pendant le long temps de l’ennui tu étudieras les poètes, qui dans des milliers de langues, interprètent toute ta vie de poésie, à toi, Ô mon cousin, vivant poète.

Xalapa, Mexique 24 Décembre 2015

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