2 Mars 2026
ÉCRIVAILLEURS
ÉCRIVENT AILLEURS
Ils s'ennuient devant leur écran et ont oublié la vraie vie dehors où, quand ils y sortent, ils ne parlent ni ne regardent plus les autres et semblent nier tout ce qui vit.
Ils tapotent sur leur clavier et jouent, impuissants, mais ils n'obtiennent jamais satisfaction et ça les rend méchants, envieux, ambitieux, plein de l’inutile désir. Ils croient qu'il suffit de tapoter pour être un écrivain.
Et pour les talents naturels il leur faut tout le courage, une saine et authentique rage au cœur pour ne point rentrer en soi amertume et envie vengeresse qui mènerait à brader leur talent - pour une reconnaissance facile et une lâche médaille des patrons. Il faut aux talentueux travailler, travailler seul, plus seul que seul : solitaire ! Mais solidaire dans l’infinitude d’une solitude nécessaire pour écrire, pour écrire pour tous, pour écrire contre tous - mais toujours écrire pour tous.
Et pour ne point compter sur les fabricants, apprendre à faire soi-même un livre, et puis confier la maquette à un imprimeur - de talent !
Nous n’avons plus d’éditeurs de talent, soyons nous-mêmes éditeurs !
Alors le naturel reviendra sur la place publique et nous offrirons en don gratuit nos trouvailles de façon orale ou par l’imprimé ou bien la danse, la pantomime, en musique ! Et, par le trottoir, nous distribuerons la joie de vivre, d’aimer et d’être aimé.
Pour saluer la beauté.
Et l’amour, la plus grande force !
Le vrai art de vivre de l’écrivain de talent sera de se donner à connaître, d’aimer en offrant ses propres productions sans espoir de retour - puisqu’il nous faut toujours et de toute façon - quitter ce monde en y abandonnant le meilleur de nous dans les cœurs de nos amis, distribuer notre héritage naturel mais cultivé, ce sera notre propre œuvre accomplie, mais, ô jamais, achevée !
Travailler pour vivre et vivre pour donner.
Pierre marcel Montmory
- maître trouveur -