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Le blog de Pierre Montmory

MA FINITUDE C’EST MON HABITUDE DE L’INFINI

MA FINITUDE C’EST MON HABITUDE DE L’INFINI

MA FINITUDE C’EST MON HABITUDE DE L’INFINI

Je cherche dans les yeux des passants une invite à partager quelques paroles qui ranimeront en moi le désir de jouir encore, en partageant les corps.

Les passants n’ont pas l’air de me voir et passent près de moi comme si je n’étais pas là. Mon apparence les indiffère ou bien alors ils sont fameux hypocrites et attendront la nuit pour être seuls avec les ombres.

Je flâne d’un bord à l’autre. Je croise quelques fois des hommes. Ils ont le sourire malin et me regardent en coin. Comme s’ils avaient peur que la lumière du jour ne dévoile leur vraie pensée.

     Et le soir je me frotte à eux jusqu’à ce que l’un d’eux m’aborde. Comme une frégate un jour de beau temps je hisse haut mes voiles. Mes formes sont généreuses sous ma robe légère.

Et ce qui me trahit c’est ma gourmandise. Je n’attends pas d’être désirée, je suis tout désir. J’ai faim pour un homme bien sexué. Jeune ou vieux ils peuvent me combler autant.

Pourvu qu’ils me connaissent le temps de tirer un bon coup. Et ma gourmandise est satisfaite. Je ne cherche pas la quantité mais la qualité de la relation sexuelle.

C’est pourquoi je rôde ce soir en ville, en quête de l’homme. J’ai besoin de la puissance de son rut. Pour me sentir une vraie femelle.

Il me faut le vrai mâle, celui qui sait assouvir mon instinct. Celui qui me remplit d’aise et de foutre. Celui qui m’offre le liquide sacré à pleines gorgées.

Je ne cherche pas, je trouve. Parce que je suis là au bon moment, au bon endroit. Je suis présence éternelle sur le chemin des jouisseurs.

On attend souvent le moment d’un départ ; l’instant d’un commencement. Et pour moi-même je dirai que je veux renaître chaque jour et me réaliser.

On veut toujours ce que l’on ne possède pas au lieu de vouloir simplement ce que l’on a déjà. Pour moi, mon corps et mes sens me suffisent.

Et pour passer le long temps de l’ennui je m’occupe d’être là où passent les demandeurs. Mon offrande est un asile chaleureux et instantané.

Des solitaires et des vagabonds. Je ne me souviens plus de leurs noms à tous puisque je les oublie aussitôt. À l’appel du large, je repars dans mes chasses éternelles.

Sabrina BARBÈS

 

COMMENTAIRES :

Zorba Alexis :

Ici le texte célèbre le désir comme un absolu. Pourtant, l'infini ne se trouve peut-être pas dans la répétition du plaisir, mais dans ce qui élève l'être humain : l'amour, la pensée, le partage et la création. Le corps est essentiel, mais lorsqu'il devient l'unique raison d'être, la liberté peut se transformer en enfermement. L'homme est plus grand que ses instincts ; c'est en les dépassant qu'il touche véritablement à l'infini.

 

Pierre Marcel Montmory :

Inanité du désir. Si tu jouis de vivre tu ne désires rien, la recherche du pouvoir est inutile.

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