10 Avril 2026
LE CIEL EST OUVERT
Vivre nu est naturel et plait aux poètes.
Vivre caché est l'artifice des croyants.
Les poètes créent des mondes nouveaux.
Les croyants gardent les tombeaux.
Faut de tout pour faire le monde.
Faut des fous pour faire l'immonde.
Tu veux choisir quand tu subis.
Tu subis par choix.
Moi, je ne choisis rien.
J'ai la vie.
C'est assez posséder.
Quand on est humain.
Pas besoin d'être quelqu'un.
Pas besoin de jouer au malin.
La ruse des muses
Et le génie des chiens
Sont pain quotidien
+
Le ciel est tout vert
Quand bleue est la mer
Et jaune le sable
Et mes pas confondus
Le ciel est ouvert
Toute l’année
Sans congés
Le jour travaille
Le ciel est tout vers
Quand le poète écrit
Qu’il est l’écume
Sur la tête des vagues
Le ciel est tout vers
Moi à l’endroit
Où je suis saoul
De la mer veilleuse
Le ciel n’est rien
Sans marin
Ni bateau
Ni rêves
+
LE CIEL EST OUVERT (2)
Après avoir vécu sur la Terre comme si c'était le seul paradis possible de ton vivant.
Tu cherches une autre place derrière le vent et ton regard glisse sur l’horizon.
Alors seulement avec toi tu avances un pied devant l’autre prends soin de toi.
+
LE CIEL DU MATIN
Il y a encore des oiseaux
Il reste la Lune
Et toi
Les artistes sont partis
Je suis le dernier
Pas encore déformé
Par les croyances
Les préjugés
Les jugements
Et les châtiments !
Le ciel du matin
Un enfant le cœur aux lèvres
La tête curieuse
La main généreuse
Un enfant doué pour vivre
Le ciel du matin
Et le ciel du soir
Le dernier rayon du Soleil
Avant la Nuit
La dernière parole de Veille
Avant le Jour
Le dernier geste du Souffle
Au Feu
La première caresse de l’eau
À l’amour
Les poèmes sont tous
Des poèmes d’amour
Y a-t-il un poète vivant ?
Y aura plus de soleil
+
SUR LA RUE
Les étoiles rapprochées
Saignent et éblouissent
Dans le fond des jungles originales
Les étoiles s'éloignent les unes des autres
La nuit douce caresse les pupilles
La bouche embrasse les étoiles
Dans les bras de l’Univers
Les solitaires brillent pour un sourire
Le rêveur berce l’Éternité
L’ombre de sa main sur les yeux
Lumière douce des cieux
Éclaire les chimères
La force dans les mains
Pour pétrir le pain
Le croissant de la Lune
La crème du Soleil
Étoiles pareilles
Le feu veille
La nuit solidaire
De l’absent sans sommeil
Un fugitif en guerre
Contre la misère
Collé à tes pas
Le drap de ta peau
Qui est là
Pour dire ton nom
Les étoiles se rapprochent
À l’instant
Premier multiple
Solitude inventive
Ombre lumineuse
Sur la rue
+
ÉCRIS UN NOM
Des cendres et de la terre
Et l’eau le feu tout le vent
Descendre sous la terre ou
Fouler les planches du monde
Capitaine de ma guiterne
Marin navire en berne
Avec des noces de cendres
Dans Venise surpeuplée
Amoureux de cœur et d’épée
Embrasse Cassiopée
À l’encre de cendres
Écris un nom
+
VOYAGEUR UNIVERSEL
Et je renais, étonné et curieux des dons prodigués par la providence; amoureux de la vie, joyeux sans possession : moi-même !
Ô, paradis ! Source terrienne ! L’enfer sur tes rives!
Ô, paradis ! Berceau de la vie !
Les bras des muses bercent mon génie comme un enfant !
Le ciel est ouvert ! Je peux mourir pour renaître comme je le veux !
Je suis libre d’aller !
Découvre ma route, elle a le visage de la mer !
Les poissons dans l’eau ne sont pas résignés.
Marche sur le pont des navires !
Tu entendras des promesses de jeux aux règles infinies.
Tu seras enfant de tes enfants !
Ils sont tous ici à téter à la mamelle des muses.
Si la mer a du génie c’est que l’éternité lui a donné le temps pour y penser !
Regarde ! Tu es bien chaussé pour la grande marche, paré pour la farandole aux angelots et costumé pour un défilé de bonhommes !
Quel plaisir de mourir quand on peut renaître à l’infini ! Laisser un souvenir pieux dans le cœur des amis qui t’ont nommé : capitaine !
Te voici rembarqué pour une autre fredaine, endimanché au bras des éternités en fleurs.
Que du bonheur, quand le malheur te frôle - car si l’enfer est court, le purgatoire est long !
Il y a une saison pour éclore, une autre pour mûrir, une autre pour récolter tes fruits, et passer l’hiver au bord du feu des étoiles.
Avec ta moitié aimante, amant, voyage !
+
Pierre Marcel Montmory trouveur