23 Février 2026
MA MUSE
Poétesse invétérée
Messagère véloce d’un hier en elle gravé
Elle est toujours là à me susurrer
L'effluent d’une source qui défie l’Oubli
Écho tenace d’un antique défi
Continuel soubresaut d’une essence atavique
De sa souche toujours humide
Pulsent des surgeons nostalgiques
Ma muse est drapée de neige d’ocre
et d’un indigo pélagique
Précocement entraînée
Aux joutes poétiques des agoras numides
Entre le Tassili et le Djurdjura
Si Mohand Amrouche et Atakara
Augustes bardes au verbe suave et fluide
Elle hante nos collines racées et chante notre vérité
Mère de tant de rebelles et de guerriers
Se passant le flambeau où bout notre sang
Sous les tatouages de nos amazones d' antan
Parées de tifinagh et de breloques d’argent
Ma muse chemine sans répit
Le long de notre immémoriale généalogie
Ivre de liberté d’espace et de poésie
Une abeille prolifique
Dans chaque alvéole silencieuse
De mon cerveau lunatique
Telle est ma muse en somme
Est-elle ma jumelle cette capricieuse
Que non elle est mon vade-mecum
Boualem Rabia savant poète de Kabylie